Mag-log inZoélineLe temps avait suspendu son vol au-dessus d'OldMoon, nous accordant une trêve de trois semaines. Vingt et un jours de pure effervescence où le manoir avait troqué sa rigueur militaire contre l’agitation fébrile des grands jours. Charly avait vu les choses en grand, refusant de lésiner sur le moindre détail pour ce qui s’annonçait comme l’événement de la décennie. Pendant que les guerriers d'élite de la meute s’usaient les muscles sur le terrain sous l'œil impitoyable de Félix et Benny, le reste du domaine s'était transformé en une fourmilière dédiée à notre union.Pour moi, ces semaines furent un tourbillon de préparatifs, de choix de menus et de complicité féminine. Mais le secret le plus précieux de ces trois semaines résidait dans ma garde-robe.Épaulée par Lisa, la compagne de Liam, et par Grace et Emma, mes fidèles assistantes, j'avais passé des heures à concevoir la tenue parfaite. Rompant avec les coupes ultra-modernes et rigides, j’avais craqué pour un style bohémien e
ZoélineLe silence était revenu dans le bureau après le départ de Liam, Benny et Hank, partis mettre les troupes en état d’alerte. Le parchemin reposait sur la table, éteint, mais l’image de ce monastère en ruine restait gravée au fer rouge dans mon esprit. Pourtant, ce n’était pas la vision qui faisait battre mon cœur à tout rompre. C’était la sensation de ma main contre celle de Charly.Nos sangs s'étaient mêlés. Nos manas s’étaient heurtés. Et dans ce chaos magique, j’avais ressenti une clarté absolue.Ma cage de verre, cette prison invisible dans laquelle je m’étais réfugiée pour me protéger du monde, venait de voler en éclats. Je n’avais plus peur. Plus peur du passé, plus peur de l’intensité de nos loups, plus peur de souffrir. Charly avait respecté mes doutes, il avait protégé mes faiblesses, et aujourd’hui, je savais qui j’étais : sa compagne, sa Luna, une arme et un bouclier pour cette meute.Charly était resté près de la table, observant ma paume blessée qu’il avait soigneus
ZoélineLe réfectoire du manoir d'OldMoon avait des airs de conseil de guerre. Autour de la grande table en chêne, l'ambiance était lourde, presque solennelle, mais unie. Benny, fidèle à lui-même, reprenait des forces en dévorant son assiette double ration, son loup éliminant les dernières toxines à une vitesse impressionnante. À ses côtés, Liam consultait nerveusement ses notes de patrouille sur sa tablette, tandis que Hank, assis un peu plus loin, restait discret mais attentif.Et puis, il y avait Charly. Assis en bout de table, sa main droite n'avait pas quitté le creux de mon dos de tout le repas. Une présence brûlante, rassurante, qui me rappelait à chaque seconde le baiser du crépuscule et sa promesse silencieuse de me laisser le temps.Mais le temps était une denrée que nous n'avions plus. L'escouade d'élite était prête. Les soldats attendaient des ordres.Alors que le dîner touchait à sa fin, je posai mes couverts. Le léger tintement attira immédiatement l'attention des mâles
CharlyTrois jours. Trois jours terrestres qui me parurent durer un siècle d'angoisse et de frustration.Depuis notre retour chaotique des terres neutres, le manoir d'OldMoon s'était transformé en une véritable caserne militaire. Suivant mes ordres, Liam avait triplé les patrouilles aux frontières et mis l'accent sur la surveillance des réseaux souterrains. De mon côté, je passais mes journées entre les rapports de sécurité et les visites à l'infirmerie. La vue de Benny, mon Gamma, cloué au lit par le poison des renégats, me rendait fou de rage. Son loup luttait vaillamment, mais Véra avait été catégorique : il lui fallait trois jours de repos absolu avant de pouvoir prétendre reprendre les armes. Trois jours durant lesquels mon frère Caleb restait entre les mains des traîtres, quelque part dans une zone que nous ne pouvions pas situer tant que ce foutu parchemin refusait de s'ouvrir.Heureusement, dans cette obscurité ambiante, une lumière persistait. Le baiser de Zoéline au crépuscu
ZoélineLe silence de ma chambre me paraissait presque oppressant après l'effervescence de notre retour à la meute. Assise sur le bord de mon lit, je fixais mes mains, mes doigts qui tremblaient encore légèrement. Pas de peur, non. De frustration.Je repensais à l'expression de Charly dans le bureau lorsqu'il avait compris ce que cachait la « serrure de sang ». J'avais vu l'espoir s'allumer dans ses yeux sombres, immédiatement balayé par un mur de culpabilité et de détresse. De même, ma louve de fer, si puissant, si protecteur, s'était brisé en une fraction de seconde face à un choix impossible : me forcer à l'union totale pour sauver son frère, ou respecter mon rythme au risque de perdre toutes chances de sauver son frère et peut-être le perdre lui.Il avait choisi de me respecter. Sans une once d'hésitation. Malgré l'urgence, malgré la bête en lui qui hurlait sûrement de me revendiquer, il avait refusé de presser les choses. Ce respect infini me touchait au plus profond de l'âme, ma
CharlyLes derniers mots de Vivienne flottaient encore dans l'air lourd du sanctuaire, pareils à une sentence suspendue au-dessus de nos têtes. Une serrure de sang.La sorcière ferma brièvement les yeux, murmurant une incantation basse. Elle passa ses doigts fins au-dessus du parchemin de mon père. Sous l'effet de sa magie, les runes centrales s'agitèrent, se tordirent... mais au lieu de se traduire, elles se figèrent instantanément, teintées d'un éclat écarlate, presque iridescent. Le cœur du texte restait obstinément crypté, illisible. Une barrière magique invisible bloquait tout.Vivienne retira ses mains, un soupir s'échappant de ses lèvres.— Le texte refuse de se livrer, murmura-t-elle, son regard noir et profond se posant sur nous. Ce codex est scellé par un sortilège originel. Ce n'est pas une impasse, c'est une serrure de sang. Et tant qu'elle ne sera pas déverrouillée, l'emplacement de la relique et certainement de ton frère Caleb restera invisible à vos yeux.— Comment on l
ZoélineMon père hocha simplement la tête à Mme Bale en entrant dans la pièce et s'approcha immédiatement de moi pour me serrer dans ses bras. Je fondu en larmes de plus belle à son toucher rassurant. Mais j'étais pleinement consciente que je le mettais dans une situation compliquée, face au reste
ZoélineAprès quelques jours passé à la maison à m’inquiété de mon avenir, pleurer, prier la Déesse de la Lune et être réconforter par mes proches, Papa m’a fortement suggéré que reprendre ma vie m’aiderais a passé ce moment difficile.En d’autres termes, dès lundi je devais retourner au lycée. Il
Zoéline Comme le veut la tradition dans la meute du clair de Lune. La veille de notre 16e anniversaire. Nous devons nous purifier à travers une cérémonie, une sorte de bain de minuit qui nous purifierait pour notre première transformation en loup. Comme chaque loups garous, Depuis. Que je suis
ZoélineGardant la tête baissée, j’attendu une réaction de l’Alpha devant moi, mais rien. Je levai la tête pour l’observer : Il me fixait. Je ne saurais dire si c’était de la convoitise, de la curiosité ou s’il était prêt à ne faire qu’une bouchée de moi. Ce regard insistant me fit légèrement recul







