BÉATRICELe jour est là. Plein. Cruel. Il entre par les interstices du volet, dessine des barres de lumière sur le sol, sur le lit, sur moi.Je n'ai pas dormi. Pas une seconde. Mes yeux sont secs à force d'avoir pleuré, ma tête est lourde, mon ventre est tendu. Les bébés s'agitent comme s'ils sentaient mon désordre, comme s'ils voulaient me rappeler qu'ils sont là, qu'ils ont tout entendu, tout senti.Je devrais me lever. Je devrais aller prendre une douche, effacer cette nuit de ma peau, de mes cheveux, de partout. Mais je reste là, clouée au lit par le poids de ce que nous avons fait.Son odeur est encore sur moi. Dans mes draps, sur mon oreiller, entre mes jambes. Partout. Je la respire malgré moi, je m'en imprègne, je m'en dégoûte.La porte d'à côté grince.Aurélie.Mon cœur s'arrête une seconde, puis repart deux fois plus vite. J'entends ses pas dans le couloir, ses pieds nus sur le carrelage du palier, la porte de la salle de bain qui s'ouvre.L'eau coule.Elle prend sa douche.
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