Ils parlent avant même que la poussière ne retombe. Les mots glissent, se heurtent, s’accrochent aux épaules de ceux qui les portent. Je les entends sans chercher à écouter. Leurs voix me traversent comme un courant tiède. Je reste près de mon fils, ma main toujours posée sur sa blessure, attentive au rythme de sa respiration.Certains regards sont durs. Ils scrutent son épaule intacte, sa gorge sans trace, comme si l’absence de sang était une insulte. D’autres se sont adoucis. Ils contiennent une lueur rare, presque dangereuse, celle qui naît quand une certitude se fissure.Je me redresse lentement. La marque à mon cou pulse, répondant à celle de Kaël. Je n’ai pas besoin de me tourner pour sentir sa présence. Sa chaleur m’enveloppe, me soutient, m’ancre. Dans ce tumulte d’opinions contraires, notre lien demeure une ligne claire, tendue entre nous.- Il a gagné sans tuer, gronde un guerrier à la barbe grise. Où est la preuve de sa supériorité ?- La preuve est là, répond une passeuse,
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