ChiaraJe marche vers lui. Chaque pas est un effort surhumain, comme si j’avançais dans de la poix. La robe traîne derrière moi, lourde comme un linceul de métal. Je sens les yeux de Matteo sur moi, bien qu’il ne soit pas là, ne puisse pas être là. C’est son regard imaginaire, brûlant d’amour et de douleur, qui me soutient, qui m’empêche de fléchir les genoux, de m’effondrer en une mare de soie et de désespoir au milieu de la nef.Je le rejoins. Il me tend la main, sans un mot. Sa paume est sèche, ferme, implacable. La mienne, glacée et moite. Il ne me regarde pas. Il regarde au-dessus de ma tête, l’assemblée, son triomphe silencieux.La messe est une litanie en latin, une rumeur lointaine. Les mots coulent sur moi sans sens, sans prise. Agnus Dei… in nomine Patris… Le prêtre, vieux et ridé comme un parchemin, prend nos mains et les lie avec une étole de soie blanche. Sa chair contre la mienne est une brûlure froide, une souillure.— Volo.La voix d’Alessandro, claire, forte, sans la
Last Updated : 2025-12-22 Read more