Se connecterChapitre 37 : L'échange des vœuxLes premières notes de l'Ave Maria s'élèvent à nouveau sous la voûte de pierre. Les enfants de la chorale chantent comme si rien ne s'était passé, leurs voix claires effaçant les échos de la violence qui a failli tout détruire.Mais rien n'a été détruit. Nous sommes là.Lucia marche vers moi dans l'allée centrale, une traînée de poussière sur sa joue, sa robe de mariée déchirée aux manches, les dentelles arrachées par les ronces. Elle n'a pas cherché à les cacher. Elle avance la tête haute, les yeux brillants, le sourire tremblant mais victorieux.Marco est à son bras, le visage buriné ruisselant de larmes qu'il n'essuie pas. Il la conduit avec la solennité d'un père, la fierté d'un soldat, la tendresse d'un vieil ours qui ne sait pas exprimer autrement ce qu'il ressent. Quand il arrive devant l'autel, il dépose la main de Lucia dans la mienne, s'incline, recule d'un pas.__Prends soin d'elle, murmure-t-il, la voix cassée. Ou je te fais regretter d'êtr
Chapitre 36 : La route déchiréeLa voiture avale l'asphalte dans un rugissement de moteur. Mes mains sont crispées sur le volant, les jointures blanches, le cœur au bord des lèvres. Melvin est assis à côté de moi, silencieux, le visage tourné vers la vitre, les mâchoires serrées.Derrière nous, le convoi de Marco suit à distance, gyrophares allumés, sirènes muettes pour ne pas alerter l'ennemi.__Parle-moi de ce message, dis-je sans quitter la route des yeux. Qui est cet homme ? Comment Sabine l'a-t-elle engagé ?Melvin passe une main sur son visage fatigué.__Je ne connais pas son nom. Sabine ne me donnait jamais de noms. Mais je sais qu'elle avait des contacts, des gens qui lui devaient des services. Des hommes sans scrupules, prêts à tout pour de l'argent ou par loyauté envers elle. Quand elle a quitté la région, je pensais que tout était fini. Je pensais qu'elle avait abandonné.Il marque une pause, sa voix se brise légèrement.__Mais ce matin, j'ai reçu ce message. J'étais encore
Chapitre 35 : Le jour des nocesLa chapelle Saint-Antoine n'a jamais été aussi belle.Les roses blanches et les lavandes s'enroulent autour des piliers de pierre, montent jusqu'à la voûte en cascades parfumées. Des dizaines de petits lumignons tremblent dans des photophores en verre dépoli, projetant des éclats dorés sur les dalles centenaires. La chorale d'enfants répète en sourdine dans le bas-côté, leurs voix claires comme des gouttes d'eau bénite.Je me tiens devant l'autel, en costume sombre, les mains croisées dans le dos pour qu'on ne les voie pas trembler. Marco est à ma droite, raide comme la justice dans son uniforme de cérémonie, les yeux déjà embués alors que la mariée n'est même pas encore arrivée.__Elle va être magnifique, me souffle-t-il. Je le sais. Je l'ai vue ce matin.__Comment allait-elle ?__Sereine. Elle m'a dit : "Marco, si je pleure, ne me tends pas de mouchoir. Je veux que toutes mes larmes soient pour lui."Je ravale ma propre émotion, fixe la porte de la ch
Épouse moi je te vengerai Chapitre 34 : L'exilLe lendemain, je me rends seul à la demeure de Sabine.C'est une domestique inconnue qui m'ouvre, une femme au visage fermé qui ne pose pas de questions. Elle m'introduit dans le salon où Sabine m'attend, assise dans un fauteuil qui avale sa silhouette amaigrie.Elle a dû savoir que je viendrais. Elle s'est préparée.__Lorenzo.Sa voix est calme, résignée. Elle ne se lève pas.Je reste debout, le dossier sous le bras, l'ombre de ma carrure projetée sur le tapis persan.__Je suis venu te signifier les conditions.Elle hoche la tête, lentement, comme une condamnée qui écoute le jugement sans surprise.__Tu veux que je parte.__Tu vas quitter la région. Définitivement. Tu vas vendre cette maison, liquider tes affaires, couper tout contact avec quiconque est lié au domaine ou à ma famille. Tu ne reviendras pas. Tu n'écriras pas. Tu n'appelleras pas. Tu n'existeras plus pour nous.Chaque mot tombe comme une pierre dans l'eau calme du salon. S
Chapitre 33 : Le poids du sangLes jours qui suivent notre retour de Naples sont un tourbillon silencieux.Je travaille dans l'ombre, méthodique, acharné. Chaque appel passé, chaque dossier exhumé, chaque témoin retrouvé resserre l'étau autour de Sabine. Les preuves s'accumulent sur mon bureau comme les pièces d'un puzzle que j'aurais passé trente ans à ne pas vouloir assembler.Le téléphone retrouvé dans le coffre de Vittorio n'était qu'un début. J'ai remonté la piste des trois hommes qui ont enlevé Lucia. L'un d'eux, arrêté pour une affaire sans rapport trois semaines plus tôt, a parlé contre une remise de peine. Il a donné des noms, des dates, des sommes. Tout converge vers elle.J'ai aussi retrouvé les relevés bancaires. Des virements effectués depuis un compte offshore que Sabine croyait intraçable. Des retraits en liquide correspondant exactement aux jours précédant l'enlèvement. Et puis il y a cette lettre manuscrite, saisie dans le coffre napolitain, où elle détaille à Vittori
Épouse moi je te vengerai Chapitre 32 : L'aveuLa route file vers le sud, ruban d'asphalte qui traverse des vallées noyées de brume. Le silence dans l'habitacle est lourd, chargé de tout ce que je viens de dire. Lucia regarde droit devant elle, les mains croisées sur ses genoux, le profil impassible.Je connais cette posture. Elle se protège.__Le contrat, répète-t-elle d'une voix neutre. Nous n'avons jamais vraiment parlé de ce qui se passerait une fois que tout cela serait terminé.Je ralentis, quitte la nationale pour une route secondaire bordée de cyprès. Le jour se lève vraiment maintenant, dorant les champs d'oliviers.__Je sais ce que j'ai signé, Lucia. Un mariage de convenance. Une alliance stratégique. Ta dot contre ma protection, ta liberté contre mon nom. Des clauses, des conditions, des délais.Je tourne la tête vers elle. Elle soutient mon regard, mais je vois ses doigts serrer le tissu de sa robe.__Brûle-le.Elle cligne des yeux.__Quoi ?__Le contrat. Brûle-le, déchir







