LOGINLa propriété Harrington s'étend devant nous. Majestueuse, avec ses allées bordées d'arbres centenaires, sa façade de pierre blanche qui scintille au soleil couchant.
— C'est grand, dit James.
— Tu dis toujours ça aussi.
— Je dis beaucoup de choses, apparemment.
Je souris, un vrai sourire.
— Tu parles beaucoup, oui.
— Ça te déplaît ?
Clara sourit.— Elle ne changera jamais.— Si. Elle changera. Quand elle aura compris que je suis le seul à pouvoir l'aider. Quand elle aura compris que je suis le seul à l'aimer vraiment.— Tu crois ?— Je sais.---CHAPITRE 57 — La rageAmeliaJames est dans son bureau.La porte est fermée. La lumière est tamisée. Il est assis devant son ordinateur, les doigts sur le clavier, le visage concentré.J'entre sans frapper.— James...Il lève la tête. Son visage se ferme.— Qu'est-ce qu'il y a ?— Nathaniel. Il m'a parlé.Il se lève. La chaise recule, heurte le mur. Ses mains sont des poings.— Qu'est-ce qu'il t'a dit ?— Il m'a dit qu'il pouvait faire libérer mon père. Que je devais être à lui. Que je
Nous nous serrons la main. Une alliance. Un pacte. Une promesse scellée dans la nuit, sous les étoiles, au bord de la mer.— À nous deux, murmuré-je.— À nous deux, répond Clara.AmeliaJe suis dans le salon, à lire, quand Clara entre.La lumière des bougies danse sur les murs. Le feu crépite dans la cheminée. L'odeur du bois brûlé emplit la pièce.— Tu veux boire un thé ? demandé-je.— Non. Je viens juste dire bonjour.— Tu as l'air fatiguée.— Je n'ai pas bien dormi. Je pense à Papa. À ce qu'il doit vivre en prison.— Moi aussi. Je pense à lui tout le temps.Elle s'assied à côté de moi sur le canapé. Elle est si proche que je sens la chaleur de son corps.— Eleanor es
NathanielElle est partie.Je reste seul dans mon fauteuil, à regarder la porte fermée, à écouter le silence. Le bruit de ses pas s'éloigne dans le couloir, s'efface, disparaît.Clara est une bonne alliée. Docile. Obéissante. Avide. Elle fait ce qu'on lui dit, elle va où on l'envoie, elle prend ce qu'on lui donne. Ses yeux brillent quand je lui offre des bijoux. Ses mains tremblent quand elle touche le velours des écrins. Sa bouche dit merci, mais ses yeux disent plus, plus, toujours plus.Mais elle commence à avoir peur.Je le vois dans ses yeux, dans ses mains qui tremblent, dans sa voix qui hésite quand elle parle de James. La peur qui monte, qui grandit, qui va bientôt tout submerger.Il faut que j'aille vite. Avant qu'elle ne craque. Avant qu'elle ne parle. Avant qu'elle ne trahisse.Je prends mon téléphone. Je com
ClaraJe suis dans la chambre de Nathaniel.La porte est fermée à double tour. Les rideaux de velours noir sont tirés, épais, immobiles, ne laissant passer aucun rai de lumière. L'air est lourd, chargé de son odeur — un mélange de cuir, de tabac froid, et de quelque chose de plus trouble, de plus sombre, de plus inquiétant. La lampe sur la table de nuit diffuse une lueur jaune, malade, qui dessine des ombres sur les murs, sur le visage de Nathaniel, sur mes mains qui tremblent.Il est assis dans son fauteuil, les doigts croisés sous le menton, les yeux fixés sur moi. Il ne dit rien. Il attend. Ses yeux sont deux trous noirs, deux puits sans fond, deux abîmes où je pourrais tomber et ne jamais remonter.Je lui raconte tout.La robe rouge , courte, moulante, presque transparente , celle que j'ai achetée avec son argent, celle qu'aucune femme de cette maison n'oserait porter. Le salon, la cheminée, le feu qui crépite. James assis sur le canapé, un verre de whisky à la main, les yeux perd
L'orgasme monte.Lent. Profond. Inévitable. Comme une vague qui approche, qui gonfle, qui va tout emporter.Je m'accroche à lui. Il me retient, me soutient, me possède.— Je te protégerai, murmure-t-il. Toujours. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il fasse. Je te protégerai.Quand je jouis, je crie.Son prénom, un cri étouffé dans son épaule.Il jouit en même temps, mon nom sur ses lèvres.Longtemps après, nous restons enlacés. Il caresse mes cheveux, mon dos, mes épaules. Ses doigts tracent des cercles sur ma peau, apaisants, rassurants.— Pourquoi tu pleures ? demande-t-il.Je ne savais pas que je pleurais. Mes joues sont mouillées. Mes larmes coulent sur mes tempes, dans mes cheveux, sur l'oreiller.— De joie, dis-je.Mensonge.Je pleure de peur. De culpabilité. D'
Mon cœur s'arrête.Un battement. Deux battements. Puis il repart, plus vite, plus fort, comme un cheval qui s'emballe, comme une locomotive qui déraille.— Pourquoi tu me demandes ça ?— Parce que je le vois. Parce que je le sens. Parce que je ne suis pas aveugle. Il te regarde comme s'il te voulait. Il te frôle comme s'il ne pouvait pas s'en empêcher. Il te parle comme si vous aviez un secret, comme si vous partagiez quelque chose que j'ignore. Alors je te demande, Amelia. Une fois. Une seule. Que te veut Nathaniel ?Je devrais lui dire la vérité.Je devrais tout avouer.Le mariage. L'usurpation. Les lettres. Les menaces. Les regards dans le noir. Les mains qui se posent sur mes épaules. Les mots chuchotés à mon oreille. « Tu es à moi. Tu seras toujours à moi. »Tout.Mais je ne peux pas.Parce qu
Je le regarde droit dans les yeux. Mes yeux sont clairs, calmes, sûrs.— C'est vous qui décidez. Vous pouvez inventer un nom. Un responsable fictif. Un employé, un sous-traitant, n'importe qui. Je veux juste qu'il croie que son accident n'en é
NathanielLe soleil se lève à peine sur la propriété quand je sors de ma chambre.La lumière est blanche, laiteuse, encore timide. Elle glisse sur les murs de pierre, caresse les vitraux du couloir, se pose sur les tableaux de famille
Je pleure. Des larmes silencieuses qu'il ne voit pas dans l'obscurité, mais qu'il sent sur sa peau quand elles tombent.— Pourquoi tu pleures ? demande-t-il.— De joie.Encore un mensonge. Le énième.Je pleure de peur. De culpabilit&eac
AmeliaNous dînons en amoureux. James a fait préparer un repas spécial. Bougies, musique, vue sur la mer. La table est dressée sur la terrasse, avec des fleurs, du cristal, de l'argenterie. Tout est parfait.Il est tendre. Attentionné. Parfait.







