Mag-log inPoint de vue — Serena
Nous venons de terminer le projet de la nouvelle succursale. Après des semaines de calculs, de vérifications et de déplacements, tout est prêt, dans les temps, et selon les normes strictes de Monsieur Black. Je m’assois dans mon bureau, laisse échapper un long soupir de soulagement et observe les rapports finaux sur mon écran. La satisfaction m’envahit : tout fonctionne, rien n’a été laissé au hasard. Je ne l’ai pas senti arriver. Ni s’approcher. Son dos est presque collé au mien, suffisamment proche pour que je perçoive sa chaleur à travers mes vêtements. Mon souffle se suspend une fraction de seconde. — Vous semblez fière de vous, Mademoiselle Layne. Je lève la tête. Ses yeux bleus, intenses, me fixent. Aucun sourire. Aucune émotion lisible. Juste ce vide maîtrisé qui lui est propre. — Je ne devrais pas ? répliqué-je. Le silence s’étire. J’ai cru apercevoir quelque chose. Une infime variation. Une ombre de sourire. Peut-être même une fossette. Mais cela disparaît aussitôt. Ou peut-être… que mon imagination me joue des tours. Un silence s’installe. — La fierté est acceptable, répond-il enfin, à condition qu’elle repose sur des résultats solides. Sa voix est basse, calme. Trop calme pour être anodine. Je pivote légèrement, juste assez pour lui faire face. Pas un geste de trop. Pas un pas en arrière non plus. — Dans ce cas, nous sommes d’accord, Monsieur Black. Les résultats sont là. Dans les délais. Sans concessions. Son regard ne me quitte pas. Il me jauge, sans agressivité, mais sans indulgence non plus. — Vous avez tenu la pression, dit-il. Peu de personnes y parviennent. — Vous ne laissez pas beaucoup de choix, répondis-je, le ton neutre… mais l’intention claire. Un battement. Puis un autre. — C’est exact, concède-t-il. Et pourtant, vous êtes toujours là. — Parce que j’aime les défis, dis-je simplement. Et parce que je ne recule pas. Quelque chose passe dans son regard. Pas une émotion. Plutôt… quelque chose de sauvage. — La soirée de ce soir est méritée, ajoute-t-il. Silas a tenu à ce que tout le monde soit présent. — Je suppose que ce sera… instructif, dis-je, avec un léger sourire que je ne cherche pas à masquer. — Peut-être, répond-il. Vous êtes ma cavalière. Soyez prête pour dix-neuf heures. Je reste figée. — Cavalière… Je prononce le mot si bas que je ne me rends même pas compte de l’avoir murmuré. Il s’impose à moi, brutal, inattendu. Mon cœur cogne trop fort contre mes côtes. — Je… pardon ? dis-je, incapable de masquer ma stupeur. Il ne recule pas. Au contraire. Il se rapproche encore, juste assez pour que son torse frôle presque mon dos. Je perçois sa chaleur, présente, enveloppante, mêlée à son eau de Cologne. Une odeur discrète, maîtrisée… déstabilisante. — La soirée est officielle, murmure-t-il. Il est attendu que je sois accompagné. — Et pourquoi moi ? demandé-je, la voix plus basse que je ne l’aurais voulu. Je n’ai rien à me mettre. Rien d’assez élégant. Rien d’assez… approprié. Et surtout, pourquoi serais-je celle-là ? Il se penche. Lentement. Sa bouche se rapproche de mon oreille. Son souffle glisse sur ma nuque, chaud, précis, volontairement trop proche. — Parce que vous savez tenir votre place, Mademoiselle Layne. Un frisson incontrôlable me traverse. — Vous tremblez, souffle-t-il. — Vous êtes beaucoup trop près, répliqué-je, sans parvenir à retrouver toute ma fermeté. Je sens mes joues devenir brûlantes. — Et pourtant, vous ne bougez pas. Mes doigts se crispent sur le bord du bureau. Je respire trop vite. — Je n’ai rien de convenable à porter, dis-je finalement, cherchant à reprendre le contrôle. Il ne se redresse pas. Il ne me libère pas de sa présence. Au contraire, il fait pivoter ma chaise pour que je lui fasse face. — Vous trouverez une tenue parfaitement convenable dans la salle de réunion, dit-il à voix basse. Et ce n’est pas une proposition. Son souffle effleure encore ma peau. Délibérément. Lentement. — Dix-neuf heures, répète-t-il en fixant ma bouche. Ne me faites pas attendre. Puis il s’éloigne. Sans se retourner. Je reste seule, la nuque brûlante, le cœur affolé, consciente d’une chose à la fois troublante et dangereuse : Damon Black est un poison pour la tension… et pour mon cœurLe bâtiment de Black Corp est exactement comme dans mon souvenir.Froid. Imposant. Parfaitement lisse.Et pourtant, ce matin, il me paraît différent. Ou peut-être que c’est moi qui le suis.Je reste immobile quelques secondes devant l’entrée, les doigts serrés autour de la lanière de mon sac. Le verre reflète mon visage. Mes traits sont calmes, mais mes yeux trahissent tout le reste. La nuit dernière. Le penthouse. Simba. Le rire de Damon quand l’arbre à chat a failli lui tomber dessus. La façon dont il m’a regardée ensuite, comme si j’étais… chez moi.Et maintenant, je suis là.De retour dans le monde réel.— Allez, murmuré-je pour moi-même. C’est juste une journée de travail.Je pousse les portes.L’open space est déjà en pleine activité. Le bourdonnement familier des claviers, les conversations à voix basse, le bruit des imprimantes. Tout est exactement à sa place. Comme si rien n’avait changé.Sauf moi.Je traverse l’espace jusqu’à mon bureau, consciente de chaque pas. De chaque r
Pov Serena La voiture glisse dans la circulation de fin d’après-midi, et je regarde les sacs entassés à mes pieds comme si j’avais peur qu’ils disparaissent par magie.Damon conduit, concentré, une main sur le volant, l’autre posée nonchalamment sur l’accoudoir. La lumière de la ville se reflète sur le pare-brise, et pendant quelques secondes, je me contente d’observer son profil.— Tu regrettes ? demandé-je soudain.Il tourne légèrement la tête vers moi.— Regretter quoi ?— D’avoir transformé ton penthouse en royaume félin.Un coin de sa bouche se relève.— Il est encore temps de faire demi-tour et d’abandonner tout ça à un refuge.— Tu n’oserais pas.— Ne me provoque pas, bébé.Le surnom me fait sourire malgré moi. Je hausse les épaules en désignant les sacs.— Simba a besoin de s’installer. Et puis… tu l’as vu, il est très persuasif.— Il est surtout très envahissant.— Tu dramatises.— Attends qu’il prenne officiellement possession de mon canapé.Je ris doucement et reporte mon
Pov Serena — Habille-toi, bébé. On va sortir. Je relève la tête vers lui, encore assise sur le canapé, enveloppée dans un de ses plaids beaucoup trop grands pour moi. — Sortir ? Je penche légèrement la tête. Où ça ? Un coin de sa bouche se soulève. Ce sourire-là. Celui qui annonce toujours une idée… discutable. — Chercher ce qu’il faut pour Simba avant qu’il transforme mon appartement en champ de bataille félin. Je cligne des yeux. Puis je regarde autour de moi : le coussin déjà éventré, le plaid plein de poils, le jouet abandonné au milieu du salon. Je ne peux pas m’en empêcher. J’éclate de rire. — Tu exagères. — Pas du tout. Il croise les bras. — Ton chat a clairement déclaré la guerre à mon mobilier. — C’est parce qu’il sent que tu es un enva
Pov Damon Le soleil inonde encore le salon quand Silas repose sa tasse de café sur la table basse. Autour d’eux, le penthouse commence déjà à ressembler à autre chose qu’un appartement d’homme seul : un sac de vêtements posé près du canapé, un coussin de chat abandonné au milieu du salon, et Serena qui range tranquillement quelques assiettes dans la cuisine.Damon la regarde faire sans s’en rendre compte.Silas le remarque.Il ne dit rien tout de suite. Il se lève, se sert un autre café, prend le temps de souffler un peu, puis revient s’appuyer contre le plan de travail.— Tu as réfléchi à ce que ça implique, finalement ?Damon relève les yeux.— À quoi ?Silas esquisse un sourire bref.— Ne fais pas semblant.Il jette un regard vers Serena, qui est de l’autre côté de la pièce, occupée.— À elle. Ici. Avec toi.Damon se crispe à peine. Juste assez pour que Silas le voie.
Je pousse la porte de la salle de bain et je le vois déjà sous la douche. La vapeur emplit la pièce, et l’eau ruisselle sur ses épaules larges, faisant briller sa peau sous la lumière. Il ne me remarque pas tout de suite.Je tremble légèrement, pas à cause de l’eau chaude, mais de l’intensité de ce que je ressens en le voyant ainsi. Chaque muscle de son corps semble parfait, sculpté, et pourtant… il est là, vulnérable dans sa routine matinale, sans la carapace glaciale du bureau.— Damon… murmurais-je, presque inaudible.Il relève les yeux et un léger sourire se dessine sur ses lèvres lorsqu’il me voit. Il ne dit rien, mais j’interprète ce silence comme une invitation. Le bruit de l’eau couvre presque nos voix, et je m’avance doucement.Il s’écarte légèrement pour me laisser passer, et je me glisse sous la douche à ses côtés. La chaleur de l’eau me réconforte, mais la proximité de son corps me fait frissonner. Je sens ses yeux sur moi, intenses mais doux.— Tu n’avais pas besoin de me
Je reste là, silencieuse, fascinée malgré moi. Mon souffle se coupe. Il relève la tête et nos regards se croisent. Ses yeux bleus s’adoucissent légèrement. — Tu es réveillée, dit-il simplement. — Oui… je… je croyais que tu étais parti, murmurai-je, la voix faible. Il s’approche, sa présence imposante me réchauffe. Son corps encore chaud diffuse une énergie presque électrique. — Je ne pars pas comme ça, bébé, me dit-il, un petit sourire qui fait battre mon cœur un peu plus vite. Le surnom m’électrise et me fait rougir. Je sens mes joues brûler, et pourtant, une chaleur rassurante m’envahit. — Tu as bien dormi ? demande -t-il, sa voix basse et posée. — Oui… très bien, souffle-je, incapable de décrocher mes yeux des siens. Il pose une main douce sur ma joue, un geste tendre et protecteur. Je me surprends à fermer les yeux et à apprécier le contact, comme si tout ce qui avait eu lieu hier soir me rattrapait maintenant, avec la sécurité de sa présence. Mon esprit bouillonn







