SOFIALe jardin est plus grand que je ne l'imaginais.Depuis les fenêtres de ma chambre je n'en voyais qu'un angle, une rangée de cyprès, une fontaine en pierre, le bord d'une allée gravillonnée. Mais ici, au niveau du sol, poussée par Maria dans ce fauteuil que j'ai cessé de détester par pure économie d'énergie, je découvre quelque chose d'inattendu.De la beauté. Froide, ordonnée, taillée au millimètre, mais de la beauté quand même.Les haies sont parfaites. Les rosiers sont encore endormis pour la saison mais leurs tiges noueuses ont une dignité propre, celle des choses qui ont survécu à plusieurs hivers. Au centre, la fontaine murmure doucement, l'eau claire sur la pierre sombre. Le soleil est là, comme Vince l'avait dit .pâle, hivernal, mais réel. Je lève le visage vers lui et ferme les yeux une seconde.L'air sent la terre humide et quelque chose de végétal, de vivant.C'est la première fois depuis mon arrivée que je respire quelque chose qui n'est pas du marbre et du velours.—
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