LOGINChapitre 88
Arielle
Il a dit qu’il me laisserait partir. Je veux le croire.
Je répète ses mots dans ma tête, encore et encore, comme une litanie. Je te laisserai partir. Je t’aimerai de loin. C’était la bonne réponse. Il n’a pas menti. Je l’ai vu dans ses yeux, dans la façon dont sa voix s’est brisée, dans la façon dont il n’a pas essa
Chapitre 89DamienElle doute encore.Je le vois dans ses yeux qui m'évitent, dans ses mains qui se retirent quand je les frôle, dans son corps qui se tend imperceptiblement quand j'entre dans une pièce. Elle doute. Elle a raison. Elle a toutes les raisons du monde de douter.J'en souffre.Chaque recul est une lame qui s'enfonce dans ma poitrine. Chaque silence est un coup qui me rappelle ce que j'ai fait. Chaque fois qu'elle vérifie les serrures le soir, chaque fois qu'elle regarde la porte comme une issue possible, chaque fois qu'elle garde cette clé dans sa poche comme une arme, je sens la douleur monter, lancinante, insupportable. Je pourrais me plaindre. Je pourrais exiger. Je pourrais supplier. Je pourrais lui dire que je ne suis plus celui qui l'a enfermée, que j'ai changé, que je me bats chaque jour contre mes démons.
Chapitre 88ArielleIl a dit qu’il me laisserait partir. Je veux le croire.Je répète ses mots dans ma tête, encore et encore, comme une litanie. Je te laisserai partir. Je t’aimerai de loin. C’était la bonne réponse. Il n’a pas menti. Je l’ai vu dans ses yeux, dans la façon dont sa voix s’est brisée, dans la façon dont il n’a pas essayé de me retenir. Il n’a pas posé sa main sur mon bras. Il ne s’est pas levé. Il ne m’a pas suppliée. Il est resté assis, les mains sur les genoux, et il a dit ces mots qui l’ont déchiré. Je le sais. Je l’ai vu.Je veux le croire.Mais une partie de moi attend le piège. C’est plus fort que moi. C’est viscéral. C’est gravé dans mes os, dan
Chapitre 87DamienElle me regarde. Ses yeux bleus sont calmes. Trop calmes. Elle vient de poser la question qui me hante depuis des semaines, depuis qu'elle a retrouvé la lettre, depuis qu'elle a rencontré l'avocate, depuis qu'elle sait tout. La question qui me terrifie plus que toutes les menaces de mon père, plus que toutes les attaques d'Alaric, plus que toutes les trahisons d'Elena. La question qui pourrait me détruire.— Si je retrouve la mémoire et que je veux partir, que feras-tu ?Je sens mon cœur s'arrêter. Une seconde. Puis repartir, trop vite. Ma gorge se serre. Les mots se bousculent dans ma tête. Je pourrais mentir. Je pourrais dire que je la retiendrai, que je l'enfermerai, que je ne la laisserai jamais partir. C'est ce que l'ancien Damien aurait dit. Celui qui confondait amour et possession. Celui qui a vidé son atelier
Chapitre 86ArielleIl entre dans la bibliothèque, les mains tremblantes. Je suis assise près de la fenêtre, un livre ouvert sur les genoux que je ne lis pas. Je le vois, et je sais que quelque chose est arrivé. Son visage est pâle, ses yeux rouges. Il tient un cahier à la couverture de cuir usée, serré contre sa poitrine.— Qu’est-ce qu’il y a ? je demande.Il ne répond pas tout de suite. Il s’approche, s’assoit en face de moi, pose le cahier sur la table basse entre nous. Ses doigts tremblent encore.— Je l’ai trouvé dans ses affaires. Dans la chambre de ma mère. Un carnet. Caché sous une lame du parquet.Je regarde le cahier. Il est vieux, abîmé. Il sent la poussière et le secret.— Qu&rs
Chapitre 85DamienJe la regarde peindre. Les doigts tachés de bleu, le front plissé, les cheveux attachés en désordre. Elle ne sait pas que je suis là. Ou peut-être qu’elle sait, mais qu’elle s’en fiche. Elle est ailleurs, dans cet endroit secret où je n’ai jamais eu accès, cet endroit que j’ai essayé de détruire et qui renaît sous mes yeux.C’est ma rédemption.Pas ses larmes, pas ses cris, pas ses reproches. Pas mes excuses, pas mes promesses, pas mes thérapies. Juste ça. La voir peindre, libre, les doigts tachés de bleu, le visage concentré, le souffle régulier. La voir vivante, entière, debout. C’est ma rédemption. Et je n’ai rien fait pour la mériter. Elle me l’offre, sans le savoir, comme on offre une fle
Chapitre 84ArielleJe peins à nouveau. Les couleurs reviennent.Je ne sais pas comment c’est arrivé. Ce matin, je suis entrée dans l’atelier avec la clé dans la poche, sans intention particulière. J’ai regardé les toiles vierges, les pinceaux, les tubes alignés. Et puis ma main a bougé toute seule. J’ai pressé un peu de bleu sur la palette, j’ai trempé le pinceau, et j’ai commencé. Un trait. Puis un autre. La peinture glisse sur la toile comme si elle n’avait attendu que moi. Les couleurs reviennent, oui. Elles remontent de mes doigts, de mes souvenirs, de cette partie de moi que Damien avait cru pouvoir effacer.Je ne l’ai pas entendu entrer. Quand je me retourne, il est là. Assis dans un coin de l’atelier, sur une vieille chaise en bois. Silencieux. Il ne dit ri







