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chapitre 4 la Réplique

Penulis: Zas
last update Tanggal publikasi: 2026-08-25 15:26:43

Chapitre 3 : La Réplique

D’un geste violent, j’ai arraché mon poignet de sa prise. La chaleur de sa main est restée imprimée sur ma peau comme une brûlure, me faisant monter une bouffée de chaleur à la tête.

« Ne me touche plus jamais ! » ai-je craché, la voix tremblante de rage mais tentant de garder une contenance.

Félix n’a pas bougé d'un millimètre. Son regard est resté braqué sur moi, calme, souverain, sans la moindre trace d'énervement. C'était précisément cette impassibilité qui me rendait folle. Sans ajouter un mot, je lui ai tourné le dos, j'ai attrapé mon sac à main et je suis remontée à toute vitesse dans ma chambre. J'ai verrouillé la porte à double tour, le cœur battant à la tempête. Une fois à l'abri, j'ai jeté mes affaires au sol avant de m'effondrer sur mon lit, les poings serrés contre mes tempes. Il pensait pouvoir poser ses règles sous mon toit ? Il allait vite comprendre à qui il avait affaire.

Le lendemain matin, je suis descendue avec la ferme intention de l'ignorer royalement, préparée à faire comme s'il n'existait tout simplement pas. Mais en arrivant dans le grand hall d'entrée, sac à l'épaule, le chauffeur habituel, Alain, n'était pas là à m'attendre avec les clés.

À sa place, Félix était assis dans le petit salon adjacent, un ordinateur portable posé sur ses genoux et une tasse d'espressos à la main. Il a levé les yeux vers moi au moment où je m'approchais de la grande porte.

« Tu cherches Alain ? » a-t-il demandé d'un ton parfaitement neutre.

« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » ai-je répliqué en fronçant les sourcils.

« Rien du tout. Je lui ai simplement donné sa journée », a répondu Félix en prenant une gorgée de son café. « À partir d'aujourd'hui, le chauffeur familial n'est plus à ton service pour tes déplacements personnels ou universitaires. C'était ta première punition pour ton insolence d'hier soir. »

J'ai manqué d'étouffer d'indignation. C'était ça, sa grande stratégie ? Me priver de voiture ? Si cet homme pensait vraiment qu'un petit détail pareil allait m'arrêter ou me faire plier les genoux, c'est qu'il était encore plus idiot que je ne le pensais.

« Tu te crois vraiment intelligent, Félix ? » ai-je dit avec un sourire méprissant en sortant mon téléphone de ma poche. « On n'est plus au Moyen Âge. »

Sous ses yeux, sans même chercher à masquer mon geste, j'ai ouvert une application sur mon écran et j'ai commandé un taxi en deux clics. Cinq minutes plus tard, un véhicule noir s'arrêtait devant le portail principal. J'ai jeté un dernier regard provocateur à Félix, qui n'a même pas cillé, puis je suis montée à l'arrière du taxi, direction l'université.

La journée de cours s'est déroulée dans un brouillard d'agitation et de rancœur. En amphithéâtre, je n'arrivais pas à me concentrer sur les présentations des professeurs. L'image du visage de ma mère baissant les yeux la veille au matin repassait en boucle dans mon esprit.

Une vague de culpabilité m'a soudainement submergée, m'interrompant dans mes réflexions vindicatives. Je déteste tellement l'idée de voir ma mère triste à cause de moi. Je sais à quel point mes réactions peuvent être violentes, à quel point je peux devenir invivable quand un intrus essaie de s'imposer chez nous. Je ne cherchais pas à la faire souffrir, ni à gâcher ses chances d'être heureuse. Je voulais juste qu'elle me comprenne aussi. Pourquoi n'arrivait-elle pas à voir que laisser ces hommes entrer dans notre vie revenait à effacer petit à petit ce qu'il restait de mon père ? Pourquoi devait-elle toujours chercher à combler ce vide par des mariages absurdes avec des inconnus, et cette fois-ci avec un homme qui avait presque mon âge ?

À la fin du dernier cours de l'après-midi, la pression était devenue trop lourde à porter seule. Au lieu de rentrer immédiatement faire face au silence étouffant de la maison et à la présence arrogante de Félix, j'ai suivi un groupe d'amis vers un bar branché situé non loin du campus.

L'ambiance y était sombre, rythmée par une musique basse qui résonnait dans toute la salle. J'avais besoin de m'anesthésier l'esprit, de ne plus penser à Félix, à ma mère, ni à cette guerre absurde qui venait de commencer.

« Santé à la liberté ! » a lancé quelqu'un en posant une série de verres sur la table en bois.

J'ai attrapé le premier verre sans hésiter. Puis un deuxième. Puis un troisième. Les heures ont filé à une vitesse folle. L'alcool a rapidement fait son effet, engourdissant ma rancœur mais amplifiant ma tristesse sous-jacente. J'ai bu. J'ai tellement bu que les lumières du bar ont commencé à tourner autour de moi et que les voix de mes camarades sont devenues un écho lointain et indistinct.

Heureusement que Paul était avec moi.

Paul et moi, on était amis depuis le lycée. Il connaissait tout de ma vie, de la perte de mon père aux trois précédents mariages de ma mère qu'il avait vus défiler au fil des ans. Il venait souvent à la maison pour réviser ou simplement passer du temps ensemble, et c'était probablement la seule personne à qui je n'avais pas besoin d'expliquer pourquoi je me battais autant pour garder le souvenir de mon père intact.

« Anna, hé... respire. Tu as trop bu, il faut qu'on y aille », a chuchoté la voix douce de Paul près de mon oreille alors que ma tête basculait légèrement en arrière.

« Je ne veux pas rentrer, Paul... Il est là-bas... » ai-je balbutié, la voix pâteuse et les idées totalement embrouillées.

« Je sais, mais tu ne peux pas rester ici dans cet état. Allez, viens. Je te ramène. »

Avec une patience infinie, Paul m'a aidée à me lever du tabouret. Mes jambes refusaient de porter mon propre poids. En me tenant fermement par la taille, il m'a guidée vers la sortie du bar et m'a fait monter sur le siège passager de sa voiture. Le trajet s'est fait dans un flou artistique total ; mes paupières étaient lourdes, et la route défilait sous les éclairages publics comme des bandes de lumière dorée.

Quand la voiture s'est enfin arrêtée, j'ai reconnu la grille familière de notre propriété. La berline noire de Félix était toujours là, garée en majesté devant les marches du perron, sous la lumière crue des projecteurs extérieurs.

Paul a coupé le moteur et s'est rapidement précipité de son côté pour venir ouvrir ma portière. Voyant que j'étais totalement incapable de tenir debout sans m'effondrer au sol, il a soupiré doucement avant de se pencher vers moi. Une fois arrivé à ma hauteur, il est descendu du véhicule, puis m'a portée dans ses bras pour m'éviter de tomber sur le gravier de l'allée.

« Tiens bon, Anna, on y est », a-t-il murmuré en ajustant sa prise sous mes genoux et mon dos.

J'ai laissé ma tête reposer contre son épaule, fermant les yeux, l'esprit trop brumeux pour réaliser la scène qui allait se jouer. La grande porte d'entrée s'est ouverte avant même que Paul n'ait eu le temps de frapper ou d'atteindre la sonnette.

Dans l'encadrement de la porte, baigné par la lumière du hall, se tenait Félix.

Il avait les bras croisés sur son thorax, vêtu simplement d'un pantalon noir et d'un t-shirt sombre, mais son regard... son regard était d'une noirceur terrifiante. L'atmosphère s'est instantanément glacée sur le perron, balayant le peu de chaleur que l'alcool m'apportait encore.

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