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Chapitre 4

Penulis: BettyBoom
last update Tanggal publikasi: 2026-01-09 21:29:51

Chapitre 4 – Un mot, un nom, et tout bascule

La sonnerie de fin de journée résonna dans les couloirs, libérant une vague d’élèves pressés de retrouver leur liberté.

Addyson, elle, restait en retrait, adossée à un casier vide. Le soleil de fin d’après-midi filtrait à travers les grandes baies vitrées, dessinant sur le sol des lignes d’or pâle.

Elle traînait les pas.

Hope était en escrime pour encore une bonne heure. Et Logan, fidèle, attendrait que sa petite amie termine pour les ramener toutes les deux.

Addyson hésita un moment à rentrer à pied, puis se ravisa.

Pas envie de croiser trop de visages curieux, ou d’être abordée par ces jeunes hommes qui l’observaient comme un gibier.

Elle prit donc la direction du gymnase. L’endroit lui paraissait plus sûr… et surtout, plus calme. Et il y avait Logan.

Elle marchait en silence, son portable entre les mains, quand une voix la héla :

— Tu comptes vraiment attendre Hope toute seule ?

Mallory lui adressa un sourire éclatant, tirant Addyson de ses pensées.

À ses côtés, Timothy levait à peine les yeux de son téléphone, mais il suivait. Toujours là.

Le genre de garçon à rire pour un rien, à sortir des blagues douteuses juste pour alléger l’atmosphère. C’était vraiment le clown du groupe. Aussi solaire et imprévisible que Logan.

— Ohlala, je suis pas une princesse perdue et en sucre quand même, répondit Addyson avec un sourire en coin, mi-moqueur, mi-complice.

— Non, toi, t’es le genre de princesse qui mettrait une droite à un dragon, rétorqua Mallory avec un clin d’œil. Mais même les guerrières ont droit à une escorte.

— Vous êtes donc mes valeureux chevaliers ? dit Addyson en haussant un sourcil, feignant l’arrogance.

— Exactement, m’dame, lança Timothy en bombant le torse de façon grotesque. Serment d’honneur et tout le tralala. Sauf qu’au lieu d’une épée, j’ai un Twix dans la poche. On fait avec les moyens du bord.

Addyson éclata de rire… un vrai rire, court, mais sincère.

Ils prirent la direction du gymnase à trois. Leur marche était ponctuée de petites piques et d’anecdotes absurdes que Timothy racontait avec son enthousiasme habituel.

Mais à un moment, sa voix changea de ton :

— Dis, Addy… tu connaissais bien Charlie Sandrow, non ? De Silver Pine ?

Le nom claqua dans l’air comme un coup de vent froid.

Addyson manqua un pas.

Son sourire se figea, imperceptiblement. Elle leva les yeux vers lui, mais ses lèvres hésitèrent.

— Hmm… oui. On était… dans le même lycée, c’est tout, dit-elle en haussant les épaules, presque désinvolte.

— Ouais, mais… pendant notre stage d’été à Springgate, pour le championnat régional de basket, il arrêtait pas de parler d’une fameuse Addyson Storm Mcgalahan…

La Barbie que tout le monde s’arrache… la reine, une impératrice, que tous les garçons rêvaient d’avoir. Vu le descriptif… je suis vachement surpris que ce soit toi. T’es très belle, je dis pas le contraire, mais… je m’attendais pas à ça. Il parlait beaucoup de toi. Enfin, avant qu’il parte.

Addyson serra un peu plus fort son portable entre ses doigts.

Jusqu’où avait-il parlé d’elle ?

Elle voulait juste tout oublier. Ne plus jamais être cette fille-là.

Elle comprenait l’incompréhension de Timothy, elle ne ressemblait plus en rien à la fille qu’il décrivait.

Aujourd’hui, elle préférait cacher ce qu’elle était, ce qu’elle avait… pour ne plus être le centre d’attention, pour ne plus répéter les mêmes erreurs.

Elle voulait fuir cette conversation. Elle le sentait dans sa nuque : ce frisson désagréable, familier, qu’elle connaissait trop bien.

Mallory, attentive, sentit le malaise. Elle coupa court à la tension :

— Hey, Tim, tu savais que dans le gymnase, y’a un distributeur qui donne des Twix gratuits si tu tapes sur la vitre ?

Timothy fronça les sourcils, interloqué.

— Hein ? Sérieux ?!

— Non, gros bêta. Mais je parie que t’étais à deux doigts d’essayer, lança Mallory avec un sourire taquin, avant de passer un bras autour des épaules d’Addyson.

— Viens, princesse guerrière. On a des épées en mousse à éviter.

Timothy pinça les lèvres. Il avait compris.

Il n’était pas idiot. Juste maladroit. Et là, il avait mis les pieds dans un nid de guêpes sans s’en rendre compte.

— Bon… oublie ce que j’ai dit, lança-t-il enfin, l’air gêné. C’était juste une question comme ça.

Addyson hocha la tête. Un peu trop vite.

Quelques secondes plus tard, ils franchissaient les portes vitrées du gymnase.

L’air y était plus frais, saturé du bruit des armes en plastique qui s’entrechoquaient et des rires étouffés.

Sur le parquet, Hope se tenait droite, masque relevé, sabre à la main, concentrée.

Gracieuse, rapide, précise. Une autre version d’elle-même. Plus ancrée. Presque impressionnante.

Addyson était éblouie.

Hope donnait l’impression d’être sortie tout droit d’un casting de “Charlie’s Angels”, avec sa posture droite et ses gestes assurés.

Dans les gradins, Logan avait les coudes sur les genoux et les yeux rivés sur elle, comme si elle était la seule chose qui existait dans cette pièce.

— C’est officiel, il est fou d’elle, souffla Mallory, attendrie.

— C’est trop mignon, ajouta Addyson, plus sincère qu’elle ne l’aurait voulu.

Mais à cet instant, quelque chose en elle vacilla.

Comme un courant froid venu du passé.

Juste un prénom. Une histoire. Et tout revient.

Hope enchaînait les mouvements avec une grâce mécanique, presque chorégraphiée.

Chaque coup porté, chaque recul, chaque esquive parlait de maîtrise et de patience.

— Elle est sérieuse, hein ? chuchota Timothy, les yeux écarquillés.

— C’est plus que ça. Elle est impressionnante, souffla Addyson, capturée malgré elle par le spectacle.

À côté d’eux, Logan tenait son portable en mode caméra.

— Elle a encore amélioré son jeu de jambes. Et regardez-moi cette attaque… personne ne la touche aujourd’hui, annonça-t-il comme un commentateur sportif amoureux.

— On t’a déjà dit que t’étais un vrai groupie ? se moqua gentiment Mallory.

— J’assume. J’la soutiens comme elle me soutient. Je veux qu’elle ait une vidéo pour revoir ses progrès.

Addyson échangea un regard avec Mallory, puis détourna vite les yeux.

Il y avait dans le ton de Logan une tendresse si brute, si entière, qu’elle piqua là où elle ne s’y attendait pas.

Quelqu’un qui te regarde comme ça…

Elle ferma brièvement les paupières. Chassa l’idée.

— C’est quoi, ce regard mélancolique ? demanda Timothy à voix basse, ses yeux la scrutant à travers une moue faussement sérieuse.

— C’est le genre de regard qu’on a quand on réalise que personne ne nous filmera jamais avec autant de passion, ironisa-t-elle en haussant les épaules.

Mallory gloussa.

— Faut croire que je vais devoir apprendre à manier une caméra.

— Moi je propose un duel d’épées à la cantine, proposa Timothy. Le vainqueur aura l’honneur d’être immortalisé par Sir Logan le Loyal.

Un rire leur échappa à tous les trois.

L’instant était doux. Léger.

Mais Addyson sentait toujours ce picotement au creux de la poitrine. Une sorte d’écho inconfortable.

Le genre qu’on ne contrôle pas. Le genre qui s’impose.

Charlie Sandrow.

Ce nom avait brisé quelque chose en elle. Pas devant eux, pas à voix haute. Mais à l’intérieur, là où les souvenirs s’accrochent malgré tout.

Elle ne voulait pas penser à ce genre de choses… c’était trop douloureux.

Et parmi eux, celui de Charlie.

Il avait été l’un des plus odieux. Horrible…

Comment quelqu’un à qui vous pensez être ami peut se comporter de la sorte ?

Vous faire autant de mal ?

Son amour-propre, sa considération des autres avaient pris un coup.

— Addy ? murmura Mallory en la rejoignant doucement. Ça va ?

Elle tourna à peine la tête.

— Oui. C’est juste… le genre de fin de journée où tu voudrais rentrer, prendre une douche, et oublier que le lycée existe.

Mallory hocha lentement la tête, sans chercher à la contredire.

Elle laissa passer un silence, puis dit :

— Timothy ne savait pas. Il n’aurait pas dû insister.

— Je sais. Il est gentil. Juste… maladroit.

Addyson esquissa un sourire léger, comme une ombre de soulagement.

— Tu veux qu’on change de sujet ? reprit Mallory.

— J’ai juste besoin d’être un peu seule, ne t’inquiète pas. Je vais juste souffler un peu et rien de plus, répondit-elle avec un clin d’œil.

— Alors dis-moi… si tu devais me donner un surnom ridicule, là, tout de suite, ce serait quoi ?

Addyson se tourna vers elle, plissa les yeux.

— Crêpe arc-en-ciel.

— Hein ?!

— Aucune idée. C’est sorti tout seul.

Et pour la première fois depuis que Charlie avait été mentionné, Addyson rit vraiment. Un vrai rire.

Mallory aussi.

Et dans les tribunes, au milieu de l’écho des sabres et des encouragements de Logan, elle sentit quelque chose s’alléger.

Pas tout à fait libéré. Mais moins lourd.

Juste assez pour envisager de vraiment considérer les personnes en face d’elle comme de potentiels amis… et ne plus avoir à se retenir.

Le temps s’était presque suspendu dans les gradins. Entre les rires, les éclats de voix, les regards jetés à Hope sur la piste, Addyson s’était enfin détendue.

Jusqu’à ce que son regard se fige brusquement.

— Non… non non non non…

— Quoi ? demanda Mallory, inquiète.

— Ma clé USB. Celle où y a tous mes projets. Mes plans d’été, les maquettes, mes heures de travail… Je l’ai laissée branchée sur l’ordi en salle info.

Mr Klaus va verrouiller à 17h30, pile. Il est parano.

Avant qu’Addyson ne franchisse la porte du gymnase, Timothy lança :

— C’est quel bâtiment ?!

— Le C ! Salle 203 ! cria-t-elle… avant qu’elle ne puisse rajouter quoi que ce soit.

— Attends Addy, fais gaffe, y’a quelqu’un qui rentre……

Trop tard.

Distraitement concentrée sur sa fermeture éclair, Addyson n’eut pas le temps de lever les yeux.

Elle heurta quelque chose.

Non. Quelqu’un.

Un torse.

Solide.

Dur.

Vivant.

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