MasukElle ne bougea pas.
Pas par bravoure, pas par calcul immédiat. Par réflexe d'abord, ce réflexe qu'elle avait développé depuis des mois : ne jamais laisser voir qu'on a peur, ne jamais donner à l'adversaire la satisfaction du mouvement précipité. Elle resta près de la fenêtre, son verre
Elara attendit trois jours avant d'en parler à Darius.Trois jours pendant lesquels elle avait retourné la question dans tous les sens, pesant le poids de cette information contre le danger de l'impliquer dans quelque chose qui touchait peut-être à des forces bien plus anciennes et bien plus dangereuses que Marcus. Mais elle avait fini par comprendre que le silence, dans ce cas précis, ne la protégeait pas, elle, ni lui.Elle lui raconta tout un soir, dans l'appartement des hauteurs, la photographie, l'inscription au dos, R.M., les menaces que son père avait reçues avant sa mort, le doute qu'Auguste avait toujours gardé sur la version officielle de cet accident.
Delacroix arriva au manoir à neuf heures précises, comme il le faisait toujours, avec cette ponctualité qui trahissait un homme habitué à respecter scrupuleusement ses engagements.Hortense le fit entrer dans le bureau d'Auguste où Elara l'attendait déjà, son café refroidissant devant elle, ayant à peine touché à son petit-déjeuner tant l'attente de cette conversation l'avait tenue éveillée une partie de la nuit.« Merci d'être venu, » dit-elle en le voyant entrer, refermant la porte derrière lui avec un soin particulier.« Je vous dois cette conversation depuis
Elara resta un long moment dans la bibliothèque, le carnet ouvert sur ses genoux, cette page manquante fixant un vide qu'elle ne parvenait pas à combler.Elle feuilleta le reste du carnet méthodiquement, cherchant d'autres mentions de Sarkand, de son père, de cette rupture mystérieuse. Elle trouva quelques passages qui parlaient de Julien avec une tendresse évidente, des souvenirs de conversations, de projets communs pour l'avenir du groupe. Mais rien qui n'expliquait directement ce qui s'était passé avec cette compagnie pétrolière.Elle referma le carnet et prit son téléphone.« Delacroix. J'ai besoin de vo
Ce fut un message de l'enquêteur privé qu'elle avait mandaté des semaines plus tôt, avant même Stelvane, qui la ramena à cette question qu'elle avait laissée de côté trop longtemps.J'ai du nouveau sur Ferrante. Pouvez-vous m'appeler ?Elara composa le numéro depuis son bureau du manoir, un après-midi calme où elle avait enfin un peu de temps pour respirer entre deux dossiers. Le parc s'étendait derrière la fenêtre, les cèdres immobiles dans l'air froid de février, et elle sentit cette tension familière remonter en elle avant même que l'enquêteur ne réponde.
Darius, resté silencieux jusque-là, s'avança légèrement, cette froideur stratégique qu'Elara avait entendue plus tôt dans la journée refaisant surface, mais canalisée cette fois vers autre chose.« Ça ne suffira pas, » dit-il.Elara se tourna vers lui. « Comment ça ? »« Une plainte basée uniquement sur le témoignage de Maëva contre Marcus Vane, » expliqua-t-il, sa voix redevenue posée et analytique. « C'est votre parole contre la sienne, Maëva. Et Marcus a des avocats, des relations, une réputation construite sur des décennies. Sans pr
Le trajet jusqu'à l'appartement de Maëva prit une vingtaine de minutes, la nuit tombant déjà sur Val-de-Mont quand ils quittèrent le quartier des hauteurs.Darius conduisait, insistant malgré les protestations d'Elara qui trouvait qu'il n'était pas encore en état de tenir un volant sur une distance pareille. C'était l'adresse habituelle de Maëva, celle-là même que la responsable des ressources humaines n'avait pas su retrouver dans les dossiers manipulés, mais que Delacroix avait fini par obtenir par d'autres voies, plus discrètes.Ils trouvèrent l'immeuble sans difficulté, ce même bâtiment ordinaire dans un quartier résidentiel tranquille o&ugra







