LOGIN
Chapitre 1
Je regardais les enfants courir dans le champ, criant et riant tout en lançant la glace qu’ils tenaient dans leurs cornets autour du parc.
« Faites attention ! » criai-je lorsqu’un d’eux tomba au sol. Un cri amer s’échappa de ses lèvres et je me précipitai vers elle, la prenant dans mes bras.
« Je t’ai dit de ne pas courir partout, n’est-ce pas ? » la grondai-je d’une voix douce en frottant sa jambe, le cœur serré devant l’égratignure sur son genou.
La petite Betty pleurait doucement, trempant ma chemise de ses larmes.
Je fis une pause et regardai David, son frère aîné, avant de hocher la tête vers lui.
« Allez, on y va, » dis-je avec un sourire forcé pour le rassurer.
Il laissa tomber le cornet qu’il tenait et se précipita vers moi, attrapant ma main.
Je les installai du côté passager, caressant la joue de Betty du pouce tandis qu’elle me regardait, les yeux remplis de larmes.
« Ne t’inquiète pas, ma chérie, ta blessure va vite guérir, d’accord ? » murmurai-je en embrassant son front avant de m’installer au volant.
Je mis le contact et fis marche arrière, prenant la route vers la villa où nous vivions.
Je ne pouvais m’empêcher de jeter des coups d’œil au visage bouffi de Betty dans le rétroviseur en conduisant le long de la rue silencieuse du lotissement.
« Papa rentre ce soir, n’est-ce pas, maman ? » demanda David d’une voix joyeuse, et je serrai un peu plus fort le volant.
« Bien sûr qu’il rentrera ce soir, » répondis-je en ajoutant un petit rire nerveux à la fin de ma phrase.
J’avais rencontré Jaden il y a quelques années lors d’une cérémonie de remise de prix. Son regard écarquillé et ses yeux gris étincelants m’avaient complètement bouleversée dès que nos regards s’étaient croisés dans cette salle bondée remplie d’élites du monde des affaires, de rivaux, et surtout de ma famille et de l’homme auquel j’étais fiancée.
Ce fut une véritable guerre avec ma famille lorsque je fis savoir que je voulais être avec lui. Ils s’y étaient opposés, menaçant de me renier si j’osais ruiner les fiançailles arrangées avec le PDG d’une entreprise presque en faillite.
J’étais amoureuse, tellement amoureuse que même les menaces de mon père n’avaient pas pu m’arrêter. J’ai rejeté le luxe, l’héritage et une vie de confort pour choisir Jaden, sans me soucier du fait qu’il ait deux enfants et qu’il soit divorcé.
Ma gorge se serra à la pensée de Jaden. Il se comportait étrangement ces derniers jours et rentrait rarement à la maison. Je comprenais que c’était la pression du travail qui pesait sur lui. L’entreprise avait grimpé jusqu’à devenir l’une des trois premières du pays, ce qui n’avait fait qu’attirer plus de concurrence et d’attentes du public.
Chaque jour, je souhaitais pouvoir l’aider à gérer la société, mais il voulait seulement que je reste à la maison pour m’occuper des enfants.
Un soulagement me traversa lorsque je garai la voiture dans le garage de la villa. Je sortis rapidement et me précipitai vers Betty.
« Allez, viens, » murmurai-je en la portant avant de marcher vers la maison, David trottinant à mes côtés, riant d’un oiseau qui ne cessait de frapper du bec contre les vitres donnant sur le jardin.
« Regarde, maman, il se bat contre lui-même ! » dit David en pointant le doigt vers l’oiseau affolé.
« C’est stupide, n’est-ce pas ? » dis-je.
« Hmm, tellement stupide, » marmonna-t-il.
Nous entrâmes dans la maison et fûmes accueillis par les domestiques.
« Apportez la trousse de premiers secours, » dis-je à l’une d’elles, puis déposai Betty sur le canapé, lui murmurant des mots de réconfort tandis qu’elle gémissait de douleur.
La servante revint bientôt, suivie de la gouvernante.
Je me levai et m’approchai d’elle, les sourcils froncés en question.
« Tout va bien avec lui ? » demandai-je à Mme Rosalia, notre gouvernante.
La femme jeta un regard par-dessus mon épaule en direction de Betty, l’inquiétude brillant dans ses yeux.
Betty nous observait, son attention détournée de la domestique qui désinfectait sa blessure.
Je tirai la gouvernante vers la cuisine, soupçonnant qu’il s’agissait de quelque chose de grave.
« Le maître ne rentrera pas ce soir. Il a une affaire importante à régler, » dit-elle, et mon cœur se serra aussitôt.
« Mais… » J’étais confuse, incapable de comprendre ce qu’elle voulait dire.
Demain serait notre anniversaire de mariage, et il m’avait promis au téléphone de rentrer aujourd’hui pour préparer la fête de demain.
« Souhaitez-vous toujours maintenir la fête ? Dois-je envoyer les invitations ? » demanda-t-elle. Je soupirai et secouai la tête.
« Non, ne les envoie pas. Ça n’en vaut pas la peine, » murmurai-je.
« Papa ne rentre pas ? » Une voix retentit derrière moi et je me retournai brusquement, le cœur serré.
« David ? » soufflai-je, l’horreur dans la voix.
Il fit un pas en arrière, la colère assombrissant ses petits yeux gris innocents.
« Laisse-moi t’expliquer, d’accord ? » murmurai-je en avançant lentement vers lui, la main tendue pour le toucher, mais il recula, me fusillant du regard.
« C’est de ta faute ! Je te déteste ! » cria-t-il avant de s’enfuir de la cuisine à toute allure.
« Oh Seigneur… » gémis-je, me précipitant derrière lui, mais les pleurs de Betty m’arrêtèrent.
Je me retournai, la poitrine serrée, et croisai son regard humide.
Elle me fixait, les yeux pleins de larmes, la main tendue vers moi.
« Maman, » appela-t-elle en éclatant en sanglots.
Je regardai la porte par laquelle David venait de disparaître et soupirai longuement avant de m’approcher de Betty.
« Hé, mon ange, ne pleure pas, je suis là, d’accord ? » chuchotai-je en caressant ses cheveux pendant un long moment, espérant que Jaden franchirait la porte avec un sourire et les bras ouverts pour serrer Betty contre lui.
J’embrassai son front et me redressai, réalisant que ce n’était qu’une illusion. Une pensée qui ne se réaliserait pas à cet instant.
« Maman va t’emmener— »
« Madame ! Venez vite ! David est en danger ! »
Une domestique hurla.
Mon cœur chavira et je me levai d’un bond, courant vers la servante tremblante, les yeux écarquillés par la panique.
Elle attrapa mon poignet et me tira hors de la maison vers la piscine.
Mon sang se glaça lorsque j’approchai et vis les domestiques attroupées autour d’un corps étendu près de l’eau.
« David ? » soufflai-je d’une voix brisée, les larmes montant à mes yeux.
Mon cœur se fracassa en mille morceaux lorsque je repoussai les domestiques et découvris le petit David allongé au sol, trempé et sans respiration.
« Est-il mort ? » murmura l’une d’elles, et ma poitrine se serra davantage.
« N… non ! » hurlai-je en tombant à genoux près de David. Je le pris dans mes bras, voulant prouver qu’elles se trompaient, mais mon mon
de s’effondra quand je compris que son corps était déjà froid.
Chapitre 12 : Le Sang contre la FiertéPoint de vue d’EthanMa sœur ressemblait à une étrangère.Debout dans cet obscène penthouse, vêtue d’une robe qui coûtait probablement plus cher que ma voiture, les taches de champagne assombrissant la soie noire, Melanie ne ressemblait en rien à la femme avec laquelle j’avais grandi. La sœur qui tressait des fleurs sauvages dans ses cheveux dans notre domaine de campagne. Celle qui riait de mes blagues stupides. Celle qui me tenait dans ses bras lorsque les disputes entre Maman et Papa devenaient trop violentes.Cette femme avait des angles tranchants. Des yeux froids. Une colonne vertébrale faite d’acier au lieu du cœur doux dont je me souvenais.« Je ne rentre pas à la maison, Ethan. »Ces mots me frappèrent comme un coup physique. J’avais conduit pendant trois heures dès que notre détective privé avait localisé le signal de son téléphone dans cet immeuble. Trois heures à répéter ce que j’allais dire, comment j’allais la convaincre de laisser
Chapitre 11 : Les Fantômes du PasséPOV de MelanieLa porte du penthouse se referma derrière nous dans un déclic, me coupant du monde. Du gala. Des yeux désespérés de Jaden. De tout. Je fis trois pas dans le salon avant que mes jambes ne cèdent.Le sanglot jaillit de ma gorge comme quelque chose de physique, de violent. Je m’effondrai sur le sol en marbre, les mains pressées contre la pierre froide, cette robe ruinée et imbibée de champagne s’étalant autour de moi.« Je ne peux pas... » Les mots sortirent brisés. « Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas... »Toute la force que j’avais forcée dans ma colonne vertébrale au gala, tout le sang-froid que j’avais porté comme une armure, se brisèrent en éclats. Cinq années de ma vie. Disparues. Mes enfants, ma maison, mon identité. Tout ce que j’avais construit, tout ce que j’avais sacrifié, pour quoi ? Pour finir sur le sol du penthouse d’un inconnu, prétendant être forte alors que je me sentais mourir intérieurement.J’entendis des pas. D
Chapitre 10 : Fissures dans les FondationsPOV de JadenLe champagne dans mon verre était devenu tiède, mais je ne pouvais pas m’empêcher de le serrer. De l’autre côté de la salle de bal, Melanie, ma Melanie... se tenait dans une robe qui me donnait la bouche sèche, riant à quelque chose que Damien Cross lui murmurait à l’oreille.Damien putain de Cross.L’homme qui pouvait m’acheter et me revendre dix fois. L’homme dont la réputation de cruauté faisait pleurer les investisseurs aguerris. Et il avait la main posée sur la taille de ma femme, mon ex-femme, comme s’il la possédait. Peut-être que c’était le cas maintenant.« Jaden, chéri, tu la fixes. » La voix d’Erica me tira de mes pensées. Elle apparut à mon coude, empestant le champagne et le désespoir. « Ce n’est pas très élégant. »« Qu’est-ce qu’elle fait ici ? » Je ne pouvais pas détacher mes yeux d’elle. Melanie avait changé. Ses cheveux étaient plus courts, plus audacieux. Cette robe n’avait rien à voir avec les vêtements modest
Chapitre 9 : Le Contrat du DiablePOV de MelanieLe penthouse était indécent. Des fenêtres allant du sol au plafond donnant sur toute la ville. Les sols en marbre étaient si polis que je pouvais y voir mon reflet. Une cuisine équipée d’appareils dont je ne savais même pas me servir. Trois chambres, quatre salles de bains et une terrasse avec une vue qui coûtait probablement plus cher par mois que ce que la plupart des gens gagnaient en un an.« C’est trop », dis-je en me tournant vers Damien. Il se tenait près de l’entrée, consultant son téléphone avec cette même expression froide et maîtrisée qu’il arborait toujours.« C’est à moi. Tu ne me coûtes rien. » Il ne leva pas les yeux de son écran. « L’immeuble est sécurisé, il y a un parking souterrain, et personne ne pensera à te chercher ici. C’est pratique. »Pratique. Bien sûr. Parce que les femmes sans domicile emménageaient régulièrement dans des penthouses dignes des magazines d’architecture.« Il y a des vêtements dans la chambre
Chapitre 8 : La Reine du ChâteauPOV d’EricaJe m’étendis sur le lit king-size, les draps de soie frais contre ma peau. Ce lit. Cette chambre. Cette vie. Enfin, après trois longues années de lutte, après avoir regardé depuis les coulisses cette personne insignifiante vivre mon rêve, tout était de nouveau à moi.Je me retournai, enfouissant mon visage dans l’oreiller qui sentait encore légèrement le parfum coûteux. Le parfum de Melanie. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Plus maintenant, ma chère. C’est mon royaume, désormais.La lumière du soleil traversait les fenêtres allant du sol au plafond. J’avais oublié à quel point les matins étaient magnifiques dans cette villa, la façon dont la lumière se reflétait sur le lustre en cristal, projetant des arcs-en-ciel sur les murs couleur crème. Cette chambre avait d’abord été la mienne. Ma maison. Cette petite croqueuse de diamants n’avait fait que la garder au chaud pour moi.Je sortis du lit, marchant pieds nus sur la moquette moelleuse
Chapitre 7 : L'étranger de la chambre 1408Point de vue de MelanieL'hôtel Rosewood se dressait au-dessus de moi comme une forteresse de verre et d'acier, ses lumières dorées se reflétant dans les rues luisantes de pluie. Je restais de l'autre côté de la route, trempée jusqu'aux os, serrant l'enveloppe d'argent liquide et le téléphone jetable comme s'ils étaient des bouées de sauvetage. Peut-être l'étaient-ils.Un portier en uniforme impeccable ouvrit les portes de laiton pour un couple en tenue de soirée. Ils entrèrent d'un pas élégant sans jeter un regard à la femme trempée sur le trottoir d'en face. Je baissai les yeux sur moi-même : ma blouse de créateur collée à la peau, le mascara qui avait coulé sur les joues, les cheveux plaqués contre le visage. J'avais exactement l'air de ce que j'étais : une femme qui avait tout perdu.Pourtant, j'étais toujours debout. Je traversai la rue, chaque pas mesuré. Les yeux du portier s'écarquillèrent légèrement à mon approche, mais des années d'
Ma respiration se coupa tandis que je fixais la femme à la peau dorée, brune et grande, devant moi.J’avalai difficilement ma salive et baissai la tête, me sentant intimidée par sa présence.Je l’avais vue d’innombrables fois à l’écran, pourtant Jaden avait refusé de me dire qu’elle était son ex-fe
Une larme coula de mes yeux tandis que je fixais le visage pâle de David.Ses lèvres étaient gercées et sèches, et son corps n’était pas différent de celui d’un fantôme.Peut-être que si j’avais été un peu plus prudente, si j’avais laissé Betty dans les bras de la domestique et que j’étais allée ch
Chapitre 6 : La victoire a un goût amerPoint de vue de JadenLes bulles du champagne me chatouillaient la gorge tandis que je levais mon verre, observant le liquide doré scintiller sous la lumière du lustre. La victoire n’avait jamais eu un goût aussi doux. Du moins, c’est ce que je me disais.« À
Je rampai jusqu’à la porte, incapable de retenir les larmes qui coulaient de mes yeux.La poignée était dure sous mes doigts lorsque je la tournai pour l’ouvrir.L’encre sur les papiers du divorce était encore fraîche quand les gardes du corps de Jaden m’agrippèrent les bras.Leur prise était ferme







