تسجيل الدخولSa voix est ferme. Définitive. Comme une porte qui se ferme. Comme un mur qui se dresse.
Il tourne les talons. Il sort du salon sans se retourner.
Je reste là, immobile, le livre sur les genoux, le cœur battant, les mains moites. Mes doigts tremblent. Mes jambes sont molles. J'ai chaud. J'ai froid.
Il ne me regardera jamais comme il regarde Amelia. Je le sais déjà. Je le sens. Je le vois dans ses yeux quand il parle d'elle,
AmeliaLa police a emmené Nathaniel. Les derniers échos de ses sanglots résonnent encore dans la salle de bal dévastée, un fantôme de bruit qui refuse de mourir. Les agents en uniforme noir s'affairent, prennent des photos, tracent des marques au sol, échangent des mots graves à voix basse. Le protocole. L'enquête. La routine de l'horreur.Eleanor est partie vers l'hôpital dans une ambulance toutes sirènes hurlantes, une civière roulée à toute vitesse entre les tables renversées et les verres brisés. Les médecins étaient tendus, concentrés, ce masque impénétrable qu'ils portent quand la situation est grave mais qu'ils ne veulent pas l'avouer. La balle a touché l'épaule, pas le cœur. C'est ce qu'ils ont dit. Assez bas pour ne pas tuer sur le coup, assez haut pour frôler l'artère. Elle a perdu beaucoup de sang. Trop de sang.Et nous voilà, James et moi, debout au milieu des ruines de notre mariage. Ma robe de mariée est maculée de taches écarlates, le sang d'Eleanor qui a giclé quand el
Puis c'est son tour. Elle inspire profondément, et sa voix s'élève, claire, assurée, magnifique. — James. Quand je t'ai rencontré, je ne savais pas qui tu étais. J'avais peur de toi, peur de ce mariage arrangé, peur d'une vie sans amour. Mais tu m'as surprise. Tu m'as montré que derrière ton masque froid se cachait un homme capable de tout sacrifier pour ceux qu'il aime. Elle marque une pause, et je vois l'émotion trembler dans sa voix. — Tu m'as sauvée. Pas seulement dans ce chalet, pas seulement face à la folie. Tu m'as sauvée de la solitude, de la tristesse, du vide. Tu as donné un sens à ma vie. Aujourd'hui, je te promets d'être ta force quand tu seras faible, ta lumière quand tu seras dans l'ombre, ton sourire quand tu auras mal. Je te promets de marcher à tes côtés sur tous les chemins, même les plus sombres, même les plus difficiles. Je te promets d'être ta femme, pour le meilleur et pour le pire, pour la richesse et pour la pauvreté, pour la santé et pour la maladie, jusqu'
Son cri résonne dans la chapelle, plus fort que le fracas des portes tout à l'heure. Elle se plante devant moi, les poings serrés, les yeux flamboyants. — Non, James. Je refuse. Je refuse qu'il gâche encore notre bonheur. Je refuse de vivre dans la peur, de me cacher, de repousser ma vie à cause de lui. — Amelia, tu ne comprends pas. Il a tué deux hommes. Deux gardiens. Il est prêt à tout. — Alors qu'il vienne. Sa voix est d'un calme effrayant, une résolution d'acier trempé. Qu'il vienne, et qu'il nous trouve debout, devant l'autel, main dans la main. Qu'il voie de ses yeux que son amour est une maladie, une obsession stérile qui n'a jamais rien eu à voir avec le véritable amour. Je ne lui donnerai pas la satisfaction de nous faire peur. Je ne lui donnerai pas la victoire de nous voir reculer. — S'il te tue... — Il ne me tuera pas. Parce que nous serons protégés. Nous renforcerons la sécurité, oui. Nous prendrons toutes les précautions nécessaires. Mais nous nous marierons. Le j
Amelia La salle de réception est une merveille. Les lustres de cristal scintillent de mille feux, les parquets cirés brillent comme des miroirs, les dorures des moulures captent la lumière et la renvoient en éclats. C'est un lieu de conte de fées, un écrin digne d'un mariage princier. Et c'est ici, dans ce palais loué pour l'occasion, que James et moi célébrerons notre amour devant trois cents invités. — Alors ? demande James en me voyant bouche bée. Ça te plaît ? — C'est... c'est magnifique. Plus beau que tout ce que j'aurais pu imaginer. Il sourit, ce sourire rare et précieux qui transforme son visage sévère et le rend soudain accessible, presque enfantin. Depuis que nous avons fixé la date du mariage, il sourit plus souvent. Comme si un poids immense avait été soulevé de ses épaules, comme si la vie, enfin, lui accordait une trêve. — Viens, je vais te montrer le reste. Il me prend par la main et m'entraîne à travers les salons déserts, les couloirs majestueux, les jardins d'
Clara La carte de visite que James m'a jetée comme une aumône, je l'ai brûlée. Je l'ai regardée se consumer dans la flamme de mon briquet, et j'ai souri. Un sourire amer, tordu, un sourire de damnée. Personne ne me rejettera comme ça. Personne ne m'humiliera impunément. Ma propre sœur, ma petite sœur que j'ai élevée, protégée, aimée, m'a chassée de sa vie comme une malpropre. Pour un homme. Pour cet arrogant, ce froid calculateur qui l'a ensorcelée, qui lui a tourné la tête, qui l'a retournée contre moi. Ils vont se marier. La nouvelle fait la une des journaux people, les photos du couple rayonnant s'étalent partout. Amelia, resplendissante, au bras de son milliardaire. Amelia, souriante, épanouie, guérie. Et moi, où suis-je ? Dans une chambre d'hôtel minable, à compter mes derniers billets, à me demander comment je vais survivre. La haine est un alcool fort. Elle brûle, elle désaltère, elle enivre. Et dans mon ivresse, je prépare ma vengeance. C'est lui qui me contacte le premi
NathanielLa nouvelle est arrivée ce matin, apportée par un gardien bavard qui commentait le journal à haute voix dans le couloir. Un mariage. Le mariage Harrington. La date est fixée, les bans sont publiés, tout le gratin de Londres se prépare à célébrer l'union du puissant James Harrington et de sa ravissante fiancée Amelia.Mon frère et ma bien-aimée. Main dans la main. Devant l'autel. Devant Dieu.Le journal s'est froissé dans mes mains, et ma vision s'est brouillée de rouge. Un voile écarlate, pulsatile, qui bat au rythme de mon cœur. La rage est montée comme une lave, brûlante, dévastatrice, ravageant tout sur son passage. J'ai hurlé. Hurlé à m'en déchirer la gorge, à m'en briser les cordes vocales. J'ai cogné les murs de ma cellule à coups de poing, &agra
AmeliaL'aube se lève à peine sur la chambre d'hôpital quand j'ouvre les yeux. Mon dos me lance trois jours dans ce fauteuil, à refuser de partir, à refuser de dormir dans le lit qu'on m'avait proposé. Je voulais être là. Je devais être là.James dort encore.Ses traits sont détendus, apaisés. Il
NathanielJe suis dans l'ombre du couloir depuis le début.Quand Amélia est sortie de sa chambre, je l'ai suivie. Quand elle est entrée chez James, je me suis posté derrière la porte. Quand Eleanor est montée avec son thé, je me suis collé au mur, retenant mon souffle. Quand Gwendoline est apparue,
Eleanor La question me cloue sur place.— Parce que je vous connais, James. Depuis des années. Je suis votre fiancée. Je sais ce que vous aimez, ce que vous détestez, vos habitudes, vos manies...— Alors dites-moi, m'interrompt-il. Dites-moi quelque chose. Un souvenir. Pas une habitude. Un moment
JamesMa femme.Ce mot dans sa bouche.Elle est là, dans l'encadrement de la porte, et je ne la connais pas. Je ne me souviens pas d'elle. Je ne me souviens de rien. Mais mon corps, lui, réagit.Mon cœur s'accélère.Mes doigts se crispent sur le drap.Il y a quelque chose chez elle... quelque chose







