Je raccroche, et je m'assieds par terre, adossée au mur, les genoux repliés contre la poitrine. Le studio est silencieux, trop silencieux. Les lumières sont allumées, toutes les lumières, comme chaque soir depuis que j'ai emménagé ici. La peur, je m'y étais presque habituée. La peur d'Adrien, de ses colères, de ses silences, de ses retours imprévisibles. Mais cette peur-là est différente. Elle est diffuse, insidieuse, atmosphérique. Elle n'a pas de visage, pas de nom, pas d'adresse. Elle est partout et nulle part à la fois.Adrien n'a pas besoin d'être là pour occuper l'espace autour de moi. Il lui suffit d'envoyer un homme, de faire courir une rumeur, de laisser planer une menace. Et la peur fait le reste. La peur me ronge, me paralyse, me rappelle que je ne suis jamais à l'abri, que je ne serai peut-être jamais à l'abri, que
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