SofiaLe plafond est un désert de stuc blanc. Je le fixe, les bras en croix, mes poignets brûlant là où ses doigts se sont incrustés. Le poids de son corps, l’odeur de l’alcool et de la fureur, tout s’est évaporé d’un coup, laissant un vide électrique dans l’air.Je ne tremble pas. Une étrange rigidité m’a saisie, comme si chaque muscle, chaque tendon, s’était transformé en acier froid. Je perçois tout avec une clarté coupante : le désordre du chemisier sur mon épaule, la froideur du tissu déchiré contre ma peau, le silence assourdissant de la maison en contrebas.Il a fui. Il a tourné les talons, laissant derrière lui une menace sans consistance, une porte ouverte sur le couloir obscur. Ce n’est pas une retraite. C’est une déroute. Je l’ai vu, dans ses yeux, au moment exact où la fureur a cédé la place à l’horreur. Il s’est vu. Et ce reflet était insoutenable.Un souffle rauque m’échappe, que je ne reconnais pas. Ce n’est pas un sanglot. C’est l’expulsion de l’air vicié, de la terreu
Last Updated : 2026-02-02 Read more