TESSALe carrelage blanc de la salle d’attente est d’une froideur insupportable, presque violent. Chaque carreau semble refléter la noirceur qui me dévore de l’intérieur. Marcus garde sa main lourde et chaude sur mon épaule, comme une ancre, mais même lui ne peut empêcher le monde de tourner autour de moi. L’odeur de l’hôpital me prend à la gorge : désinfectant, métal froid, et cette note douceâtre, presque écœurante, de mort qui rôde.Le trajet jusqu’à l’hôpital Saint-Luke n’a été qu’un chaos de lumières et de bruits. Sirènes hurlantes, gyrophares qui éclaboussent les vitres, crissements de pneus sur l’asphalte humide. Je n’ai rien vu de New York. Ni Manhattan qui scintille la nuit, ni les rues que Noah aimait tant parcourir. Je n’ai vu que son visage figé, celui de son père à la morgue, cette image qu’il avait toujours redoutée : un corps sans vie, sans dernier mot, sans pardon.Autour de nous, les hommes de l’empire Decourcel forment un mur silencieux et sombre. Ils sont une vingtai
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