La ruelle qui menait chez le forgeron était étroite et glissante. La boue rouge, mélangée à l’eau des égouts, collait aux pieds de Ngaba comme une main qui voulait le retenir. Shana courait à ses côtés, les lames cachées sous son pagne, le souffle court. Derrière eux, des voisins curieux suivaient à distance, murmurant déjà que le malheur était arrivé.La maison du forgeron, une petite baraque en parpaings et tôle, était entourée d’une petite foule. Des cris et des pleurs sortaient de l’intérieur. Ngaba poussa les gens sans ménagement et entra.Le forgeron, un homme costaud d’une cinquantaine d’années nommé Blaise, était allongé sur une natte sale. Du sang noirâtre coulait de sa bouche et de son nez. Sa femme, les yeux rouges, tenait sa tête en pleurant. L’odeur âcre de vomi et de métal emplissait la pièce étroite.« Qu’est-ce qui s’est passé ? » demanda Ngaba en s’agenouillant près de lui.La femme leva les yeux, remplis de peur et de colère.
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