LORENZOElle entre dans la pièce et le monde ralentit.Ce n'est pas volontaire. Ce n'est pas choisi. C'est physique, viscéral, incontrôlable. Chaque fois que Béatrice apparaît dans mon champ de vision, mon corps réagit avant que mon esprit puisse l'en empêcher. La respiration qui s'arrête une fraction de seconde. Les doigts qui se crispent. Cette chaleur qui monte, traîtresse, inacceptable.Aujourd'hui, elle est dans le jardin. Assise sur le banc de pierre, près du vieux chêne. Elle lit, ou fait semblant de lire. Le soleil filtre à travers les feuilles, dessine des ombres mouvantes sur sa robe légère. Ses cheveux sont détachés aujourd'hui , une rareté et tombent en vagues sombres sur ses épaules.Son ventre. Toujours ce ventre. Immense, tendu, magnifique. Mes enfants grandissent en elle. Mes fils ou mes filles , nous ne savons pas encore , qui bougent sous sa peau, qui donnent des coups de pied dans sa paume quand elle pose la main sur eux.Je devrais ne voir qu'eux. Je devrais ne voi
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