Point de vue de Lina L'obscurité n'était pas simplement l'obscurité. Elle pesait lourd. Elle m'oppressait comme une présence vivante, quelque chose qui savait ma faiblesse et avait choisi ce moment précis pour s'alourdir sur ma poitrine, sur mon crâne, sur mes poumons. Mes paupières étaient comme collées, épaisses et récalcitrantes, et quelque part au fond de ma tête, une douleur sourde et lancinante me transperçait par vagues lentes et impitoyables. Chaque pulsation se propageait, épaisse et pesante, comme un poison rampant dans mes veines. Sédatif. La prise de conscience fut lente, comme une remontée des profondeurs. Mes pensées étaient engourdies, retardées, mais elles étaient toujours là. Elles étaient toujours miennes. J'ouvris lentement les yeux. Tout était flou. Mes doigts tressaillirent. La douleur répondit instantanément. Du plastique froid me mordait les poignets, tranchant et impitoyable, lacérant ma peau. Il ne peut s'agir que d'une seule chose. Des colliers de serr
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