INICIAR SESIÓNZoélineLe réfectoire du manoir d'OldMoon avait des airs de conseil de guerre. Autour de la grande table en chêne, l'ambiance était lourde, presque solennelle, mais unie. Benny, fidèle à lui-même, reprenait des forces en dévorant son assiette double ration, son loup éliminant les dernières toxines à une vitesse impressionnante. À ses côtés, Liam consultait nerveusement ses notes de patrouille sur sa tablette, tandis que Hank, assis un peu plus loin, restait discret mais attentif.Et puis, il y avait Charly. Assis en bout de table, sa main droite n'avait pas quitté le creux de mon dos de tout le repas. Une présence brûlante, rassurante, qui me rappelait à chaque seconde le baiser du crépuscule et sa promesse silencieuse de me laisser le temps.Mais le temps était une denrée que nous n'avions plus. L'escouade d'élite était prête. Les soldats attendaient des ordres.Alors que le dîner touchait à sa fin, je posai mes couverts. Le léger tintement attira immédiatement l'attention des mâles
CharlyTrois jours. Trois jours terrestres qui me parurent durer un siècle d'angoisse et de frustration.Depuis notre retour chaotique des terres neutres, le manoir d'OldMoon s'était transformé en une véritable caserne militaire. Suivant mes ordres, Liam avait triplé les patrouilles aux frontières et mis l'accent sur la surveillance des réseaux souterrains. De mon côté, je passais mes journées entre les rapports de sécurité et les visites à l'infirmerie. La vue de Benny, mon Gamma, cloué au lit par le poison des renégats, me rendait fou de rage. Son loup luttait vaillamment, mais Véra avait été catégorique : il lui fallait trois jours de repos absolu avant de pouvoir prétendre reprendre les armes. Trois jours durant lesquels mon frère Caleb restait entre les mains des traîtres, quelque part dans une zone que nous ne pouvions pas situer tant que ce foutu parchemin refusait de s'ouvrir.Heureusement, dans cette obscurité ambiante, une lumière persistait. Le baiser de Zoéline au crépuscu
ZoélineLe silence de ma chambre me paraissait presque oppressant après l'effervescence de notre retour à la meute. Assise sur le bord de mon lit, je fixais mes mains, mes doigts qui tremblaient encore légèrement. Pas de peur, non. De frustration.Je repensais à l'expression de Charly dans le bureau lorsqu'il avait compris ce que cachait la « serrure de sang ». J'avais vu l'espoir s'allumer dans ses yeux sombres, immédiatement balayé par un mur de culpabilité et de détresse. De même, ma louve de fer, si puissant, si protecteur, s'était brisé en une fraction de seconde face à un choix impossible : me forcer à l'union totale pour sauver son frère, ou respecter mon rythme au risque de perdre toutes chances de sauver son frère et peut-être le perdre lui.Il avait choisi de me respecter. Sans une once d'hésitation. Malgré l'urgence, malgré la bête en lui qui hurlait sûrement de me revendiquer, il avait refusé de presser les choses. Ce respect infini me touchait au plus profond de l'âme, ma
CharlyLes derniers mots de Vivienne flottaient encore dans l'air lourd du sanctuaire, pareils à une sentence suspendue au-dessus de nos têtes. Une serrure de sang.La sorcière ferma brièvement les yeux, murmurant une incantation basse. Elle passa ses doigts fins au-dessus du parchemin de mon père. Sous l'effet de sa magie, les runes centrales s'agitèrent, se tordirent... mais au lieu de se traduire, elles se figèrent instantanément, teintées d'un éclat écarlate, presque iridescent. Le cœur du texte restait obstinément crypté, illisible. Une barrière magique invisible bloquait tout.Vivienne retira ses mains, un soupir s'échappant de ses lèvres.— Le texte refuse de se livrer, murmura-t-elle, son regard noir et profond se posant sur nous. Ce codex est scellé par un sortilège originel. Ce n'est pas une impasse, c'est une serrure de sang. Et tant qu'elle ne sera pas déverrouillée, l'emplacement de la relique et certainement de ton frère Caleb restera invisible à vos yeux.— Comment on l
CharlyLa fin de notre tournée territoriale touchait à sa fin, mais l'atmosphère s'était singulièrement alourdie à mesure que nous approchions des confins nord d'OldMoon, non loin des terres neutres.Je conduisais le pick-up, les doigts crispés sur le volant, mes yeux d'acier balayant nerveusement la ligne des arbres. Quelque chose n’allait pas. La forêt était trop calme. Pas un chant d'oiseau, pas un craquement de branche. Pire encore, nous venions de franchir deux postes d'observation successifs et je n'avais pas senti l'odeur d'un seul de mes soldats. Il aurait dû y avoir au moins une escouade en patrouille ici. Dans mon esprit, Minuit s'agitait, toutes griffes dehors, arpentant les cages de ma conscience en feulant de rage. Danger. Piège.— Charly ? Tu es livide, murmura Zoéline à mes côtés, sa main se posant sur mon genou.— Reste sur tes gardes, Luna, répondis-je, la voix rauque. Benny, arme-toi. On est observés.Je n'eus pas le temps de finir ma phrase. Un tronc d'arbre massif
BennySi on m'avait dit un jour que je passerais un déjeuner complet à observer notre Alpha Suprême, le grand, l'implacable Charly, être totalement hypnotisé par une part de tarte aux pommes, je ne l'aurais pas cru. Ou plutôt, il n'était pas hypnotisé par la tarte, mais par la femme qui la mangeait.Nous étions tous réunis autour de la grande table de la brasserie du village pour notre pause de midi : Charly, Zoéline, Liam, sa femme et moi. L'ambiance était chaleureuse, mais le changement d'atmosphère entre nos deux dirigeants crevait les yeux. Ce n'était plus le couple coincé du début. Ça flirtait. Ça se cherchait du regard. Charly avait un bras nonchalamment posé sur le dossier de la chaise de Zoéline, ses doigts frôlant presque ses cheveux, et dès qu'elle lui souriait, le grand loup féroce se transformait en un mâle outrageusement protecteur et couvé d'affection. En tant que Gamma — et surtout en tant qu'ami —, ça me mettait un baume incroyable au cœur. Charly méritait ce bonheur.
ZoélineGardant la tête baissée, j’attendu une réaction de l’Alpha devant moi, mais rien. Je levai la tête pour l’observer : Il me fixait. Je ne saurais dire si c’était de la convoitise, de la curiosité ou s’il était prêt à ne faire qu’une bouchée de moi. Ce regard insistant me fit légèrement recul
ZoélineMalgré les deux portières que j'avais entendu, un seul homme discuter avec papa. Cela faisait déjà 5 min qu'ils parlaient ensemble et la curiosité me rongeait. Qui pouvait bien être cette personne pour que papa me dise de rester dans ma chambre. En toute logique cela ne pouvait être qu'un a
CharlyIl était trop tard pour se présenter chez l'Alpha de la meute du Clair de Lune, alors pour passer la soirée, Liam et moi sommes allés dans un bar. Cela nous permettrait de jauger l'ambiance de la meute et voir ce qu'il se disait.Elle a table derrière nous, deux hommes discutaient de l'aveni
ZoélinePlusieurs années ont passées, j'ai obtenu mon bac et même une licence en histoire, tout en continuant à m’effacer de la vie sociale de la meute.J’étais devenue une passionnée pour les traditions, cultures et les langues anciennes et oubliées de tous, j'avais réussi à prendre contact avec p







