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Chapitre 3

Author: Meli
last update publish date: 2026-08-19 20:49:59

Chapitre 3

Deux jours s’étaient écoulés depuis le gala. Deux jours pendant lesquels Elara avait réussi à ne plus penser à Enzo De Luca. Enfin… presque. Chaque fois que son esprit ramenait malgré lui le souvenir de leurs échanges, elle s’efforçait de se convaincre qu’il ne s’agissait que d’une rencontre désagréable parmi tant d’autres. Un homme arrogant. Voilà tout. Elle n’avait aucune raison de lui accorder davantage d’importance. Installée à son bureau, elle relisait les notes d’un article lorsqu’un léger coup fut frappé contre la porte de son bureau.

– Entre.

Damiano Ricci passa la tête à l’intérieur avec son éternel sourire.

– Tu travailles encore ?

– C’est généralement ce qu’on fait dans un bureau.

– Tu pourrais essayer de sourire de temps en temps.

– Je souris.

– Une fois par trimestre.

Elle leva les yeux de son ordinateur.

– Tu es venu pour me critiquer ou tu avais une vraie raison ?

Damiano s’approcha.

– Le rédacteur en chef veut quelqu’un à la conférence de presse organisée cet après-midi par De Luca Holdings.

Elara se figea.

– Trouve quelqu’un d’autre.

– Pourquoi ?

– Parce que je suis déjà occupée.

Damiano regarda son écran.

– Tu réponds à tes mails.

– C’est très important.

– Tu mens très mal.

Elle soupira.

– Je n’ai simplement pas envie d’y aller.

– Le patron t’a choisie.

– Évidemment…

– Tu refuses ?

– Ai-je vraiment le choix ?

Damiano lui adressa un sourire compatissant.

– Aucun.

En début d’après-midi, Elara gara sa voiture devant l’immense siège de De Luca Holdings.

Une tour de verre qui dominait le quartier d’affaires de Milan.

Les employés entraient et sortaient d’un pas rapide, impeccablement habillés.

Elle leva les yeux jusqu’au sommet du bâtiment.

– Plus c’est grand… plus le propriétaire doit avoir un ego démesuré.

Elle attrapa son carnet de notes avant d’entrer.

Le hall était immense.

Le marbre blanc reflétait la lumière naturelle qui pénétrait par les immenses baies vitrées.

À peine avait-elle franchi les portiques qu’une jeune femme s’approcha.

– Bonjour, madame. Vous êtes attendue pour la conférence ?

– Oui.

– Veuillez me suivre.

Quelques minutes plus tard, Elara rejoignit une salle déjà remplie de journalistes.

Elle prit place au troisième rang.

Les conversations cessèrent brusquement lorsque les portes s’ouvrirent.

Enzo De Luca entra.

Toujours ce même costume sombre.

Toujours cette démarche calme.

Toujours cette impression que tout le monde retenait son souffle lorsqu’il apparaissait.

Il salua brièvement l’assemblée avant de prendre place derrière le pupitre.

Son regard parcourut la salle.

Une fraction de seconde.

Puis il s’arrêta.

Sur elle.

Elara soutint son regard sans la moindre hésitation.

Avant de détourner les yeux comme si cela n’avait aucune importance.

La conférence débuta.

Enzo présenta un nouveau projet immobilier destiné à revitaliser un ancien quartier industriel.

Sa voix était posée.

Claire.

Il répondait aux questions avec une précision remarquable.

Même Elara dut reconnaître qu’il maîtrisait parfaitement son sujet.

Après près d’une heure, la conférence prit fin.

Les journalistes se levèrent aussitôt pour tenter d’obtenir quelques déclarations supplémentaires.

Elara referma son carnet.

Elle allait partir lorsqu’une voix familière s’éleva derrière elle.

– Mademoiselle Vieri.

Elle ferma lentement les yeux.

Puis se retourna.

Enzo se tenait à quelques pas d’elle.

Les autres journalistes ralentirent discrètement.

Personne ne semblait vouloir manquer cette scène.

– Monsieur De Luca.

– Je vois que vous avez finalement accepté de revenir sur mon territoire.

– Je ne savais pas que Milan vous appartenait.

Un léger éclat passa dans ses yeux.

– Seulement une partie.

– Quelle modestie.

Il croisa les bras.

– Votre article sera objectif ?

– Pourquoi ne le serait-il pas ?

– Certains journalistes laissent leurs opinions personnelles influencer leur plume.

– Rassurez-vous, je fais la différence entre mon travail… et les hommes agaçants.

Le coin de ses lèvres tressaillit.

– Je suppose que je fais partie de la deuxième catégorie.

– Vous progressez vite.

Autour d’eux, quelques journalistes échangèrent des regards amusés.

Personne n’avait jamais entendu quelqu’un parler ainsi à Enzo De Luca.

Et encore moins en public.

Enzo fit un pas dans sa direction.

– Vous semblez avoir un véritable talent pour me provoquer.

– Vous semblez avoir un véritable talent pour croire que tout tourne autour de vous.

Un silence tomba.

Leurs regards se croisèrent de nouveau.

Cette étrange tension était toujours là.

Invisible.

Mais palpable.

Ni l’un ni l’autre ne semblait prêt à reculer.

Finalement, Enzo brisa le silence.

– J’espère que vous avez trouvé la conférence intéressante.

– Plus que notre première conversation.

– Voilà un compliment inattendu.

– N’en profitez pas.

Elle contourna Enzo et reprit sa marche vers la sortie.

À peine avait-elle parcouru quelques mètres qu’une jeune femme, absorbée par son téléphone, la heurta de plein fouet.

Le dossier qu’Elara tenait dans les mains glissa au sol.

Des feuilles se dispersèrent dans tout le hall.

– Oh, je suis désolée !

– Ce n’est rien…

Elara s’agenouilla immédiatement pour les ramasser.

Une seconde main attrapa en même temps la première feuille.

Elle releva la tête.

Enzo.

Leurs doigts s’étaient frôlés.

À peine.

Mais ce contact, aussi bref fût-il, sembla suspendre le temps pendant un instant.

Elara retira aussitôt sa main.

– Merci.

– Ce n’est rien.

Il lui tendit les dernières feuilles.

Leurs regards se rencontrèrent une nouvelle fois.

– Vous devriez être plus attentive.

Elle récupéra son dossier.

– C’est amusant… j’allais vous dire exactement la même chose.

Elle lui adressa un sourire provocateur avant de tourner les talons.

Enzo resta immobile à la regarder s’éloigner.

Nico, qui avait assisté à toute la scène depuis l’autre bout du hall, s’approcha discrètement.

– Tu sais…

Enzo ne répondit pas.

– Elle est vraiment différente des autres.

Le regard d’Enzo demeura fixé sur les portes automatiques qui venaient de se refermer derrière Elara.

– Oui…

Sa voix était presque inaudible.

– C’est bien ce qui m’inquiète.

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