LOGINSofia Balsamo n'est qu'un pion sur l'échiquier de son père. Pour garantir la puissance du clan, elle a été vendue au prédateur le plus redouté de Sicile : Léo Vitiello. Un homme froid, cruel, qui ne voit en elle qu'une marchandise à dresser. Mais le soir où son destin semble scellé, alors que Léo tente de briser sa volonté dans le secret d'une voiture blindée, le chaos éclate. Dans une embuscade sanglante, Sofia est arrachée aux griffes de son futur mari par un homme encore plus dangereux : Vince Moretti. Vince ne cherche pas à la sauver. Il cherche la vengeance. Léo a détruit son passé, alors Vince va lui voler son avenir en lui prenant sa fiancée. Prisonnière d'une guerre entre deux monstres, Sofia refuse pourtant de devenir leur trophée. Entre la possession brutale de Léo et la rage dévoratrice de Vince, elle devra apprendre que ses épines sont ses meilleures armes. Qui de l'époux ou du ravisseur finira par brûler pour la Rose Sanglante ?
View MoreSOFIA
Tel un boulet de canon, j’entre dans le bureau de mon père.
— Dis-moi que c’est une plaisanterie, papa ! Dis-moi que maman a tort, que je n’aurai jamais à épouser Léo Vitiello !
Mon pére, Lucien Balsamo lève la tête, mais son expression n’a rien de joyeux. Il soupire en s’enfonçant dans son fauteuil de cuir craquant et pose le cigare qu'il était en train de fumé.
— On en a déjà parlé, Sofia. Nous n’avons pas le choix. Le contrat de mariage est signé depuis ton enfance. Nous devons nous agrandir, et la famille Vitiello va nous apporter une coalition que personne n’osera défier.
— Une coalition ? m’étranglé-je. Tu parles de ma vie comme d’un vulgaire contrat d’import-export ! Léo est un monstre, papa. Tout le monde sait ce qu’il a fait à sa dernière maîtresse. Tu m’envoies à l’abattoir !
Mon père se lève lentement, ses mains s’appuyant sur le chêne massif de son bureau. Ses yeux, autrefois pleins de tendresse, ne sont plus que deux fentes glaciales.
— Dans notre monde, Sofia, on ne choisit pas qui on aime. On choisit qui nous rendra plus forts. Les Vitiello tiennent les ports. Si on veut que les Balsamo règnent encore dix ans sur cette ville, tu porteras cette bague.
Je recule d’un pas, le cœur battant à tout rompre.
— Je ne le ferai pas. Je préfère mourir.
Mon père esquisse un sourire triste, presque cruel.
— Oh, tu ne mourras pas, ma petite rose. Tu vas apprendre à plier. Léo arrive demain pour faire ta rencontre avant le mariage. Prépare-toi à être une épouse exemplaire, ne fais pas honte a notre famille. Le mariage aura lieu dans un mois jour pour jour... et je ne félicite pas ta mère de n’avoir pas su se taire !
— Elle est ravie, elle ! Mais moi, je préfère mourir, craché-je.
Mon père éclate d’un rire sec avant de reprendre son cigare, de tiré une taf et de le reposer.
— Ta mère disait exactement la même chose à mon sujet... et tu vois, elle n’est pas si malheureuse que ça aujourd’hui.
— Mais Léo n’est pas toi, papa ! Toi, tu es gentil.
Il rit de nouveau, d’un ton plus sombre cette fois.
— Ta mère n’a pas toujours dit ça. Il y a toujours une phase d’apprentissage. Tu as du caractère, ma fille, mais il faudra changer, c’est clair. Un homme comme Vitiello ne tolérera jamais que tu lui tiennes tête. Il se sentira obliger de te dresser !
— Me dresser ? m’indigné-je. Mais tu te rends compte de la manière dont tu parles de moi, papa ? Je suis ta fille ! Tu m’avais promis que je pourrais choisir ma vie et...
— Je ne t’ai rien promis, me coupe-t-il froidement. Je t’ai juste dit que tu pourrais continuer tes études jusqu’à ce que ton promis décide de la date du mariage. Ce contrat entre son père et moi est scellé depuis des années. C’est irrévocable.
— Mais papa, on n’est plus au Moyen Âge ! Jamais je n’accepterai. Tu n’as qu’à lui dire de repartir. Vos affaires, je m’en moque. Votre pouvoir, vos magouilles... tout cela n’a aucune importance pour moi ! Je veux devenir chanteuse, papa, pas la femme d’un criminel et...
Mon père se lève d’un bond. Il écrase son cigare dans le cendrier et s’avance vers moi à la vitesse de l’éclair. Avant que je puisse reculer, sa main puissante se referme sur le col de mon chemisier en soie, me soulevant presque de terre. Son visage n’est plus qu’à quelques centimètres du mien, ses yeux injectés de sang.
— Tu veux que je te fasse chanter, moi, Sofia ? siffle-t-il entre ses dents serrées. Tu crois que la vie est une scène de théâtre où tu peux choisir ton rôle ? Tu es une Balsamo. Ton nom appartient à cette famille, ton corps appartient à cette alliance.
Il serre sa prise, le tissu m’étranglant légèrement.
— Si tu crois que je vais te laisser ruiner vingt ans de diplomatie sanglante pour tes rêves de gamine, tu te trompes lourdement. Léo Vitiello arrive demain. Tu vas sourire, tu vas le séduire, et tu vas le remercier de t’honorer de son nom. Si j’entends une seule note sortir de ta bouche qui ne soit pas une marque d’obéissance, je m’assurerai que tu ne puisses plus jamais chanter. C’est compris ?
Il me repousse avec mépris, me faisant trébucher contre le fauteuil. Je porte la main à ma gorge, le souffle court, les larmes brûlant mes paupières. Je ne reconnais plus cet homme.
— Non papa, jamais de la vie ! Je ne céderai pas ! crié-je, la voix étranglée par l’incrédulité.
Il fait un pas vers moi, le regard noir, chargé d’une violence que je ne lui connaissais pas. Je tente de l’esquiver, de m’enfuir vers la porte, mais sa main s’abat sur ma chevelure. Il s’y agrippe avec une brutalité qui m’arrache un hurlement. Avant que je puisse comprendre ce qui m’arrive, il me plaque violemment contre le chêne froid du bureau.
Le souffle coupé, je tente de me débattre, les mains griffant désespérément le bois, mais la force de mon père est une prison de fer. J’entends alors le cliquetis métallique de sa boucle de ceinture qu’il défait de l’autre main. Ce son me glace le sang.
— Non papa... s’il te plaît ! supplié-je, le visage écrasé contre ses dossiers.
Jamais mon père ne m’a frappée. Pas comme ça. Il a toujours été le rempart, l’homme qui me protégeait du monde extérieur. Mais ce soir, le rempart s’écroule et m’écrase.
— Tu vas voir ce qui arrive aux petites filles pourries gâtées qui oublient d’où vient l’argent qu’elles dépensent, siffle-t-il derrière moi.
je le sens soulever ma jupe jusqu'a l'a taille, il soupire puis...
Le cuir siffle dans l’air avant de s’abattre. La douleur est fulgurante, une brûlure qui déchire ma peau et mon âme en même temps.
Il ne vise pas mes fesses couverte de si peu, il vise le haut de mes cuisses qui sont nue.
— Tu vas apprendre l’obéissance, Sofia. Si je ne le fais pas, Léo te tuera en une semaine. Je te sauve la vie, même si tu dois me détester pour ça.
À chaque coup, ma vision se trouble. Ce n’est pas seulement ma chair qui saigne, c’est l’image que j’avais de lui. Ma voix s’éteint, remplacée par des sanglots étouffés contre le bureau. Mon père ne me bat pas seulement ; il est en train de tuer la Sofia que j’étais pour laisser place à la future Mme Vitiello.
Il me relâche et s'écarte, je l'entends remettre sa ceinture, tendis que mes larmes sont des torrents.
— Sors d’ici, ordonne-t-il en se rassayant comme si de rien n’était. Va te préparer. Demain, ton enfance s’arrête.
SOFIALe moteur du jet privé gronde déjà, un bruit sourd et métallique qui résonne dans ma poitrine comme un avertissement. La voiture s’arrête brutalement devant une piste d’atterrissage improvisée, éclairée par des projecteurs qui découpent la nuit en éclats de lumière blanche. Mon cœur s’emballe, cognant contre mes côtes comme un oiseau prisonnier. Un jet. Il veut m’emmener quelque part. Loin. Trop loin.L’homme — Vince — descend le premier et, sans un mot, me tire hors du véhicule. Ses doigts s’enfoncent dans mon bras, une étreinte qui ne laisse aucune place à la résistance.« Bouge. »Un ordre.Toujours des ordres.— Lâchez-moi ! Ma voix se brise, mais je me débats. Peu importe. Il ne m’écoute même pas. Sa poigne est une menotte de fer, et chaque pas vers l’avion est une marche vers un piège dont je ne connais pas les contours.Et puis, une seconde.Une hésitation. Un relâchement infime de ses doigts. Juste assez.Je n’attends pas. Je ne réfléchis pas.Je fuis.Mes talons s’enfon
SOFIAJe me demande ce qui se passe, tout va si vite. Même lorsque je suis jetée dans cette voiture et que ce type s’assoit à côté de moi sans me lâcher, je reste figée. J’ai honte de la position dans laquelle il m’a trouvée, mais je ne dis rien, je ne demande rien. J’essaie juste d’écouter, de comprendre ce qui se passe vraiment.Le moteur de la berline hurle comme une bête blessée, avalant les kilomètres de routes sinueuses à une vitesse qui me donne la nausée.Les phares découpent l’obscurité en deux lames de lumière tremblantes, éclairant par intermittence des oliviers tordus, des murs de pierre couverts de lierre, et parfois, fugacement, le reflet métallique d’un regard dans le rétroviseur.À côté de moi, l’homme qui m’a arrachée aux griffes de Léo est une ombre compacte, un bloc de tension et de cuir usé. Son parfum est un mélange de tabac froid, huile d’arme, et cette note boisée qui me rappelle les vieux meubles de mon père envahit l’habitacle, étouffant, presque oppressant.I
Vince MorettiJe regarde l’heure sur ma montre, le moteur de ma Mustang ronronnant doucement dans l’obscurité du sous-bois. Mes hommes sont en position. Tout autour de nous, le silence de la campagne sicilienne est pesant, seulement rompu par le crissement des cigales.Mon indic a été formel : Léo n’a pas pu attendre un mois. Ce bâtard est trop impatient, trop sûr de lui. Il a quitté la demeure des Balsamo avec sa « marchandise » il y a vingt minutes.Je tire une dernière bouffée de ma cigarette et la jette par la fenêtre.— Préparez-vous, dis-je dans la radio. Le convoi arrive.Mon second, Marco, me regarde avec une lueur d’inquiétude. — Vince, si on touche à la fille Balsamo, on déclenche une guerre totale avec deux familles, pas une. Tu es sûr de vouloir faire ça pour une vengeance ?Je tourne les yeux vers lui, et je sais que mon regard le glace. — Léo m’a pris Giulia. Il l’a séduite, l’a brisée, puis l’a jetée dans une décharge comme un sac d’ordures quand il a eu fini de s’amuse
SOFIAIl écarte mes jambes avec une force tranquille et s’installe entre elles. Son regard ne quitte pas le mien alors qu’il explore les dégâts laissés par la ceinture de mon père. Ses doigts glissent sur ma peau comme des serpents, frôlant les zébrures pour tester ma résistance à la douleur.— Lucien a été vif, commente-t-il d'une voix détachée, suivant du bout de l’index une marque particulièrement sombre qui barre le haut de ma cuisse. Mais il a laissé de la place. Beaucoup de place pour mes propres empreintes.Soudain, sa main descend plus bas, là où la peau est encore intacte et brûlante de honte. Je ferme les yeux, mes cils trempés de larmes que je refuse de laisser couler.— Regarde-moi, Sofia.C’est un ordre, pas une prière. J’ouvre les yeux. Son visage est à quelques centimètres du mien, ses traits sculptés dans une cruauté magnifique.— Je vais te donner un avant-goût de ce que sera ta vie à Palerme. Tu n’auras plus jamais besoin de porter de sous-vêtements. Je veux pouvoir
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