— ÉlisaLe matin du mariage se lève gris et doux, un de ces matins parisiens sans éclat que j'aime entre tous, parce que la lumière y est égale, sans violence, sans ombre tranchée.Je me réveille avant le réveil. Pigment est allongé sur mes pieds, il a passé la nuit avec moi, seul témoin de ma dernière nuit de femme non mariée, et il l'a fait avec le sérieux parfait des chats. Je fais du café. Je le bois debout, à la fenêtre, en regardant la rue s'éveiller, et il n'y a dans ma poitrine ni panique ni ivresse, juste une clarté vaste, comme une pièce rangée.Clara arrive à neuf heures, avec la robe, un thermos et des yeux déjà brillants. Nous prenons notre temps. Elle me coiffe, et ses mains tremblent un peu, et nous rions de ses mains qui tremblent.Et puis vient le moment du miroir.Je me regarde longtemps. La robe est simple, je l'ai voulue ainsi, droite, fluide, sans armature, sans rien qui enserre ou qui transforme. Mes cheveux sont simplement relevés. Mon visage est mon visage, ave
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