Home / Romance / Sous sa peau d'ange / LE BAISER DANS LES VIGNES

Share

LE BAISER DANS LES VIGNES

last update publish date: 2026-10-19 00:23:01

CHAPITRE 66 : LE BAISER DANS LES VIGNES

Elara

Le baiser dure une éternité, ou peut-être quelques secondes seulement. Le temps n'a plus d'importance quand je suis dans les bras de Soren. Ses lèvres sont douces, chaudes, et elles goûtent le sel des larmes que j'ai versées pendant la cérémonie. Je me blottis contre lui, ma tête nichée au creux de son cou, et je respire son odeur familière. Ce mélange de bois de santal et de cuir qui m'a hantée pendant des mois et qui est devenu mon refuge, mon san
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • Sous sa peau d'ange    LA DEMANDE EN MARIAGE

    CHAPITRE 70 : LA DEMANDE EN MARIAGESorenLe soleil décline sur les collines de Clairvaux, embrasant le ciel de pourpre et d'or. C'est l'heure que j'ai choisie. L'heure où la lumière est la plus belle, où les ombres s'allongent, où le monde semble retenir son souffle. Je me tiens au sommet de la falaise qui surplombe le domaine, cette falaise d'où l'on voit toute la vallée, les vignes qui descendent en terrasses jusqu'à la rivière, la forêt qui entoure le grand chêne, la chapelle où nous avons célébré les funérailles de Nathaniel. C'est ici qu'Elara vient souvent se recueillir, quand elle a besoin de réfléchir, de se ressourcer, de sentir la présence de son père. C'est ici que j'ai décidé de faire ce que j'aurais dû faire depuis longtemps. Dans ma poche, l'écrin est lourd. Il contient une bague, un diamant serti sur un anneau d'or blanc, simple et pur comme la femme à qui il est destiné. Je l'ai achetée il y a des semaines, chez un joaillier de Port-Lune, un vieil artisan qui avait co

  • Sous sa peau d'ange    LES LARMES DE LA MÈRE

    CHAPITRE 69 : LES LARMES DE LA MÈREElaraLa nuit est avancée quand je repose enfin le journal de ma mère sur la table de chevet. Mes yeux sont rougis, mes joues brûlantes, ma gorge nouée par toutes les larmes que j'ai versées et que je n'ai pas fini de verser. Ce petit livre à la couverture de cuir usée a libéré quelque chose en moi, quelque chose que j'avais enfermé depuis des années au plus profond de mon être. La petite fille qui pleurait sa mère, l'adolescente qui se sentait abandonnée, la jeune femme qui ne comprenait pas pourquoi la vie était si cruelle. Toutes ces versions de moi-même ont trouvé ce soir une forme d'apaisement. Ma mère ne m'a pas abandonnée. Elle s'est battue jusqu'à son dernier souffle pour rester avec moi, pour me protéger, pour m'aimer. Et même après sa mort, elle a continué de veiller sur moi à travers ces pages écrites dans la fièvre et l'urgence.Je me lève du fauteuil, les jambes engourdies, et je vais à la fenêtre. Le jour commence à poindre à l'horizon

  • Sous sa peau d'ange    LE JOURNAL INTIME

    CHAPITRE 68 : LE JOURNAL INTIMEElaraLa nuit est tombée sur Clairvaux, une nuit de printemps douce et étoilée. Soren dort dans notre chambre, épuisé par une longue journée de travail dans les vignes. Moi, je n'arrive pas à trouver le sommeil. Trop de pensées tourbillonnent dans ma tête. Le procès de Victoria, le mariage à organiser, le domaine à reconstruire. Et puis cette malle que j'ai trouvée dans le grenier, il y a quelques jours, et que je n'ai pas fini d'explorer. Je me lève sans bruit, enfile une robe de chambre, et me dirige vers le petit salon que j'ai transformé en bureau. La malle est là, posée au pied de la bibliothèque, son couvercle ouvert comme une invitation. Je m'agenouille devant elle et je replonge mes mains dans les souvenirs de ma mère. Des robes démodées, des bijoux fantaisie, des albums de photos. Et tout au fond, sous une pile de lettres attachées par un ruban de soie, un petit livre à la couverture de cuir usée. Un journal intime.Je l'ai déjà feuilleté rapid

  • Sous sa peau d'ange    LA RECONSTRUCTION

    CHAPITRE 67 : LA RECONSTRUCTIONElaraLe printemps est arrivé à Clairvaux. Les collines se couvrent de vert tendre, les bourgeons éclatent sur les ceps de vigne, et l'air est chargé de ce parfum doux et entêtant qui annonce la renaissance de la terre. Cela fait trois mois que Victoria a été arrêtée sur le toit du Ritz. Trois mois que j'ai emménagé officiellement dans le manoir de mon père, laissant derrière moi l'appartement de la rue de Varenne et la forteresse de Blackwood. Ce manoir, Victoria l'avait fermé après la mort de Nathaniel, le laissant à l'abandon comme un tombeau. Les volets étaient clos, les meubles recouverts de draps, les cheminées éteintes. Elle ne pouvait pas le vendre, à cause des clauses du testament, mais elle refusait de l'habiter. Trop de souvenirs, disait-elle. Trop de fantômes. Moi, ces fantômes ne me font pas peur. Ils sont ma famille.Les premières semaines ont été consacrées au grand nettoyage. J'ai engagé des artisans du village voisin, des hommes et des

  • Sous sa peau d'ange    LE BAISER DANS LES VIGNES

    CHAPITRE 66 : LE BAISER DANS LES VIGNESElaraLe baiser dure une éternité, ou peut-être quelques secondes seulement. Le temps n'a plus d'importance quand je suis dans les bras de Soren. Ses lèvres sont douces, chaudes, et elles goûtent le sel des larmes que j'ai versées pendant la cérémonie. Je me blottis contre lui, ma tête nichée au creux de son cou, et je respire son odeur familière. Ce mélange de bois de santal et de cuir qui m'a hantée pendant des mois et qui est devenu mon refuge, mon sanctuaire, ma maison. Le vent fait bruisser les ceps de vigne autour de nous, et le soleil déclinant projette des ombres dorées sur les collines de Clairvaux. Tout est calme, paisible, comme si la nature elle-même célébrait la fin de cette guerre. Soren caresse doucement mes cheveux, et je sens sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration. Lui non plus n'a pas dû beaucoup dormir ces derniers jours, et pourtant il est là, debout, infatigable, mon roc, mon pilier.— À quoi penses-tu ? demande

  • Sous sa peau d'ange    LES FUNÉRAILLES DU PÈRE

    CHAPITRE 65 : LES FUNÉRAILLES DU PÈREElaraLa chapelle de Clairvaux est trop petite pour contenir tous ceux qui sont venus. Les bancs de bois ciré sont bondés, et des gens se tiennent debout jusque dans l'allée centrale, malgré le froid qui mord les pierres anciennes. Le curé, un vieil homme à la voix chevrotante, célèbre l'office avec une lenteur solennelle, comme s'il mesurait l'importance de ce moment. Après vingt ans d'attente, Nathaniel Vance a enfin droit à des funérailles dignes de ce nom. Le cercueil est posé devant l'autel, recouvert d'un drap blanc brodé aux armes de la famille. Il est vide, bien sûr. Le corps de mon père repose toujours dans la forêt, sous le grand chêne, et il faudra encore des semaines pour l'exhumer et le transférer dans le caveau familial. Mais ce cercueil vide est un symbole, et les symboles ont leur importance. Il signifie que Nathaniel Vance n'est plus un fantôme sans sépulture. Il signifie que sa mémoire est réhabilitée, que son honneur est lavé, q

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status