Home / Loup-garou / Un cas unique / 3-Une mauvaise passe

Share

3-Une mauvaise passe

Author: Valine
last update publish date: 2025-07-13 22:18:26

Zoéline

Mon père hocha simplement la tête à Mme Bale en entrant dans la pièce et s'approcha immédiatement de moi pour me serrer dans ses bras. Je fondu en larmes de plus belle à son toucher rassurant. Mais j'étais pleinement consciente que je le mettais dans une situation compliquée, face au reste de la meute. Mme Bale expliqua plus en détail ce qui était arrivé à mon père et le directeur, à la fin de son histoire, ils ont regardé mon père avec un air de dire, "Le saviez-vous, Alpha ? Quelle n’a pas de loup ?".

Mon père grogna légèrement, se détournant de leurs regards insistants. Il me serra un peu plus fort et me dit : « Allez, ma fille, rentrons à la maison ». Ce que nous fîmes immédiatement.

Chris

En quittant l'école ce jour-là, j'ai perçu une agitation dans les couloirs, comme si un gros potin venait de sortir, une chose énorme et hyper choquante pour certaines personnes quand elles l'ont découvert. Mais je ne savais rien à ce sujet. Personne ne m'avait rien dit. Et après quelques minutes d'observation, j'ai remarqué qu'on me jetait des coups d’œil en même temps.

À ce moment-là, mon père s'est connecté à moi par le biais du lien familiale.

-Chris, rentre à la maison immédiatement.

-Que se passe-t-il papa ? Dois-je aussi avertir Zoéline ?

-Non, ne t’inquiètes pas pour Zoéline, elle est déjà avec moi. C'est pour ça que je te demande de rentrer à la maison.

-Quoi ? Mais pourquoi ? Quelque chose lui est arrivé ? Papa, dis-moi !

-Rentre, je te dis. Je te raconterai tout une fois que vous tu seras à la maison. Ah, et au fait, si tu pouvais avertir Harper de venir à la maison aussi, ce serait bien.

Mais que c’était-il passé ? Mon père demande à Harper de venir ?! Non, ce n'est vraiment pas son habitude d'impliquer des étrangers dans nos discussions familiales, même si elle est la meilleure amie de ma sœur. Quelque chose d'important a dû se produire. Qu'en est-il de Zoéline ? Je crains toujours pour sa sécurité et je m'inquiète tout le temp pour elle qui n'a pas de loup.

J'ai fait ce que mon père m'a dit et je suis très vite rentrer à la maison avec Harper. Là, mon père nous a expliqué ce qu'il s'était passé. Nous étions choqués d'apprendre que notre Zoéline se faisait malmener comme ça, par des gens de notre meute.

Harper comprit rapidement pourquoi mon père lui avait dit de venir. Il avait besoin que quelqu'un aille la réconforter pendant que lui et moi aurait une discussion sur la façon de régler les choses.

Harper

Je montais les marches de l’escalier quatre à quatre pour retrouver mon amie qui avait tant besoin de réconfort à ce moment-là. J'ouvris la porte de sa chambre sans sommation, heureusement elle n'était pas verrouillée. Je trouvais une Zoéline recroquevillée au sol au pied de son lit, presque plus bas que terre. On aurait dit qu'elle voulait s'enterrer. Loin du regard possible de n'importe qui passerait dans le couloir ou éventuellement de la fenêtre. Je la rejoins et l'a pris dans mes bras le plus fort possible.

En me saisissant, ses sanglots allèrent de plus belle. Mais elle et moi savions qu'il fallait que ça sorte. Et que j'étais là pour ça. C'est à ça aussi que ça sert une amie. Trouver du réconfort dans ses bras, pouvoir parler de tout ce qu'on a sur le cœur, sans craindre d'être jugé. J'étais cette personne pour Zoéline, d'autant plus qu'elle n'avait plus sa mère pour cela.

Alpha Dave

On entendit ma petite chérie pleurer pendant plusieurs jours d'affilés. Elle s'était enfermée à clé au départ de Harper le lendemain matin. Dès lors, personne ne put rentrer dans sa chambre, même pour lui servir à manger. Elle refusait toute visite, nous y compris. Elle ne s'alimentait pas et cela a duré presque une semaine. Fou d'inquiétude pour ma chair et mon sang, j'ai dû lui crier à travers la porte que si elle ne m'ouvrait pas et qu'elle ne mangeait pas, je défoncerai la porte et je l'internerai à l'hôpital de force. Elle a dû peser le pour et le contre, la peur de devoir sortir de la maison et affronter le regard des autres a été plus fort que tout. Elle déverrouilla enfin la porte de sa chambre et nous pûmes entrer le médecin de la meute et moi.

Forcer de constater que ma fille était en mauvais état, le médecin de la meute nous conseilla de laisser faire le temps. Mais qu'il fallait absolument qu'elle se nourrisse au minimum 2 fois par jour. Avec des choses consistantes qui lui permettrait de maintenir son équilibre alimentaire. Il ne fallait surtout pas la forcer, sinon on la perdrait psychologiquement.

Chris, Harper et moi, on se relayaient en plus des employés de la maison pour appliquer les consignes du médecin. L'alimenter, discuter avec elle même si elle ne faisait que nous écouter. Et surtout continuez à lui rendre visite, en permanence. Ne pas l'abandonner !

Zoéline

Cet état de dépression dura un mois ou deux. Honnêtement, je ne sais plus. Heureusement que j'avais une salle de bain dans ma chambre. Et que je gardais un minimum d'hygiène parce que sinon, on m'aura retrouvé telle une loque abandonnée dans la rue.

Pendant ces quelques mois j'avais pu ruminer, ressasser, retourner la situation dans tous les sens. Une seule solution mettait venue à l'esprit : je dois me battre. Continuer ma vie. Faire ce que je peux faire avec le peu que j'ai, mais je ne peux pas m'abandonner ni abandonner ma famille qui compte sur moi. Ils se sont relayés jour et nuit pour rester à mes côtés et me montrait par leur présence et des actes qu'ils ne m'abandonneraient pas. Alors, moi je ne dois pas les abandonner.

Le jour où je suis sorti de ma chambre, papa était à la maison de la meute. Harper et Chris au lycée. Madame Lee, notre domestique en chef était sorti faire des courses et les autres employés avaient été congédiés tant que j'étais dans ma phase de dépression. J'étais toute seule dans la maison. J'étais déterminé à reprendre ma vie. Et je savais que je devrais y aller étape par étape.

Je suis descendu à la bibliothèque. Je me suis mis à mon bureau. J'ai contacté par mail le lycée pour les prévenir que je ne reviendrai pas mais que je souhaitais finir mon cursus par correspondance. La réponse ne tarda pas, c'était ok et des pièces jointent au mail m'expliqué la démarche à suivre pour rendre mes devoirs et suivre les cours par correspondance. Une fois les souscriptions finies, je me suis plongée dans le rattrapage de mes cours en faisant abstraction de tout.

Harper

Chris et moi sommes rentrer ensemble du lycée. J'avais envie de voir mon amie pour lui raconter ce qui s'était passé au lycée aujourd'hui. Chris s'est dirigé vers la cuisine pour prendre de quoi grignoter et boire et moi je suis directement monté dans la chambre de Zoéline. J'ouvris la porte et je trouvai une chambre vide. Je vérifiais aussi la salle de bain, rien, le placard, rien. Zoéline avait disparu.

Une montée de panique monta en moi. Et je me mis à crier :

- Chris, Chris, elle n’est pas là !!! Chris était en chemin dans le couloir pour nous rejoindre dans la chambre. À mes mots je l'entendis courir.

- Quoi ? Qu'est-ce tu racontes ?

- Zoéline. Zoéline n'est pas dans sa chambre. J'AI CHERCHÉ PARTOUT. ELLE N'EST PAS LÀ. !

- Oh p*****, ce n’est pas possible ! Mais où est-ce qu'elle peut bien être ? p***** p***** p***** ! J'espère qu'il ne lui est rien arrivée, j'espère qu'elle n'a rien fait de stupide, j'espère qu'elle n'a pas fait de conneries !

- Oh oui, oh, mon Dieu !

- je préviens mon père par lien et on continue à chercher dans la maison.

Ce que nous fîmes, paniquer, inquiets de retrouver Zoéline saine et sauve.

Alpha Dave nous rejoint dans les dix minutes. Un record alors qu'il était à l'autre bout de la ville à la maison de la meute. On se mit à chercher dans toutes les pièces de la maison. Chambres, salle de bain, garage, jardin, salon... Personne, aucun mot, aucune trace.

Ses chaussures étaient encore là. Elle ne pouvait pas être allée très loin. Moi qui connaissais bien mon amie, une dernière pièce me vient à l'esprit. Celle du dernier espoir. Nous n'avions pas regardé au sous-sol. Là où il y avait la bibliothèque de la famille.

Je m'y précipitai et quand j'ouvris la porte. Je vis une Zoéline endormie sur la table. Cachée par des piles de livres. Certains ouverts, certains de travers. Et d'autres, mis de côté.

- Elle est là !!! M'écrais-je, mais je n'entendis pas de réaction. Peut-être que la bibliothèque était insonorisée ? Je ne m'étais jamais posé la question. Alors je joins l'Alpha par le lien de la meute.

- Alpha ! Elle est ici, je l'ai trouvé ! À la bibliothèque, au sous-sol.

En 2 minutes, l'Alpha et Chris étaient en bas, ils passaient la porte, le visage inquiet. Et quand il me vit recouvrir Zoéline d'un plaid, ils comprirent que tout allait bien. Ils eurent alors un souffle de soulagement.

Zoéline

Je me réveillai entouré de ma famille et Harper. J'avais été transporté dans mon lit. Dès que mon père vit que j'étais réveillé, Il se précipita au bord du lit, me serra très fort dans ses bras. Il me posa mille questions... Je lui fis un petit sourire et lui chuchota. "Ne t'inquiète pas papa. J'irai mieux, le temps m'aidera à guérir mes blessures. En attendant je resterai à la maison. Pour ne pas vous inquiéter et pour mon bien-être. Je ne m'abandonne pas et je ne vous abandonne pas."

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Un cas unique   67 - L’embuscade et les Sœurs

    CharlyLa fin de notre tournée territoriale touchait à sa fin, mais l'atmosphère s'était singulièrement alourdie à mesure que nous approchions des confins nord d'OldMoon, non loin des terres neutres.Je conduisais le pick-up, les doigts crispés sur le volant, mes yeux d'acier balayant nerveusement la ligne des arbres. Quelque chose n’allait pas. La forêt était trop calme. Pas un chant d'oiseau, pas un craquement de branche. Pire encore, nous venions de franchir deux postes d'observation successifs et je n'avais pas senti l'odeur d'un seul de mes soldats. Il aurait dû y avoir au moins une escouade en patrouille ici. Dans mon esprit, Minuit s'agitait, toutes griffes dehors, arpentant les cages de ma conscience en feulant de rage. Danger. Piège.— Charly ? Tu es livide, murmura Zoéline à mes côtés, sa main se posant sur mon genou.— Reste sur tes gardes, Luna, répondis-je, la voix rauque. Benny, arme-toi. On est observés.Je n'eus pas le temps de finir ma phrase. Un tronc d'arbre massif

  • Un cas unique   66 - Les Terres d'OldMoon

    BennySi on m'avait dit un jour que je passerais un déjeuner complet à observer notre Alpha Suprême, le grand, l'implacable Charly, être totalement hypnotisé par une part de tarte aux pommes, je ne l'aurais pas cru. Ou plutôt, il n'était pas hypnotisé par la tarte, mais par la femme qui la mangeait.Nous étions tous réunis autour de la grande table de la brasserie du village pour notre pause de midi : Charly, Zoéline, Liam, sa femme et moi. L'ambiance était chaleureuse, mais le changement d'atmosphère entre nos deux dirigeants crevait les yeux. Ce n'était plus le couple coincé du début. Ça flirtait. Ça se cherchait du regard. Charly avait un bras nonchalamment posé sur le dossier de la chaise de Zoéline, ses doigts frôlant presque ses cheveux, et dès qu'elle lui souriait, le grand loup féroce se transformait en un mâle outrageusement protecteur et couvé d'affection. En tant que Gamma — et surtout en tant qu'ami —, ça me mettait un baume incroyable au cœur. Charly méritait ce bonheur.

  • Un cas unique   65 - Son anniversaire

    CharlyJe n'avais jamais passé autant de temps à me creuser la tête pour autre chose qu'une stratégie militaire ou une négociation de traité. Mais depuis que Liam m'avait balancé l'information, l'anniversaire de Zoéline était devenu ma priorité absolue. Entre deux sessions d'entraînement quotidien où je la regardais dompter son mana avec une vitesse déconcertante, mon esprit ne tournait qu'autour d'une question : quel était le cadeau idéal pour une femme qui avait une puissance de déesse mais qui n'aspirait qu'à la simplicité ?En désespoir de cause, j'avais fini par convoquer Grace et Marie dans mon bureau, croisant les bras, l'air probablement beaucoup trop solennel pour la situation.— Je veux que sa journée soit parfaite, leur avais-je dit sans préambule. Qu'est-ce qu'elle aime ? De quoi a-t-elle besoin ?Marie avait étouffé un sourire attendri, tandis que Grace avait croisé les mains sur son tablier, les yeux pétillants. Grâce à leurs précieux conseils, j'avais orchestré une suit

  • Un cas unique   64 - Le début du contrôle

    CharlyPlus tôt ce matin-là, avant que le soleil ne perce la brume hivernale, mon bureau avait reçu des visiteurs inattendus. L'Ancien Félix et l'Ancienne Minnie s'étaient présentés devant moi, dépouillés de la rigidité protocolaire qui les caractérisait d'ordinaire. D'une voix solennelle mais empreinte d'une profonde affection, Félix m’avait annoncé que lui, Minnie, et l'intégralité du Conseil des Anciens se mettaient officiellement et sans réserve à la disposition de Zoéline.En les écoutant, j'avais ressenti une bouffée de fierté presque douloureuse. Ma Luna n'avait pas seulement survécu à OldMoon ; elle l'avait conquise. Le vent avait définitivement tourné.C'est en milieu de journée, alors que nous nous dirigions tous ensemble vers le grand terrain d'entraînement à l'orée de la forêt, que l'ambiance s'est détendue. Véra marchait en tête aux côtés de Félix, tandis que Liam, Benny, Zoéline et moi fermions la marche sur le sentier enneigé. Liam s'est calé à ma hauteur, un petit sour

  • Un cas unique   63 - La Nudité des Âmes

    ZoélineLa porte de nos quartiers privés s’était à peine refermée que le poids du monde sembla glisser de nos épaules. Marie et Grace avaient fait des merveilles. La grande pièce d'ordinaire si solennelle était plongée dans une pénombre chaleureuse, uniquement éclairée par la lueur dansante d’une dizaine de bougies. Une petite table ronde avait été dressée près de la cheminée où crépitait un feu réconfortant. L'odeur du rôti aux herbes et des bougies à la cire d'abeille flottait dans l'air.Charly laissa tomber les derniers sacs de shopping sur le sofa. Il avait gardé le pull en cachemire gris doux que je lui avais fait acheter cet après-midi. Sans sa veste en cuir d’Alpha, les cheveux légèrement ébouriffés par le vent de la ville, il offrait un visage d'une vulnérabilité qui me fit rater un battement.Nous nous sommes installés l'un en face de l'autre. Au début, le cliquetis des couverts accompagna nos premiers échanges, légers, prolongeant la complicité de l'après-midi. Mais à mesur

  • Un cas unique   62 - Le Premier Rencard

    CharlyJe n'avais jamais ressenti cette forme de nervosité. Pas celle qui vous tord le ventre avant un affrontement territorial ou un duel à mort, non. C’était une traque d'un tout autre genre, une anxiété presque enfantine qui me faisait serrer le volant de mon SUV avec une force ridicule.Du coin de l'œil, j'observais Zoéline installée sur le siège passager. Elle avait troqué ses tenues de cérémonie pour un jean ajusté et un pull en maille douce qui lui allait à ravir. Sans sa couronne invisible de Luna, débarrassée du poids des Anciens et du protocole d'OldMoon, elle semblait... respirer. Libre. Ses yeux améthyste fixaient le paysage enneigé qui défilait à toute vitesse, un sourire léger flottant sur ses lèvres.Le trajet vers la ville s'est fait dans une douceur inhabituelle, bercé par le ronronnement de la radio et le silence complice qui s'était installé entre nous. Dans mon esprit, Minuit, mon loup, était d'un calme olympien, ronronnant de satisfaction. Nous sortions enfin de n

  • Un cas unique   7-Le Marché

    ZoélineGardant la tête baissée, j’attendu une réaction de l’Alpha devant moi, mais rien. Je levai la tête pour l’observer : Il me fixait. Je ne saurais dire si c’était de la convoitise, de la curiosité ou s’il était prêt à ne faire qu’une bouchée de moi. Ce regard insistant me fit légèrement recul

  • Un cas unique   6-La rencontre

    ZoélineMalgré les deux portières que j'avais entendu, un seul homme discuter avec papa. Cela faisait déjà 5 min qu'ils parlaient ensemble et la curiosité me rongeait. Qui pouvait bien être cette personne pour que papa me dise de rester dans ma chambre. En toute logique cela ne pouvait être qu'un a

  • Un cas unique   5-La Menace

    CharlyIl était trop tard pour se présenter chez l'Alpha de la meute du Clair de Lune, alors pour passer la soirée, Liam et moi sommes allés dans un bar. Cela nous permettrait de jauger l'ambiance de la meute et voir ce qu'il se disait.Elle a table derrière nous, deux hommes discutaient de l'aveni

  • Un cas unique   4-Le temps aide à panser les blessures

    ZoélinePlusieurs années ont passées, j'ai obtenu mon bac et même une licence en histoire, tout en continuant à m’effacer de la vie sociale de la meute.J’étais devenue une passionnée pour les traditions, cultures et les langues anciennes et oubliées de tous, j'avais réussi à prendre contact avec p

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status