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Chapitre 3 : L'Invitation Dangereuse et l'Alliance Forcée

Penulis: Amberi Belym
last update Terakhir Diperbarui: 2025-12-13 07:14:05

Lucien se tenait debout, imposant, après avoir mis fin à leur duel verbal. Clara sentait la chaleur de la colère monter face à l'arrogance de son hôte, mais le coup de foudre restait une force de gravité.

​« Un dîner, dites-vous ? » commença Clara, retrouvant le ton mesuré d'une diplomate. Elle devait tenter de s'échapper immédiatement. « C’est une courtoisie excessive, Monsieur de Laroche. Je vous en remercie, mais c'est absolument inutile. Mes enfants m’attendent dans le Van. Je ne peux pas les laisser plus longtemps. Je préfère attendre le dépanneur près de mon véhicule. »

​Lucien ne bougea pas, mais ses yeux de saphirs froids s'adoucirent légèrement, adoptant une expression de sollicitude calculée. Il avait saisi l'importance vitale des enfants.

​« Clara, vous plaisantez ? Il fait un froid saisissant dehors, et votre dépanneur annonce deux heures de délai, » objecta Lucien, sa voix empreinte d'une chaleur feinte. « Votre van, bien que confortable, ne peut pas rivaliser avec le confort d'un foyer. Vos enfants ont besoin d'un repas chaud et d'une pause. Un véhicule n'est pas un endroit pour attendre la nuit durant. »

​Il se dirigea vers le téléphone. « Je vais simplement informer Marius d'aller chercher vos enfants. Il les escortera jusqu'ici. Je ne pourrais me pardonner de savoir des enfants frigorifiés sur ma propriété pendant que leur mère dîne seule. »

​Clara se sentit immédiatement prise au piège. Refuser le confort de ses enfants était impensable ; accepter, c’était inviter l'inconnu, l'étranger, dans son rôle le plus sacré : celui de mère. La prudence lui dictait de refuser, mais l'image de Jasper grelottant dans le Font-Vendôme l'emporta.

​« Soit. Mais soyez bref. Ils ne doivent déranger en aucune façon, » concéda Clara, sa voix trahissant sa résignation.

​« Ils ne dérangeront pas, ils sont des invités. Nous ferons en sorte qu'ils soient à l'aise, » répondit Lucien.

Son sourire était maintenant triomphant. Il passa rapidement l'ordre à Marius, utilisant un code vocal bref et précis.

​Lucien la mena vers la salle à manger. La pièce, bien que luxueuse, paraissait maintenant moins glaciale avec la perspective des rires enfantins. La longue table fut rapidement redécorée. Quatres places supplémentaires furent dressées par une domestique sans age et visiblement dépourvue d'expression dont une avec de l'argenterie miniature.

​« Installez-vous, Clara, » dit Lucien, l'invitant à sa droite.

​Clara s'assit, le dos droit. Elle nota la vaisselle d'époque, les armoiries discrètes. Son esprit, hyper-vigilant, décortiquait chaque détail : un homme si riche, si reclus, si désireux de se montrer un hôte parfait. C'était un jeu de patience et de prudence.

​Le repas fut servi par la femme discrète. Mais cette fois, des plats plus simples et nourrissants, comme une soupe épaisse et une tourte, furent disposés pour les arrivants.

​Lucien se concentra sur Clara, ignorant momentanément son assiette.

​« Vous ne mangez pas, Monsieur de Laroche ? » demanda-t-elle, incapable de contenir sa curiosité.

​« Mon estomac est capricieux, » répondit-il avec un calme troublant. « Je me contente de cet... élixir, » dit-il, soulevant un verre contenant un liquide sombre, qu'il sirotait lentement.

​« Ce sont des herbes médicinales ? »

​Lucien sourit. « Une potion personnelle. Elle assure ma longévité. » La phrase était dite sur un ton si léger qu'elle pouvait passer pour une plaisanterie macabre, mais Clara la marqua mentalement comme une bizarrerie.

​La conversation reprit. Lucien orientait habilement la discussion vers les sentiments, les faiblesses, les regrets. Il sondait les limites de Clara, testait sa résilience.

​« La solitude est l'état le plus dangereux pour l'âme humaine, » déclara-t-il, ses saphirs fixés sur elle. « Vous étiez active dans le recrutement, mère de trois enfants. Quel fardeau portez-vous ? »

​Clara, bien qu'analysant la manipulation, se sentit obligée de se livrer, car la franchise semblait son meilleur atout. Le coup de foudre créait une intimité factice, un lien toxique qui la forçait à l'honnêteté.

​« L'échec, » avoua-t-elle. « Échouer à donner à mes enfants une vie stable. Je suis responsable de tout. La charge est lourde. »

​Lucien se pencha légèrement. L'intensité de son regard se fit presque insupportable. Le parfum boisé-métallique devint plus fort.

​« La lourdeur de la charge est ce qui rend la vie intéressante, n'est-ce pas ? La peur de perdre ce que l'on aime est la seule chose qui nous maintient dans le mouvement. »

Il ajouta, à voix plus basse : « Certaines existences sont si longues que l'absence de perte devient le plus grand des fardeaux. »

​Clara sentit un frisson d'incompréhension. Son esprit fit un bond : « Qu'entend-il par "existences si longues" ? Son discours est trop philosophique, trop éloigné du présent. »

​Elle décida de contre-attaquer, de reprendre le contrôle.

​« Vous parlez de fardeau, Monsieur de Laroche. Quel fardeau portez-vous dans cette demeure silencieuse ? »

​Lucien sourit, un sourire qui n'atteignit pas ses yeux. « Mon fardeau est une identité cachée. Une existence qui ne peut être révélée. C'est pour cela que le hasard de votre visite m'inquiète. Vous voyez beaucoup, Clara Tour. Les gens intelligents sont dangereux. »

​Un bruit subtil de pas résonna dans le hall. Les enfants étaient arrivés.

​Lucien se leva, la flamme de ses yeux s'éteignant pour laisser place à une courtoisie distante. « Le monde extérieur frappe à la porte, Clara. Et cette fois, il vient avec vos enfants. »

​Dans le hall, Marius revenait, encadrant les trois enfants, visiblement intimidés. Ils reprirent une certaine contenance en voyant apparaître leur mère.

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