LOGINLa dédicace dura trois heures. Quand le dernier lecteur partit, Robert s'effondra sur sa chaise, épuisé mais radieux.
« Soixante-douze livres, » annonça Sylvie. « On a vendu soixante-douze exemplaires. C'est énorme pour une première dédicace. »« Vraiment ? »« Vraiment. » Elle sourit. « Ton livre va cartonner, je le sens. »La bande emmena Robert célébrer au Panic. Ils burent, rirent, rejouèrent les meilleurs moments de l'après-midi.« Tes parentsWilliam embrassa Robert lentement, profondément, tandis que ses mains exploraient le creux de sa clavicule, la courbe de ses côtes, le galbe de ses hanches.Robert se cambra sous ses caresses, ses propres mains traçant les muscles du dos de William, la ligne de sa colonne vertébrale, la courbe ferme de ses fesses.« William, » haleta-t-il. « S'il te plaît... »« S'il te plaît quoi ? » William mordilla son cou, arrachant un gémissement à Robert. « Dis-moi ce que tu veux. »« Toi. » Robert agrippa ses épaules. « Je te veux. Tout de toi. »William grogna contre sa peau.« Tu m'auras. » Ses lèvres tracèrent un chemin vers le bas – la gorge de Robert, son torse, son ventre. « Je te le promets. »Robert ferma les yeux, se perdant dans les sensations. La bouche de William sur sa peau. Ses mains partout. Le poids de son corps.C'était trop et pas assez à la fois.« Regarde-moi, » murmura William.Rober
Le trajet en taxi fut une torture exquise. Ils étaient assis à une distance respectable, mais la tension entre eux crépitait. Chaque fois que le taxi tournait, leurs jambes se touchaient. Chaque feu rouge semblait durer une éternité.William regardait par la fenêtre, mâchoire serrée, mains crispées sur ses cuisses. Robert pouvait voir la tension dans son corps, le désir contenu.« On est presque arrivés, » murmura Robert, sa propre voix tendue.« Tant mieux. » William tourna enfin la tête vers lui, et le feu dans son regard fit quelque chose de dangereux à l'estomac de Robert. « Parce que je commence à perdre patience. »Quand le taxi s'arrêta enfin devant leur immeuble, William paya rapidement, presque trop rapidement, jetant des billets au chauffeur. Ils montèrent les escaliers deux à deux, Robert cherchant frénétiquement ses clés.« Dépêche-toi, » murmura William derrière lui, si proche que Robert pouvait sentir son souffle dans son co
Tensions et désirsLe dimanche du dîner chez les parents de Robert arriva plus vite que William ne l'aurait souhaité. Il changea de tenue trois fois, passant nerveusement d'une chemise à l'autre.« La bleue ou la noire ? » demanda-t-il pour la quatrième fois.« William. » Robert s'approcha, posant ses mains sur ses épaules. « Respire. Ce n'est qu'un dîner. »« Ce n'est pas qu'un dîner. C'est ton père. Qui me détestait il y a six mois. » William se passa une main dans les cheveux. « Et si je dis quelque chose de mal ? Si je fais une gaffe ? Si... »Robert l'interrompit d'un baiser. Doux d'abord, puis plus profond. Ses mains glissèrent dans les cheveux de William, le tirant plus près.Quand ils se séparèrent, tous deux haletants, William sourit malgré lui.« C'était pour me calmer ? »« C'était parce que tu es magnifique quand tu paniques. » Robert l'embrassa à nouveau, plus légèrement cette fois. « Et aussi pour
Les jours suivants confirmèrent l'impact du documentaire. Les audiences avaient été excellentes plus de 800 000 téléspectateurs. Les réseaux sociaux explosaient. Libre se retrouva à nouveau dans les meilleures ventes.Des écoles invitèrent Robert à parler. Des médias voulaient l'interviewer. Une association LGBT+ lui proposa de devenir ambassadeur.« C'est trop, » dit Robert un soir, submergé. « Je ne sais pas comment gérer tout ça. »« Délègue. » Claire, qui était venue discuter stratégie, posa sa tasse de café. « Engage quelqu'un pour gérer les demandes. Choisis ce qui compte vraiment pour toi. Dis non au reste. »« C'est si simple ? »« Non. » Elle sourit. « Mais c'est nécessaire. Sinon tu vas t'épuiser. Et tu ne pourras plus écrire. »« Le deuxième livre. » Robert soupira. « J'ai cent cinquante pages mais je bloque. »« Prends une pause. » Claire se pencha en avant. « Vis. Respire. L'écriture viendra quand tu seras p
Février passa dans un tourbillon de préparation. Broken Echoes répétait intensivement, peaufinant les chansons pour l'album. Robert continuait d'écrire, les progrès lents mais constants.Le documentaire d'Arte avait une date de diffusion : 15 mars.« Ça approche, » dit William un soir. « Tu es prêt ? »« Non. » Robert ferma son ordinateur. « Mais je ne le serai jamais. Autant le faire maintenant. »« Tu veux qu'on organise une projection ? Chez nous ? Avec les amis ? »« Oui. » Robert sourit. « Comme ça, au moins, on ne sera pas seuls face à notre propre image. »Ils organisèrent une soirée pour le 15 mars. Tout le groupe viendrait. Sa grand-mère aussi. Sa mère avait dit qu'elle essaierait.Les jours précédant la diffusion, Robert était un paquet de nerfs. Il savait que le documentaire serait honnête David avait tenu sa promesse. Mais ça voulait dire exposer ses moments les plus vulnérables à des centaines de milliers d
Le lendemain, Robert appela son père. La conversation fut brève, professionnelle.« Tu veux que j'examine un contrat ? Pour le groupe de William ? »« Oui. Si tu as le temps. »Un silence. Puis :« Amène-le demain. Au cabinet. 15h. »« Merci, papa. »« C'est mon métier. »Mais Robert entendit autre chose dans sa voix. Une tentative. Un pas vers lui.Le lendemain, William et Robert se présentèrent au cabinet un immeuble haussmannien dans le 8ème, tout en boiseries sombres et moquette épaisse. L'anti-thèse de leur monde.La secrétaire les conduisit au bureau de son père. Immense, imposant, des diplômes encadrés aux murs.Son père se leva en les voyant entrer. Il tendit la main à William raide, formel, mais la tendit quand même.« Monsieur Mercier. »« Monsieur Lambert. » William serra sa main. « Merci de nous recevoir. »« Asseyez-vous. » Son père désigna les fauteuils
Le passé ressurgit Les mois qui suivirent furent un tourbillon d'activité. Robert travaillait étroitement avec Claire sur l'édition du manuscrit corrections, ajustements, discussions sur le titre final, la couverture, le résumé de quatrième de couverture. « Libre »,
« C'est ce que devrait être l'amour. » Sophie sourit tristement. « Je regrette de ne pas avoir eu ça avec le père de William. Peut-être que les choses auraient été différentes. » « Vous êtes toujours avec lui ? » demanda Robert. « Oui. » Elle ba
Ce soir-là, une fois que William eut bu suffisamment pour se détendre, il parla. « Elle s'excuse. Pour tout. Pour ne pas m'avoir défendu face à mon père. Pour m'avoir laissé partir. Pour les trois années de silence. » « Et tu l'as cru ? »
Je sais. Moi aussi j'avais peur de revoir ma mère. Mais après, j'étais content de l'avoir fait. Même si ça a fait mal. »« Tu penses que je devrais la voir ? »« Je pense que tu devrais faire ce qui est bon pour toi. » Robert recula juste assez pour croiser son regard. « Pas pou