ROMYLe silence revient, lourd, étouffant, chargé de l’odeur aseptisée des plateaux alignés sur ma table basse.Je m’approche, presque malgré moi, comme attirée par une force invisible, et soulève le film du petit-déjeuner de demain.Ça ne sent rien. Ou plutôt, ça sent le « sain », l’aseptisé, le calculé, le sans-plaisir, le sans-âme. Les œufs sont parfaitement pochés, le jaune encore un peu coulant mais pas trop, l’avocat découpé en tranches si géométriques qu’on dirait le travail d’un compas, les graines de chia hydratées avec une précision presque scientifique.Je repose le film, un goût amer dans la bouche, comme si j’avais déjà avalé quelque chose de faux, de trop parfait pour être vrai.Un soupir m’échappe, long, profond, une vague de fatigue qui part de mon ventre et remonte jusqu’à ma gorge, comme si mon corps tout entier refusait déjà ce qui l’attend, comme s’il savait que ces sept jours allaient être une épreuve, une lutte silencieuse entre ce qu’on m’impose et ce que je dés
Última atualização : 2026-01-19 Ler mais