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Chapitre 4

Author: Meli
last update publish date: 2026-08-19 20:51:16

Chapitre 4 

Le lendemain matin, les locaux du journal étaient déjà animés lorsque Elara franchit les portes de la rédaction, un café à la main. Les journalistes allaient et venaient entre les bureaux, des téléphones sonnaient sans interruption et les claviers créaient un brouhaha familier. Elle s’installa devant son ordinateur, déterminée à terminer l’article consacré à la conférence de De Luca Holdings. Ses doigts glissèrent rapidement sur le clavier. Elle décrivit les nouveaux investissements du groupe, les ambitions du projet et les réactions des investisseurs. Pas une seule fois elle ne mentionna leur échange. Ce n’était pas une information. C’était une distraction.

Une distraction qu’elle refusait de laisser entrer dans son travail.

– Alors ?

Damiano posa une tasse de café sur son bureau.

– Alors quoi ?

– Tu as survécu à Enzo De Luca.

– Avec beaucoup de courage.

Il sourit.

– Il t’a encore agacée ?

– Il respire, c’est déjà suffisant.

Damiano éclata de rire.

– Tu sais que beaucoup de femmes rêveraient qu’il leur adresse la parole.

– Elles peuvent prendre ma place.

– Tu n’es pas convaincante.

– Je ne cherche pas à l’être.

Damiano observa son écran.

– Tu n’as écrit que des faits.

– C’est le principe d’un article.

– Aucun commentaire sur le patron.

– Parce qu’il ne m’intéresse pas.

– Bien sûr…

Elara leva les yeux vers lui.

– Tu veux vraiment tester ma patience aujourd’hui ?

– J’arrête.

Il s’éloigna en riant.

Quelques minutes plus tard, le rédacteur en chef sortit de son bureau.

– Elara !

– Oui ?

– Excellent article.

– Merci.

– De Luca Holdings vient d’appeler.

Elle fronça les sourcils.

– Pourquoi ?

– Ils souhaitent remercier la rédaction pour la couverture médiatique du projet.

– C’est tout ?

– Ils organisent une visite privée du chantier demain matin. Quelques journalistes seulement ont été invités.

Un mauvais pressentiment traversa Elara.

– Laisse-moi deviner… je fais partie des invités.

– Exactement.

Elle se laissa tomber contre le dossier de sa chaise.

– Quelle merveilleuse nouvelle…

Au même moment, au dernier étage de la tour De Luca Holdings, Enzo terminait une réunion avec plusieurs investisseurs.

Les derniers participants quittèrent la salle en silence.

Nico referma la porte derrière eux.

– Tu as lu l’article de Mademoiselle Vieri ?

Enzo acquiesça.

– Oui.

– Elle aurait pu te démolir.

– Elle ne l’a pas fait.

– Pourquoi, à ton avis ?

Enzo posa le journal sur la table.

– Parce qu’elle fait correctement son travail.

– Ou parce qu’elle commence à t’apprécier.

Le regard gris d’Enzo se leva lentement.

– Continue.

– Non, merci. J’aime beaucoup être en vie.

Enzo secoua légèrement la tête.

– Les journalistes invités pour demain sont confirmés ?

– Oui.

– Y compris Elara Vieri.

– Tu connais maintenant son nom par cœur.

– C’est un dossier parmi d’autres.

Nico esquissa un sourire amusé.

– Évidemment.

Le lendemain, le chantier bourdonnait d’activité.

Les grues dominaient le ciel tandis que les ouvriers circulaient entre les structures encore inachevées.

Les journalistes reçurent chacun un casque de sécurité et un gilet fluorescent.

Elara enfila le sien avec une légère grimace.

– Le jaune ne me va vraiment pas.

– Vous êtes difficile.

Elle se retourna.

Enzo venait d’apparaître derrière elle.

Toujours impeccable.

Même avec un casque de chantier.

– Vous me suivez maintenant ?

– C’est plutôt vous qui êtes revenue.

– Je commence à croire que vous choisissez les endroits où je travaille.

– J’étais ici avant vous.

– Techniquement, oui.

Elle croisa les bras.

– Vous avez réponse à tout ?

– Presque.

– Ça devient lassant.

– Pourtant, vous continuez à me répondre.

Elara resta silencieuse une seconde.

Il n’avait pas tort.

Et cela l’agaçait encore davantage.

Le groupe commença la visite.

Enzo expliquait chaque étape du projet avec assurance.

Il connaissait les plans par cœur, le nom des ingénieurs, les délais de livraison, jusqu’au moindre détail.

Malgré elle, Elara était impressionnée.

Cet homme ne se contentait pas de signer des contrats.

Il maîtrisait réellement son entreprise.

Alors qu’ils traversaient une plateforme métallique, un bruit sourd retentit.

Un ouvrier cria brusquement.

– Attention !

Une lourde caisse, mal fixée à une grue, bascula dangereusement.

Les journalistes reculèrent dans la panique.

Sans réfléchir, Enzo attrapa Elara par le bras et la tira vivement contre lui.

La caisse s’écrasa au sol à l’endroit précis où elle se trouvait une seconde plus tôt.

Un nuage de poussière s’éleva.

Le silence tomba.

Elara sentit son cœur battre à toute vitesse.

Elle réalisa seulement maintenant qu’elle était collée contre Enzo.

Sa main entourait toujours son bras.

Leurs visages n’étaient séparés que de quelques centimètres.

Le temps sembla suspendu.

– Vous allez bien ?

Sa voix était calme.

Étonnamment douce.

Elara releva les yeux vers lui.

Pour la première fois depuis leur rencontre, elle n’y lut ni arrogance, ni provocation.

Seulement une inquiétude sincère.

Elle reprit rapidement ses esprits et recula d’un pas.

– Oui… merci.

Enzo relâcha lentement son bras.

– Vous devriez regarder devant vous.

Elle retrouva aussitôt son sourire provocateur.

– Et vous devriez arrêter de croire que vous êtes un héros.

Un léger sourire apparut enfin sur les lèvres d’Enzo.

Un vrai.

Bref.

Mais suffisamment visible pour surprendre Nico, qui observait la scène un peu plus loin. Il n’avait pas vu son ami sourire de cette façon depuis des années. Et ce qui l’inquiéta encore davantage, ce fut le sourire qu’Elara essaya aussitôt de dissimuler avant de reprendre sa marche comme si rien ne s’était passé. Pourtant, tous les deux venaient de comprendre une chose. Se provoquer devenait beaucoup trop facile.

Et s’éloigner l’un de l’autre… beaucoup plus difficile.

A SUIVRE..... 

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