Le jour du départ n’a pas ressemblé à ce que j’avais imaginé.Il n’y a pas eu de larmes incontrôlables, ni de promesses murmurées à la hâte, ni de phrases grandiloquentes pour se rassurer. Il y a eu une valise fermée trop vite, un café bu en silence, et ce regard que Raphaël m’a lancé — un regard sans panique, mais pas sans émotion.C’était peut-être ça, le plus difficile : partir sans drame, sans rupture visible, sans point final évident.Sur le quai, le monde continuait comme si de rien n’était. Des gens pressés, des annonces mécaniques, des pas qui se croisent sans se voir. Et au milieu de ce mouvement constant, nous étions là, immobiles.— Tu m’appelles quand tu arrives, a-t-il dit.— Bien sûr.Il n’a pas ajouté tu vas me manquer. Et je ne l’ai pas dit non plus.Parce que ce manque-là n’avait pas besoin d’être nommé pour exister.Quand le train a démarré, je n’ai pas regardé en arrière trop longtemps. Je savais que si je le faisais, quelque chose en moi vacillerait. J’avais beso
Last Updated : 2026-01-14 Read more