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Chapitre 3

Penulis: BettyBoom
last update Tanggal publikasi: 2026-01-09 21:29:23

Chapitre 3 — Des regards et des silences

Le lendemain matin, Addyson quitta la maison plus tôt. Elle avait besoin de calme. De solitude. Pas pour fuir — elle ne fuyait jamais — mais pour s’ancrer, retrouver son centre.

Dans les couloirs encore presque vides, ses pas résonnaient doucement. Son sac en bandoulière glissait contre sa hanche à chaque mouvement. Elle portait un jean brut taille haute, large mais près des hanches, et un t-shirt noir simple, qui s’arrêtait à la taille. Bien que ce t-shirt fût trop grand pour elle, il dévoilait juste ce qu’il fallait sans rien offrir. Par-dessus, une veste oversize couleur kaki, qu’elle tirait instinctivement vers l’avant, comme pour dissimuler ce que la coupe moulante de son jean révélait sans son accord.

Même si quelques regards se retournèrent sur son passage, elle les ignora avec une élégance étudiée. Comme si elle ne les avait jamais vus.

Arrivée devant la salle d’anglais, elle poussa doucement la porte.

Carmen était déjà là, debout, à côté d’une table, un petit flacon de vernis nude dans la main. Elle le faisait rouler entre ses paumes comme un geste nerveux camouflé en désinvolture. Andy, assis en face, releva aussitôt la tête.

— Salut, dit Addyson d’un ton calme, en déposant son sac près d’une table vide.

— Hey, répondit Andy avec un petit sourire sincère.

Carmen esquissa un sourire poli.

— Salut Addyson.

Elle inclina légèrement la tête, puis, en agitant le flacon de vernis, laissa tomber d’un ton léger, sans même la regarder :

— Y’a des filles qui pensent qu’elles devraient jamais se maquiller. Même pas un mascara. Histoire de paraître “vraies”… comme si c’était un truc à valoriser.

Elle n’avait pas levé les yeux, mais Addyson sentit la morsure derrière la légèreté de la phrase.

Andy redressa la tête, fronça légèrement les sourcils, puis se tourna vers Addyson et dit sans s’en détourner :

— Perso, je trouve qu’y en a une qui n’a nullement besoin d’artifice pour être super belle et attrayante. Si elle en rajoute, tous les hommes voudraient décrocher la lune pour elle !

Il ponctua sa phrase d’un sourire franc, cette fois directement adressé à Addyson.

Elle soutint son regard un instant. Simple. Vrai. Sans gêne. Pas besoin de sourire en retour. Elle préféra garder en réserve une réplique bien cinglante pour Carmen, la prochaine fois. Elle n’était pas venue ici pour se faire des ennemis. Mais elle ne tendait pas l’autre joue. Pas deux fois.

« Qu’est-ce qu’elle a, celle-là ? se demanda-t-elle intérieurement. On dirait qu’elle est jalouse. Mais de quoi exactement ? »

Carmen, elle, ne répondit rien. Juste une expiration silencieuse, les lèvres pincées. Elle n’appréciait visiblement pas ce que venait de dire Andy, encore moins le petit jeu de regards qui venait de s’installer sans prévenir. Elle alla s’asseoir, les mouvements trop contrôlés pour être détendus.

— Tant mieux pour elles, alors, répondit-elle d’un ton aérien, en allant s’asseoir comme si de rien n’était.

Addyson choisit la table près de la fenêtre. Elle sortit son carnet. Pour écrire , s’évader. Un monde parallèle. Son imagination prenait le dessus , là où personne ne jugeait, n’épiait, ne commentait. Là où elle n’avait pas besoin d’avoir de joutes verbales.

La cloche sonna.

Mr Smith entra d’un pas rapide, quelques feuilles froissées dans les bras, ses lunettes remontées de travers.

— Bonjour à tous. Avant qu’on plonge dans les textes, je me présente : Mr Smith, anglais niveau terminale. Vous verrez, j’aime les tragédies… pas seulement dans les livres.

Quelques rires étouffés flottèrent dans la pièce.

Puis, quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau.

Il entra.

Shawn.

Toujours en retard. Toujours calme. Comme si le monde attendait qu’il daigne prendre sa place.

Avec son assurance nonchalante, son sac à l’épaule, et ce sweat gris qui retombait à moitié sur une épaule, découvrant un t-shirt noir ajusté qui mettait en valeur des bras toniques et une silhouette que même le silence semblait regarder passer.

Son jean noir, parfaitement coupé, mettait en valeur ses longues jambes et la manière presque animale dont il bougeait. L’air lui appartenait sans qu’il l’ait demandé.

Mr Smith leva à peine les yeux au-dessus de ses lunettes.

— Monsieur Hill. Je pense qu’il est temps qu’on envisage une motion collective des profs pour officialiser votre exclusion permanente.

— J’aime être attendu, monsieur, répondit Shawn, sans une once de gêne.

— Vous avez quinze secondes pour être assis. Après, je vous fais déclamer Orgueil et Préjugés en tutu rose.

Un éclat de rire parcourut la classe.

Shawn opina lentement, amusé. Il traversa la salle, passa près d’Andy, frôla Carmen… et s’arrêta.

Juste derrière Addyson.

Addyson sentit son souffle avant même d’entendre le bruit de la chaise. Il s’installa. Juste derrière elle. Trop proche. Beaucoup trop proche.

Elle se redressa légèrement, tendue. L’air devint lourd. Chargé.

Elle haïssait cette sensation : être cernée, observée, sondée. Il n’avait même pas besoin de la toucher pour qu’elle se sente oppressée.

Pas question. Elle s’était déjà brûlée. Elle connaissait la mécanique.

Le lycée, c’est une arène. Et les nouveaux, comme elle, sont des proies qu’on classe, qu’on juge, qu’on catalogue.

Elle refusait de reproduire le même schéma. Hors de question que l’histoire recommence.

Elle ferma les yeux une demi-seconde.

Elle ne voulait pas revivre ça. Pas encore devenir une cible, un fantasme, une rumeur. Pas de nouveau cercle vicieux. Pas de fascination mal placée. Pas de de faux semblant.

Et pourtant.

Sa voix la frappa comme un courant :

— Addyson ?

Elle se figea.

Il connaissait son nom.

Quoi ? Il… elle ne lui avait jamais parlé. Elle n’avait même jamais croisé son regard assez longtemps. Du moins, c’est ce qu’elle croyait.

« Il me connaît. Mauvais signe. »

Elle le savait : c’était le moment ou jamais de tracer une ligne claire. Froide. Infranchissable.

Qu’il sache à quoi s’attendre. Qu’il aille flirter ailleurs.

« Je ne cherche surtout pas à m’attirer les foudres de son amie, ou de sa petite amie… pire, de toutes ses conquêtes ! pensa-t-elle. »

Elle se retourna lentement, posa son coude sur le dossier de sa chaise.

— Oui ?

Shawn la fixait. Demi-sourire aux lèvres. Regard intense. Presque joueur.

« Elle est affreusement belle, pensa-t-il. Mais pas comme les autres. Elle n’est pas juste belle, elle est magnifique. Elle brûle. Elle est solaire. »

Et Addyson le trouva véritablement… sauvagement… indéniablement beau.

— J’me demandais juste… si l’orage allait gronder aujourd’hui.

— Il gronde quand on le cherche, répondit-elle sans ciller.

— Parfait. Je suis un habitué des tempêtes.

C’était sorti comme une évidence. Pas comme une phrase préparée. Comme un instinct.

Et dans son regard, un éclat qu’il n’avait jamais ressenti pour qui que ce soit. Un malaise doux-amer. Comme s’il ne comprenait pas pourquoi il lui parlait. Comme s’il n’avait jamais eu l’intention de le faire… et ne pouvait plus s’en empêcher.

Il avait dit ça comme on respire. Sans même s’en rendre compte. Comme si flirter n’était pas un choix, mais un automatisme. Un tic.

Mais dans ses yeux, il y avait autre chose. Un éclat. Une faille. Il essayait de cacher un trouble. Et il le faisait bien.

Elle, elle n’aimait pas ça.

Par contre, pas du tout.

— Vous deux, coupa Mr Smith, vous voulez que je vous mette côte à côte ? Parce que si vous tenez à faire du théâtre, je vous file un duo tragique en fin de semaine.

Addyson se retourna aussitôt, le visage fermé.

Shawn, lui, n’avait pas bougé.

Mais elle sentait son regard. Son sourire silencieux.

Il ne faisait pas exprès.

C’était pire que ça.

Il ne savait pas comment ne pas le faire.

Carmen baissa les yeux, le flacon de vernis de retour entre ses doigts. Mais son regard, lui, glissa vers Addyson. Bien qu’elle fît mine de s’intéresser à autre chose, les doigts pressés sur le flacon de vernis qu’elle rangeait dans sa trousse.

Elle sourit malicieusement.

« Shawn a jeté son dévolu sur Addy ? … Eh bien, je pourrais bien l’aider à la mettre dans son lit comme toutes les autres si cela permet de l’éloigner d’Andy » pensa Carmen sournoisement.

Andy, silencieux, observait la scène. Quelque chose le troublait, il n’aurait su dire quoi.

Mais Addyson haussa simplement les épaules. Pas de signe. Pas d’émotion. Une carapace.

Mr Smith reprit, sa voix grave :

— Si vous pensez que les grandes histoires se trouvent dans les livres, vous êtes naïfs. Les tragédies se jouent ici, chaque jour. Et vous en êtes tous les auteurs.

Addyson serra un peu plus fort son stylo.

Elle s’était fait une promesse.

Et elle allait la tenir.

Elle ne voulait pas jouer la scène des screams cette année, il en était hors de question.

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