LOGINChapitre 99
Damien
Je lui ai proposé de tout arrêter. De détruire le Vortex.
Elle ne dit rien tout de suite. Elle me regarde. Ses yeux bleus sont froids. Étrangers. Le silence s’étire entre nous, épais, lourd, chargé de tout ce qui s’est brisé. Je vois ses mâchoires se serrer. Je vois sa gorge se nouer. Je vois ses doigts se crisper sur le dossier du canap&ea
Chapitre 99DamienJe lui ai proposé de tout arrêter. De détruire le Vortex.Elle ne dit rien tout de suite. Elle me regarde. Ses yeux bleus sont froids. Étrangers. Le silence s’étire entre nous, épais, lourd, chargé de tout ce qui s’est brisé. Je vois ses mâchoires se serrer. Je vois sa gorge se nouer. Je vois ses doigts se crisper sur le dossier du canapé. Elle attend. Peut-être que je me taise. Peut-être que je me justifie. Peut-être que je mente encore.Je ne fais rien de tout ça. Je reste debout, les bras le long du corps, les paumes ouvertes. Pas de défense. Pas d’armure. Pas de masque.— Ça n’effacera pas ce que tu as fait.Sa voix est plate. Sans émotion. Un constat. Une vérité. Elle ne crie pas.
Chapitre 98ArielleJe suis chez Elsa. Dans la chambre d’amis. Liam dort. Il ne sait rien. Il ne saura jamais. Pas tout. Pas comme ça.Je fixe le plafond. Les yeux ouverts. Le corps immobile. Je repense à tout. Chaque instant. Chaque mot. Chaque regard. Et je comprends.— Toute notre histoire est un algorithme.Ma propre voix me surprend. Elle résonne dans le silence. Elle est froide. Étrangère.— Notre rencontre. La galerie. Le vernissage. Le hasard. Mon regard qui croise le sien. Son sourire. Ma main qu’il serre. Le premier baiser. Les premiers mots. Les premiers silences. Tout.Je me lève. Je marche vers la fenêtre. La ville brille au loin.— Tout était prévu. Calculé. Programmé. Cornelius a tout orchestr&eacut
Chapitre 97DamienElle entre dans le bureau. Les mains tremblantes. Les yeux rouges. Un dossier sous le bras. Elle le jette sur mon bureau. Les feuilles s'éparpillent. Photos. Relevés. Codes. Mon nom. Celui de mon père. Le Vortex.— Qu'est-ce que c'est ?Ma voix est blanche. Je connais déjà la réponse.— Tu le sais très bien.Elle recule. Elle me regarde. Ses yeux bleus ne sont plus bleus. Ils sont noirs. Vides. Étrangers.Je prends une feuille. Je la lis. Puis une autre. Puis une autre. Le monde vacille. Ma gorge se serre. J'ai cru vomir. Je me retiens au bord du bureau. Mes doigts blanchissent.— Non.— Si.— Je ne savais pas. Je te jure. Je ne savais pas que mon père…
Chapitre 96ArielleLysandre a appelé ce matin. Un message bref. « Il faut qu'on se voie. Seule. C'est important. » J'ai hésité. Damien n'aime pas Lysandre. Lysandre n'aime pas Damien. Mais quelque chose dans sa voix m'a fait peur. Alors j'ai dit oui.Elsa est là aussi. Dans un petit café à l'écart de la ville. Elle a les traits tirés. Les mains tremblantes. Lysandre a apporté un ordinateur portable. Il l'ouvre sur la table. Il le tourne vers moi.— Regarde.Un écran noir. Des lignes de code. Des noms. Des dates. Des adresses. Ma vie. Toute ma vie. Mes déplacements. Mes appels. Mes messages. Mes achats. Mes amis. Mes silences. Tout. Depuis des années.— Qu'est-ce que c'est ?— Le Vortex, dit Lysandre. Un programme de surveilla
Chapitre 95DamienPlus je la laisse libre, plus elle se rapproche.Je le remarque chaque jour. Chaque heure. Chaque geste. Elle sort sans me demander la permission. Elle rentre à l’heure qu’elle veut. Elle choisit ses repas. Ses films. Ses robes. Ses amis. Elle prend la clé de l’atelier. Elle la met dans sa poche. Elle ne la tourne pas dans la serrure. Elle la garde. Juste au cas où. Et chaque fois qu’elle fait un pas loin de moi, elle en fait deux vers moi. Sans s’en rendre compte. Sans que je le lui demande. Sans que je l’exige.C’est un paradoxe qui me bouleverse.Avant, je croyais que l’amour était une laisse. Plus je tenais court, plus elle restait près de moi. Plus je contrôlais, plus elle était à moi. Plus j’enfermais, plus elle était en sécurit&eacut
Chapitre 94ArielleIl rentre plus tôt. Pour la troisième fois cette semaine. Je le vois par la fenêtre. Sa voiture se gare. Il ne reste pas dans le bureau. Il ne téléphone pas. Il sort. Il marche vers la maison. D’un pas normal. Pas pressé. Pas traînant. Juste normal.J’ouvre la porte avant qu’il ne sonne.— Tu es en avance.— J’ai décidé de finir plus tôt. L’empire ne va pas s’écrouler.— Tu es sûr ?— Sûr.Il entre. Il pose ses clés. Il retire sa veste. Il sent la pluie. Il me regarde.— Tu as faim ?— Un peu.— Je cuisine.Je le regarde. Il ne plaisante pas. Il va







