LOGINChapitre 33 : Le poids du sangLes jours qui suivent notre retour de Naples sont un tourbillon silencieux.Je travaille dans l'ombre, méthodique, acharné. Chaque appel passé, chaque dossier exhumé, chaque témoin retrouvé resserre l'étau autour de Sabine. Les preuves s'accumulent sur mon bureau comme les pièces d'un puzzle que j'aurais passé trente ans à ne pas vouloir assembler.Le téléphone retrouvé dans le coffre de Vittorio n'était qu'un début. J'ai remonté la piste des trois hommes qui ont enlevé Lucia. L'un d'eux, arrêté pour une affaire sans rapport trois semaines plus tôt, a parlé contre une remise de peine. Il a donné des noms, des dates, des sommes. Tout converge vers elle.J'ai aussi retrouvé les relevés bancaires. Des virements effectués depuis un compte offshore que Sabine croyait intraçable. Des retraits en liquide correspondant exactement aux jours précédant l'enlèvement. Et puis il y a cette lettre manuscrite, saisie dans le coffre napolitain, où elle détaille à Vittori
Épouse moi je te vengerai Chapitre 32 : L'aveuLa route file vers le sud, ruban d'asphalte qui traverse des vallées noyées de brume. Le silence dans l'habitacle est lourd, chargé de tout ce que je viens de dire. Lucia regarde droit devant elle, les mains croisées sur ses genoux, le profil impassible.Je connais cette posture. Elle se protège.__Le contrat, répète-t-elle d'une voix neutre. Nous n'avons jamais vraiment parlé de ce qui se passerait une fois que tout cela serait terminé.Je ralentis, quitte la nationale pour une route secondaire bordée de cyprès. Le jour se lève vraiment maintenant, dorant les champs d'oliviers.__Je sais ce que j'ai signé, Lucia. Un mariage de convenance. Une alliance stratégique. Ta dot contre ma protection, ta liberté contre mon nom. Des clauses, des conditions, des délais.Je tourne la tête vers elle. Elle soutient mon regard, mais je vois ses doigts serrer le tissu de sa robe.__Brûle-le.Elle cligne des yeux.__Quoi ?__Le contrat. Brûle-le, déchir
Épouse moi je te vengerai Chapitre 31 : L’étincelleL'aube est encore grise lorsque je quitte la chambre. Lucia dort, recroquevillée sous les draps de lin, le visage marqué par les heures d'angoisse. Je l'observe un instant, et ce que je ressens dépasse l'amour. C'est une dévotion féroce, un absolu qui ne tolère aucune menace.Je descends au bureau, où mes hommes ont passé la nuit à compiler les informations. Sur la grande table de chêne, dossiers, photographies aériennes et relevés bancaires s'étalent comme les pièces d'un échiquier macabre. Marco, mon chef de la sécurité, lève les yeux vers moi. Son visage est grave.__Les deux hommes capturés hier soir ont parlé. Pas tout de suite, mais ils ont fini par lâcher le morceau. Sabine les a engagés via un intermédiaire, un certain Moretti, un petit truand de Naples qui lui doit quelques services.__Moretti, je répète, en gravant ce nom dans ma mémoire.__On l'a localisé. Il se terre dans un entrepôt du port, croyant qu'on ne remontera p
Chapitre 30 : L’étau __Lorenzo__Le claquement sec de mes pas sur le marbre résonne dans le hall silencieux de l’immeuble. Mes hommes m’ont confirmé l’adresse. Un appartement miteux, loué sous un faux nom, à l’autre bout de la ville. La tanière des rats.Je n’ai pas prévenu Lucia. Elle dort encore, le visage apaisé, bercée par un faux sentiment de sécurité que je m’efforce de maintenir autour d’elle. Mais la sécurité, la vraie, se gagne dans l’ombre, par le fer et par le feu.La porte cède sous la pression de mon épaule avant que quiconque n’ait le temps de réagir. Melvin, affalé dans un canapé crasseux, se redresse d’un bond, la surprise et la peur déformant ses traits. Sabine, elle, assise à une petite table de formica, ne lève même pas les yeux de son carnet. Un sourire flotte sur ses lèvres. Un sourire qui me glace le sang.__Lorenzo, murmure-t-elle, comme si elle accueillait un invité de marque. Quelle intrusion théâtrale.Je ne lui accorde pas un regard. Mon attention
Chapitre 29 : La toile se tisseLuciaLe soleil de fin d’après-midi caresse les hauts murs du domaine de Lorenzo. Je suis assise sur la terrasse, un livre ouvert sur les genoux, mais mes pensées voyagent bien au-delà des mots imprimés. Le parfum des roses monte du jardin et se mêle à l’air doux.Une ombre fraîche glisse sur ma nuque.— Tu ne lis pas.Je lève les yeux. Lorenzo se tient derrière moi, sa silhouette élégante découpée par la lumière dorée. Il pose une main légère sur mon épaule.— Je fais semblant, j’avoue.Il contourne le fauteuil en rotin et s’accroupit à ma hauteur. Ses yeux sombres, si intenses, plongent dans les miens.— À quoi penses-tu ?Je referme le livre.— À rien de précis. À tout. À hier.Il incline la tête.— Veux-tu en parler ?Je soupire. Depuis la réception désastreuse, depuis que j’ai déchiré le masque de Melvin et de ma mère devant tout le monde, Lorenzo ne me quitte pas des yeux. Pas par étouffement, non. Par une attention constante, douce, presque inqui
Épouse-moi, je te vengeraiChapitre 28: l'ombre du passé MelvinLucia m’a détruit.Je tourne mon verre de whisky entre mes doigts tremblants, assis dans l’obscurité de ma chambre. La lumière de la ville filtre à travers les rideaux entrouverts, dessinant des lignes pâles sur le sol. Mon appartement, autrefois élégant, ressemble ce soir à un tombeau.Lucia m’a arraché mon masque devant tout le monde.Elle a révélé ce que personne ne devait savoir.Ma liaison avec sa mère.Je serre les dents jusqu’à en avoir mal à la mâchoire.— Elle n’avait pas le droit, je murmure.Je vide mon verre d’un trait. L’alcool brûle ma gorge mais ne calme rien.Dans ma tête, les images reviennent encore et encore.Le regard de dégoût de son père.Les larmes furieuses de Kelly.Les murmures scandalisés.Lucia debout, fière, glaciale, magnifique dans sa colère.Elle m’a regardé comme on regarde un déchet.Pourtant… je l’aime.Oui, malgré tout, je l’aime encore.Je frappe la table du poing.— Tu aurais dû me pa







