Il me tend la main. Sa paume est chaude, calleuse, réelle. Pas la main d'un noble, gantée de soie, blanche et molle. La main d'un homme qui travaille, qui construit, qui crée, qui transforme la pierre en beauté.Je devrais refuser.Je devrais rester dans ma chambre, à lire, à broder, à faire tout ce qu'une femme respectable fait dans la journée. Je suis toujours en danger. Le Marquis Noir me cherche peut-être. La Confrérie a des espions partout. Sortir, c'est risquer ma vie.Mais je refuse d'avoir peur.Je refuse de me cacher.Je refuse de passer le reste de mes jours derrière des murs, à attendre que la mort vienne me chercher.— Attends-moi. Je prends mon manteau.---Il ne me mène pas aux endroits que je connais.Pas aux palais, pas aux églises, pas aux places élégantes où se promènent les nobles et les riches marchands, parfumés, poudrés, vêtus de soie et de velours. Il me mène dans des ruelles étroites, des quartiers que je n'aurais jamais osé traverser seule, des escaliers qui g
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