Se connecterÉpouse-moi, je te vengerai.
Chapitre 5
Devant l'hôtel
Madame, Monsieur, voici l'homme que je souhaite épouser.
__ Pardon ? s'écria Melvin, avant de s'écrouler.
Le prêtre n'en revient pas. Il n'a toujours pas compris ce qui se passe. Tous les regards sont tournés vers moi mais je garde la tête haute. La mère de Melvin s'approche de son fils qui transpire beaucoup.
__ Melvin, mon chéri, ça va ?
Melvin n'arrive pas à prononcer un seul mot. Sa mère court pour aller lui chercher de l'eau à boire. Pendant ce temps, Kelly et mon père me bombardent de questions.
__ Lucia, tu vas nous expliquer ce qui se passe ? S'écria mon père.
Je peux voir à quel point il est déçu de moi parce que pour lui, je l'ai honni devant tout le monde alors que ce n'est pas le cas. Melvin s'est moqué de moi en premier et moi, je n'ai fait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Il l'a bien mérité après ce qu'il m'a fait.
__ Papa, calme-toi. Je vais tout expliquer, mais pour le moment, il faut que tu te calmes", dis-je en le prenant par la main, mais il me repousse.
__ Tu nous as honnis, Lucia. Non mais enfin, tu te rends compte de ce que tu viens de faire ? Regarde dans quel état se trouve ton fiancé. Cet homme ne mérite pas cette trahison. Melvin t'aime, ma fille. Dis-moi ce qui t'arrive. Je ne te reconnais plus.
__ Oui, Lucia, moi-même je ne te reconnais plus, répliqua Kelly en me regardant droit dans les yeux.
__ Calmez-vous, nous aurons tout le temps de parler, mais pour le moment, que le mariage continue.
__ De quel fichu mariage tu parles encore ? Je ne te laisserai pas épouser cet inconnu.
__ Papa, c'est mon choix et il faut que tu l'acceptes.
__ Il faudra d'abord que tu me passes sur le corps avant de commettre cette erreur.
__ Papa, ce n'est pas une erreur, c'est mon choix et je t'en supplie, accepte-le.
__ Je dis non, Lucia, hurla mon père avant de me tirer par le bras.
__ Ça suffit, ma fille, viens par là.
Il me traîne jusqu'au dehors. Là-bas, je tombe sur ma mère qui a couvert son visage de honte dès qu'elle m'a vue venir. Elle n'a pas eu le courage de me regarder dans les yeux parce qu'elle sait exactement ce qui se passe.
Mon père me lâche et se dirige vers ma mère.
__ Ah te voilà Sabine. Tu étais où depuis tout ce temps ? Tu as vu comment ta fille nous a honnis ? Elle nous a humiliés tous.
Ma mère ne lui répond pas. Elle se contente seulement de couler les larmes. Bien sûr, qu'est-ce qu'elle dira de plus ? Je ne pense pas qu'elle aura le courage de prononcer un seul mot.
Mon père continue de parler mais ma mère reste muette, ce qui pousse mon père en colère.
__ À qui je m'adresse, bon sang ? Pourquoi tout le monde joue avec ma patience ? Qu'est-ce qui vous prend même ? Tu vois l'éducation que tu donnes aux enfants ? Maintenant qu'elle a tout gâché, maintenant qu'elle a souillé notre famille, qu'est-ce qui va se passer ? Nous serons la risée de tout le quartier. D'ailleurs, vous savez quoi ? Je m'en vais et surtout, que personne ne me suive.
Mon père s'en va sans jeter un seul regard en arrière.Ma mère n'a toujours pas eu le courage de me regarder dans les yeux. Elle ne fait que pleurer.
Je n'ai pas envie de lui adresser la parole, alors je la laisse continuer de jouer sa victime.
Je retourne à l'intérieur. Lorenzo m'attendait devant le portail.
__ Enfin te voilà Lucia. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tes parents t'ont grondée, c'est ça ?
__ Oui, mon père est tellement en colère contre moi.
__Il a raison quand même. Maintenant, dis-moi, que comptes-tu faire ? Tu veux renoncer à notre accord ?
__Non, je compte aller jusqu'au bout. Je suis quelqu'un qui tient toujours sa parole. Nous allons nous marier, peu importe.
_ Tu es vraiment sûr de toi ?
__ Oui, Lorenzo, le mariage aura lieu.
__D'accord, si c'est le cas, quittons cet endroit. Nous irons chercher notre certificat de mariage.
__D'accord, c'est comme tu veux.
Lorenzo me tient par le bras et ensemble nous nous avançons vers sa voiture, mais soudain, quelqu'un me tire par derrière. Lorsque je me suis retourné, je n'ai pas eu le temps de dire quoi que ce soit avant de recevoir une belle gifle.
Paff paff.
Mes joues me brûlent. Je ferme un instant les yeux et, lorsque je les ouvre, je vois la mère de Melvin. Alors c'est elle qui vient de me gifler ? Lorenzo me lâche rapidement et fait face à cette femme.
__Madame, comment osez-vous porter la main sur ma femme ?
Elle se met à rire comme si elle se moquait de nous.
__Oh, elle est maintenant ta femme ? Cette pute ?
__Je ne vous permets pas de l'appeler ainsi. Respectez-vous, madame.
__D'ailleurs, toi, tu es qui ? Je ne te connais pas et je ne suis pas là pour toi. Je suis ici pour régler mon compte avec cette femme qui nous a pris pour des imbéciles. Lucia, tu vas me le payer d'avoir brisé le cœur de mon fils.
__Madame, je n'ai pas peur de vous. C'est ma vie et je fais ce que je veux d'elle.
__Ne crie pas encore victoire alors que la guerre n'est même pas encore commencée. Tu vas regretter chaque jour de ta vie d'avoir brisé le cœur de mon unique fils.
__Comme si j'avais peur de vous. Mais laissez-moi vous dire une chose, pourquoi ne pas demander à votre fils ce qui s'est réellement passé au lieu de vous en prendre à moi ?
__Parce que je connais mon fils et je sais à quel point il tient à toi, mais tu viens de lui briser le cœur. Tu l'as humilié devant tout le monde et maintenant tu penses que c'est la faute de mon fils ?
__Et pourquoi tu ne vas pas lui demander ce qui se passe ?
__Tu sais quoi Lucia, tu vas me le payer.
Elle tend encore la main pour me gifler, mais cette fois-ci, Lorenzo l'a arrêtée.
__Ne t'avise plus jamais de poser tes sales pattes sur ma femme ou tu vas le regretter amèrement.
__Oh, maintenant tu défends cette idiote ? Tu ne sais pas encore dans quoi tu t'es fourré. Bientôt elle va te montrer son vrai visage.
__Et même si cela arrive, cela ne regarde que moi. Madame, je vous demande de vous éloigner de nous sinon.
__Sinon quoi ?
À suivre....
Épouse moi je te vengerai Chapitre 44:Les jours qui suivent sont étranges, irréels.John s'installe dans une chambre modeste du domaine, loin de la maison principale. Il mange avec les ouvriers, travaille dans les chais, accomplit les tâches les plus ingrates sans jamais se plaindre. Il ne parle pas beaucoup. Il observe, il écoute, il apprend.Marco, qui ne lui a jamais pardonné sa trahison, le surveille de près, les mâchoires serrées, la main jamais loin de son arme. « Méfiez-vous, monsieur, me dit-il un soir. Un serpent change de peau, pas de nature. » Mais je vois bien que John n'est plus le serpent qu'il était. Quelque chose en lui s'est brisé, et quelque chose d'autre a commencé à repousser. Lentement. Fragilement.Lucia est la première à faire un pas vers lui.Un après-midi, alors qu'il travaille seul dans le jardin, elle s'approche, un verre de citronnade à la main.__Tu dois avoir soif, dit-elle simplement.Il la regarde, interdit. Lucia, qu'il a contribué à faire enlever. L
Épouse moi je te vengerai Chapitre 43 : Le retour du frèreLes années ont passé sur le domaine comme des saisons de vendanges, chacune apportant son lot de douceur et de défis, chacune alourdissant les grappes de nos souvenirs.Elena a aujourd'hui dix ans. Elle n'est plus la petite fille aux boucles brunes qui négociait des biscuits avec Marco. C'est une jeune fille élancée, au regard vif et à la langue bien pendue, qui monte à cheval comme une amazone et dévore les livres de la bibliothèque avec la même voracité que son père au même âge.Elle ressemble à Lucia. De plus en plus chaque jour. Elle a sa grâce, son port de tête, cette façon de pencher le visage quand elle écoute, cette lumière dans les yeux quand elle rit. Mais elle a aussi quelque chose de moi, une détermination farouche, une loyauté absolue envers ceux qu'elle aime, un sens de la justice qui ne transige pas.Ce matin, je la regarde depuis la fenêtre de mon bureau. Elle est dans la roseraie avec sa mère, toutes deux pen
Épouse moi je te vengerai Chapitre 42 : Les premiers pas du cœurLes premiers mois d'Elena sont une révélation quotidienne.Chaque matin apporte son lot de découvertes, de minuscules miracles qui s'accumulent comme des perles sur un fil. Son premier sourire, apparu un matin brumeux alors que Lucia lui chantonnait une vieille berceuse toscane. Son premier éclat de rire, provoqué par une grimace involontaire de Marco qui ne s'en est jamais remis. Ses premières nuits complètes, qui nous ont laissés, Lucia et moi, éberlués et presque inquiets devant tant de clémence.Aujourd'hui, Elena a six mois. Elle trône au milieu du tapis du salon, entourée de coussins, ses grands yeux sombres les miens, décidément fixés sur le rayon de soleil qui traverse la pièce. Elle tend ses petites mains vers la lumière comme pour l'attraper, ses doigts potelés s'ouvrant et se fermant dans le vide.__Elle veut toucher le soleil, dit Lucia, assise en tailleur à côté d'elle.__Elle y arrivera. C'est une De Luca.
Épouse moi je te vengerai Chapitre 41: Le nom béni __Bonjour, toi, je murmure. Je suis ton père. Et je te promets que rien, jamais, ne te fera de mal. Je te le promets.Le bébé tourne la tête vers ma voix, comme s'il comprenait déjà.__Comment on va l'appeler ? demande Lucia.Nous en avons discuté pendant des semaines, des listes entières de prénoms, des débats passionnés. Mais maintenant que l'enfant est là, aucun des noms choisis ne semble convenir.Je réfléchis un instant. Et le nom s'impose à moi, évident, nécessaire.__Elena.Lucia cligne des yeux, surprise.Elle baisse les yeux vers le bébé, caresse la joue duveteuse.__Elena De Luca, murmure-t-elle comme pour essayer le nom. Elena. Oui, Ça lui va.Je me penche, embrasse Lucia sur le front, puis dépose un baiser sur le crâne duveteux de ma fille. Elle sent le lait et le talc, la vie toute neuve.Le docteur s'est éclipsé discrètement. La sage-femme range ses instruments dans un coin de la pièce. Par la fenêtre, la neige continu
Épouse moi je te vengerai Chapitre 40 : La naissanceL'hiver s'est installé sur la Toscane, couvrant les vignes d'un manteau de givre qui scintille au petit matin comme un champ de diamants. Les collines sont silencieuses, les oliviers immobiles, le ciel d'un bleu pâle et froid qui semble taillé dans de la glace.Mais dans le domaine, tout est chaleur.La chambre que nous avons préparée pour l'enfant donne sur le jardin endormi. Les murs sont peints d'un jaune pâle, couleur de soleil timide. Un berceau en bois sculpté, qui a servi à mon père puis à moi-même, trône au centre de la pièce, garni de draps blancs brodés par les femmes du village voisin. Lucia a choisi chaque meuble, chaque tissu, chaque détail avec un soin presque religieux.Assis dans le fauteuil à bascule que Marco a déniché je ne sais où, je regarde par la fenêtre les premiers flocons qui commencent à tomber.Lucia entre, une main dans le creux des reins, l'autre posée sur ce ventre qui semble désormais occuper tout l'
Épouse moi je te vengerai Chapitre 39 : Les premiers matinsLes semaines qui suivent le mariage coulent comme un fleuve apaisé après la tempête.Le domaine retrouve son rythme, celui des saisons et des travaux, des vendanges qu'on prépare et du vin qu'on élève. Mais quelque chose a changé, un imperceptible déplacement des choses, comme si la lumière était plus dorée, l'air plus doux, les silences plus habités.Lucia s'arrondit. Chaque jour, son ventre s'épanouit un peu plus, et chaque jour, je découvre une nouvelle nuance de bonheur.Ce matin, je la trouve dans la roseraie, agenouillée malgré les protestations de Marco qui tourne autour d'elle comme un lion en cage. Elle taille ses rosiers avec des gestes précis, une sérénité concentrée sur le visage.__Tu devrais te reposer, dis-je en m'accroupissant à côté d'elle.__Je me repose en faisant ça.Elle essuie son front d'un revers de manche, laisse une traînée de terreau sur sa tempe. Je l'efface du pouce.__Marco va faire une crise ca
Chapitre 38 : La nuit des nocesLes derniers invités sont partis depuis une heure. Les lanternes vacillent encore dans les arbres, mourant lentement, une à une. Les tables sont jonchées de verres vides, de serviettes froissées, de pétales de roses qui ont perdu leur éclat mais pas leur parfum.Le d
Chapitre 36 : La route déchiréeLa voiture avale l'asphalte dans un rugissement de moteur. Mes mains sont crispées sur le volant, les jointures blanches, le cœur au bord des lèvres. Melvin est assis à côté de moi, silencieux, le visage tourné vers la vitre, les mâchoires serrées.Derrière nous, le
Épouse moi je te vengerai Chapitre 34 : L'exilLe lendemain, je me rends seul à la demeure de Sabine.C'est une domestique inconnue qui m'ouvre, une femme au visage fermé qui ne pose pas de questions. Elle m'introduit dans le salon où Sabine m'attend, assise dans un fauteuil qui avale sa silhouett
Chapitre 33 : Le poids du sangLes jours qui suivent notre retour de Naples sont un tourbillon silencieux.Je travaille dans l'ombre, méthodique, acharné. Chaque appel passé, chaque dossier exhumé, chaque témoin retrouvé resserre l'étau autour de Sabine. Les preuves s'accumulent sur mon bureau comm







