LOGINPoint de vue — Damon
Je les vois traverser l’open space. L’homme marche légèrement en retrait, juste assez pour ne pas envahir, mais assez près pour être présent. Calculé. Son regard ne quitte pas mademoiselle Layne longtemps. Trop longtemps pour que ce soit innocent. Elle, en revanche, ne voit rien. Ou elle ne veut pas voir. Je m’appuie contre la baie vitrée de mon bureau, bras croisés. Elle rit à quelque chose qu’il lui dit. Un rire bref, sincère. Détendu. Différent de celui qu’elle utilise en réunion, celui-ci n’ai pas forcé. Intéressant. Il se penche légèrement vers elle pendant qu’ils s’arrêtent près de l’ascenseur. Pas assez pour être déplacé. Juste assez pour créer une bulle. Il flirte. Il le fait bien. Elle ne s’en rend compte de rien. L’ascenseur se referme sur eux. Je reste immobile quelques secondes de plus, le regard toujours fixé sur le reflet de la vitre. Je n’aime pas les variables non maîtrisées Point de vue — Serena — Alors, première réunion avec Black ? demande Marc en marchant à mes côtés. — Intense. Mais je suis encore debout. Je considère ça comme un succès, plaisante-je. — Parfait. On peut fêter ça avec un dessert ou juste survivre à la suite de la journée, rit-il. — Survivre me paraît déjà un exploit, dis-je en riant. Le ciel s’éclaircit, quelques rayons percent les nuages et l’air frais me détend. — Tu sais, tu travailles beaucoup. Si tu veux, je pourrais t’aider avec certaines charges… alléger un peu le stress, dit-il calmement. — Merci, mais non. J’aime ce que je fais. Les défis, me dépasser… je n’ai pas envie de lever le pied, réponds-je. — Donc tu choisis de jongler avec tes dettes et ton boulot plutôt que de souffler un peu ? sourit-il. — Exactement. Et toi, tu es toujours prêt à sauver le monde ou juste pour impressionner les gens autour ? — Peut-être un peu des deux, dit-il avec un clin d’œil. Mais surtout, je veux que tu sois heureuse et que tu profites un peu de la vie. Je ris, un vrai rire. — Et tu y arrives ? — Mission accomplie, dit-il tout fier. Nous marchons deux rues plus loin, le soleil perce entre les immeubles. — Tu es… dangereux, dis-je en riant, à moitié taquine. — Moi ? Non, juste charmant, répond-il. Nous prenons place à une table tranquille dans le restaurant, lumineux mais discret. — Alors, première pause-déjeuner avec moi ? dis-je mi-sérieuse, mi-taquine. — Oui, et je promets de ne pas te juger si tu choisis le dessert le plus calorique, plaisante-t-il. — Deal. Et toi, tu choisis quoi ? — Hmm… je vais te copier. On fait une bonne équipe maintenant, dit-il avec un sourire en coin. — Tu es vraiment doué pour les pauses-déjeuners, dis-je en riant. — Je prends ça comme un compliment, répond-il en effleurant subtilement ma main. Le geste est léger, discret… et je le ressens. — Tu me rends vraiment… dangereusement détendue, dis-je en riant. — Mission réussie, murmure-t-il avec un clin d’œil. Nous commandons un dessert au chocolat. La conversation glisse sur le beau temps, les cafés de la ville, et la pluie qui revient parfois. — Tu cours souvent sous la pluie ? demandai-je en riant. — Pas encore… mais si je le fais, je me filmerai pour la postérité, dit-il en souriant. — Excellent, dis-je. J’attends ça avec impatience. Nous rions, parlons de chocolat, de cafés improbables, de petites anecdotes absurdes de nos vies. Chaque histoire détend mes épaules. — Tu es un danger public, dis-je en riant doucement, à moitié sérieuse. — Seulement pour ceux qui rient trop avec moi, répond-il avec un sourire complice. Le dessert arrive, et nous commentons sa texture, la finesse du chocolat, échangeons quelques regards plus longs. Je me sens légère, presque libérée après la tension de la matinée. ⸻ Point de vue — Damon Je sors du bureau et envoie un message : Silas, pause déjeuner ? On se rejoint au petit resto rue des Browns. Quelques minutes plus tard, il arrive. — Salut, dis-je. L’endroit est calme, parfait pour déjeuner. — Parfait, répond-il en souriant, et en s’asseyant. Nous commandons nos plats et entamons une conversation légère. — Alors… le père a encore eu une idée pour toi ? demande Silas. — Oui, dit-je, froidement. Il veut m’envoyer à des rendez-vous arrangés. — Sérieusement ? rit Silas. — Oui. Pas intéressé, réponds-je sèchement. — Toujours direct, murmure-t-il en souriant. — Merci, réponds-je, haussant légèrement les épaules. Nous parlons ensuite de pluie, de voitures et de quelques souvenirs d’enfance. Le serveur arrive, les plats sont bons, et tout semble plus détendu. Puis un rire traverse la salle. Clair, léger, spontané. Je tourne la tête et la vois. Mademoiselle Layne. Assise avec un homme que je ne connais pas. Son rire capte toute mon attention. — Mademoiselle Layne ? murmurai-je. Silas lève un sourcil, intrigué. — Ah… tu la connais ? — Oui, réponds-je simplement. Son rire… il marque quelque chose. — Alors, tu n’es pas totalement indifférent, hein ? — Je n’ai jamais dit ça, réponds-je, laissant planer un silence calculé. — Père ne tolérait jamais ça, fait attention. Me dit-il. Je pose mon regard sur lui appuyé, froid et je ne dis rien de plus. Il sourit, un sourire en coin. Nous continuons à manger et parler. Le rire de Mademoiselle Layne traverse le restaurant, un petit point lumineux au milieu d’une matinée chargée.Je reste là, silencieuse, fascinée malgré moi. Mon souffle se coupe. Il relève la tête et nos regards se croisent. Ses yeux bleus s’adoucissent légèrement.— Tu es réveillée, dit-il simplement.— Oui… je… je croyais que tu étais parti, murmurai-je, la voix faible.Il s’approche, sa présence imposante me réchauffe. Son corps encore chaud diffuse une énergie presque électrique.— Je ne pars pas comme ça, bébé, me dit-il, un petit sourire qui fait battre mon cœur un peu plus vite.Le surnom m’électrise et me fait rougir. Je sens mes joues brûler, et pourtant, une chaleur rassurante m’envahit.— Tu as bien dormi ? demande-t-il, sa voix basse et posée.— Oui… très bien, souffle-je, incapable de décrocher mes yeux des siens.Il pose une main douce sur ma joue, un geste tendre et protecteur. Je me surprends à fermer les yeux et à apprécier le contact, comme si tout ce qui avait eu lieu hier soir me rattrapait maintenant, avec la sécurité de sa présence.Mon esprit bouillonne de questions, de
Le rythme s’intensifie, nos corps parfaitement accordés. Chaque souffle, chaque mouvement nous rapproche de notre point culminant. Un frisson puissant traverse tout mon être, mêlant désir et possession. Nous atteignons finalement ce point culminant ensemble, haletants, nos cœurs battant à l’unisson, suspendus dans cette intensité partagée.Point de vue de DamonJe sens la chaleur de son corps contre le mien, son souffle encore rapide, ses muscles tremblants sous mes mains. Son odeur, son goût, tout d’elle m’a consumé, m’a poussé au bord de mes propres limites. Quand nous atteignons ce point culminant, je ne peux pas m’empêcher de la serrer encore plus fort contre moi, comme si la laisser respirer librement serait la perdre.Ses bras s’accrochent à moi, son dos heurte ma poitrine, et je sens mon cœur battre furieusement. Serena… son nom résonne dans ma tête, et je réalise à quel point je me suis laissé emporter par elle, par ce jeu, par cette tens
Damon s’écarte légèrement et, d’un ton neutre mais ferme :— La salle de bain est à l’étage, deuxième porte à gauche au fond du couloir. Tu peux te laver, te rafraîchir.Je hoche la tête, les joues brûlantes, incapable de détacher mon regard de lui. Mes mains sont encore tremblantes après tout ce qui s’est passé.— Merci… murmurai-je, presque inaudible.Je pousse la porte, et l’air chaud et humide de la douche m’accueille. Chaque geste est mécanique, le corps encore secoué par nos précédents moments de tension. Mes pensées s’embrouillent, je revois ses yeux, la pression de ses mains, le souffle contre ma nuque… impossible de chasser ces images.La salle de bain est immense, une vaste douche à l’italienne où l’eau tombe en pluie fine depuis le plafond. La vapeur s’élève, embrume l’air et rend chaque mouvement plus sensuel, chaque geste plus chargé. Je sens Damon entrer derrière moi, et un frisson me parcourt instantanément. Sa présence seu
Les portes de l’ascenseur s’ouvrent dans un léger ding feutré. Je cligne des yeux. Puis je le vois. — Simba… ? Mon chat est là. Assis au milieu du palier, parfaitement calme, la queue enroulée autour de ses pattes, comme s’il m’attendait. Il relève la tête, me fixe de ses grands yeux, puis se lève tranquillement et miaule. Je reste figée. Mon cœur rate un battement. — Mais… qu’est-ce que…? Je me détache doucement de Damon et fais quelques pas, incrédule. Je m’accroupis devant Simba, mes mains tremblent quand je le touche pour vérifier qu’il est bien réel. Il ronronne immédiatement. — Qu’est-ce qu’il fait ici…? murmuré-je, encore sous le choc. Je me redresse lentement et me tourne vers Damon, complètement perplexe. Il me regarde, immobile, parfaitement maître de lui-même. Mais je vois cette lueur dans ses y
Point de vue de DamonJe n’ai pas cessé d’y penser depuis que nous avons quitté le parking.À elle.À ce qui s’est passé.À ce qui aurait pu ne jamais arriver… et qui pourtant est arrivé. Mon esprit est ailleurs. Pour la première fois depuis longtemps, une pensée parasite s’infiltre, persistante, presque dérangeante.Et si elle regrettait ?L’idée me tend. Pas de colère. Pas de contrôle. Quelque chose de plus inconfortable encore. Je renforce ma prise sur le volant, mes jointures deviennent blanche. Une incertitude que je n’ai pas l’habitude de tolérer.Je garde pourtant le visage fermé, la posture droite. Je ne laisse rien transparaître.L’immeuble apparaît enfin. Le penthouse domine la ville, silencieux, immuable. Un refuge que je contrôle.Je coupe le moteur.Je descends le premier, contourne la voiture et lui tends la main. Lorsqu’elle la prend, ses doigts sont légèrement froids. Ce détail
Je sens encore sa chaleur contre moi alors qu’il se retire légèrement. Ses mains attrapent ma jupe et la font glisser doucement sur mes jambes, puis remontent pour l’ajuster parfaitement. Chaque geste est précis, presque cérémonial, et je frissonne malgré moi. Il attrape ensuite mon chemisier, replace les épaules et referme les boutons un à un avec soin, ses mains effleurant ma peau à chaque mouvement. Je sens son corps contre le mien — encore nu — et chaque frôlement fait remonter un frisson incontrôlable. Sa présence est écrasante, impossible à ignorer. — Reste immobile, murmure-t-il, sa voix basse et profonde. Je le regarde, fascinée et troublée à la fois, tandis qu’il s’assure que tout est en place. Ses yeux bleus plongent dans les miens, brûlants, captivants, et je sens que l’attraction entre nous n’a fait que croître, même après ce que nous venons de partager. Lorsqu’il recule enfin, juste assez pour me laisser respir







