ANOUK L'appartement n'a jamais été aussi plein.Des hommes partout. Dans le salon, dans la cuisine, jusque dans le couloir. Des visages que je ne connais pas, taillés dans la roche, marqués par la rue et le travail du port. Ils parlent fort, en provençal pour certains, en italien pour d'autres. L'air est épais, chargé de tabac froid et d'adrénaline contenue.Je suis recroquevillée dans un coin du canapé, une tasse de café tiède entre les mains. Dante est adossé au mur, les bras croisés, le visage fermé. Il tient à peine debout , je vois la pâleur sous son teint mat, la façon dont il serre les mâchoires à chaque mouvement , mais il refuse de s'asseoir. Refuse de montrer la moindre faiblesse devant ces hommes.Marc déplie une carte sur la table basse. Une carte de Marseille, quadrillée de rouge, avec des annotations que je ne comprends pas.— Ils sont là, dit-il en tapant du doigt sur le quartier nord. Castellano a rassemblé ses hommes dans les entrepôts désaffectés. Marco est avec lui
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