تسجيل الدخولÉpouse moi je te vengerai Chapitre 31 : L’étincelleL'aube est encore grise lorsque je quitte la chambre. Lucia dort, recroquevillée sous les draps de lin, le visage marqué par les heures d'angoisse. Je l'observe un instant, et ce que je ressens dépasse l'amour. C'est une dévotion féroce, un absolu qui ne tolère aucune menace.Je descends au bureau, où mes hommes ont passé la nuit à compiler les informations. Sur la grande table de chêne, dossiers, photographies aériennes et relevés bancaires s'étalent comme les pièces d'un échiquier macabre. Marco, mon chef de la sécurité, lève les yeux vers moi. Son visage est grave.__Les deux hommes capturés hier soir ont parlé. Pas tout de suite, mais ils ont fini par lâcher le morceau. Sabine les a engagés via un intermédiaire, un certain Moretti, un petit truand de Naples qui lui doit quelques services.__Moretti, je répète, en gravant ce nom dans ma mémoire.__On l'a localisé. Il se terre dans un entrepôt du port, croyant qu'on ne remontera p
Chapitre 30 : L’étau __Lorenzo__Le claquement sec de mes pas sur le marbre résonne dans le hall silencieux de l’immeuble. Mes hommes m’ont confirmé l’adresse. Un appartement miteux, loué sous un faux nom, à l’autre bout de la ville. La tanière des rats.Je n’ai pas prévenu Lucia. Elle dort encore, le visage apaisé, bercée par un faux sentiment de sécurité que je m’efforce de maintenir autour d’elle. Mais la sécurité, la vraie, se gagne dans l’ombre, par le fer et par le feu.La porte cède sous la pression de mon épaule avant que quiconque n’ait le temps de réagir. Melvin, affalé dans un canapé crasseux, se redresse d’un bond, la surprise et la peur déformant ses traits. Sabine, elle, assise à une petite table de formica, ne lève même pas les yeux de son carnet. Un sourire flotte sur ses lèvres. Un sourire qui me glace le sang.__Lorenzo, murmure-t-elle, comme si elle accueillait un invité de marque. Quelle intrusion théâtrale.Je ne lui accorde pas un regard. Mon attention
Chapitre 29 : La toile se tisseLuciaLe soleil de fin d’après-midi caresse les hauts murs du domaine de Lorenzo. Je suis assise sur la terrasse, un livre ouvert sur les genoux, mais mes pensées voyagent bien au-delà des mots imprimés. Le parfum des roses monte du jardin et se mêle à l’air doux.Une ombre fraîche glisse sur ma nuque.— Tu ne lis pas.Je lève les yeux. Lorenzo se tient derrière moi, sa silhouette élégante découpée par la lumière dorée. Il pose une main légère sur mon épaule.— Je fais semblant, j’avoue.Il contourne le fauteuil en rotin et s’accroupit à ma hauteur. Ses yeux sombres, si intenses, plongent dans les miens.— À quoi penses-tu ?Je referme le livre.— À rien de précis. À tout. À hier.Il incline la tête.— Veux-tu en parler ?Je soupire. Depuis la réception désastreuse, depuis que j’ai déchiré le masque de Melvin et de ma mère devant tout le monde, Lorenzo ne me quitte pas des yeux. Pas par étouffement, non. Par une attention constante, douce, presque inqui
Épouse-moi, je te vengeraiChapitre 28: l'ombre du passé MelvinLucia m’a détruit.Je tourne mon verre de whisky entre mes doigts tremblants, assis dans l’obscurité de ma chambre. La lumière de la ville filtre à travers les rideaux entrouverts, dessinant des lignes pâles sur le sol. Mon appartement, autrefois élégant, ressemble ce soir à un tombeau.Lucia m’a arraché mon masque devant tout le monde.Elle a révélé ce que personne ne devait savoir.Ma liaison avec sa mère.Je serre les dents jusqu’à en avoir mal à la mâchoire.— Elle n’avait pas le droit, je murmure.Je vide mon verre d’un trait. L’alcool brûle ma gorge mais ne calme rien.Dans ma tête, les images reviennent encore et encore.Le regard de dégoût de son père.Les larmes furieuses de Kelly.Les murmures scandalisés.Lucia debout, fière, glaciale, magnifique dans sa colère.Elle m’a regardé comme on regarde un déchet.Pourtant… je l’aime.Oui, malgré tout, je l’aime encore.Je frappe la table du poing.— Tu aurais dû me pa
Chapitre 27 : L'Écho du videLuciaTout est de ma faute.Cette phrase tourne en boucle dans mon crâne, un carrousel infernal qui ne s'arrête jamais. Je suis à genoux sur le sol froid, les gravillons mordant ma peau à travers le tissu fin de ma robe. La main de cette inconnue sur mon épaule est censée me réconforter, mais je ne la sens presque pas. Je ne sens que le vide.Un vide immense, glacé, qui a commencé dans une benne à ordures il y a vingt ans et qui, ce soir, vient de tout engloutir.Trouvée dans une poubelle.Les mots de John résonnent, plus tranchants que n'importe quelle lame. Il ne m'a pas poignardée, non. Il a fait pire. Il a pris mon existence tout entière et l'a jetée aux yeux de tous comme un déchet. Comme je l'ai été ce jour-là.— Ma fille, respirez, insiste la femme à côté de moi.Respirer. Comment respirer quand on vient d'apprendre que son premier souffle a été poussé au milieu des immondices ? Que la première chaleur qu'on a connue n'était pas celle d'un sein, mai
Épouse moi je te vengerai Chapitre 26La blessure de trop __Lucia__Je n’arrive toujours pas à respirer normalement depuis ce que j’ai appris.Chaque inspiration me brûle la poitrine. Chaque pensée me déchire un peu plus.Je marche aux côtés de Lorenzo, mais j’ai l’impression d’être ailleurs loin perdue dans un vide immense où il n’existe ni lumière, ni chaleur, ni nom.Je n’ai jamais eu de famille.Je suis une enfant ramassée dans la rue.Une enfant jetée comme un objet inutile.Je serre ma poitrine de toutes mes forces, comme si je pouvais empêcher mon cœur d’exploser.Moi Lucia on m’a trouvée dans une poubelle.Une poubelle.Ce mot tourne dans ma tête sans arrêt. Il me gifle. Il m’humilie. Il me détruit.Je baisse les yeux pour cacher mes larmes, mais elles coulent malgré moi.— LuciaLa voix de Lorenzo est douce. Trop douce.Je secoue la tête.— Ne me regarde pas s’il te plaît.— Pourquoi ?— Parce que j’ai honte.Il s’arrête net et m’oblige à le regarder. Ses mains ent







