Le silence qui suit le dernier coup frappé à la porte est plus assourdissant que le fracas des dossiers éparpillés au sol. Pendant quelques secondes qui me semblent une éternité, Julian reste immobile, son souffle chaud venant encore mourir sur mes lèvres, son poids m'écrasant contre le bois verni du bureau. Puis, sans un mot, sans même un regard d'adieu, il se redresse. Le vide qu'il laisse en s'écartant est un choc thermique ; l'air conditionné de la pièce s'engouffre sous ma chemise ouverte, léchant ma peau dénudée d'une caresse de givre. Je reste là, étendue sur cet autel de chêne, les membres lourds et l'esprit en lambeaux. Julian, imperturbable, lisse les revers de son costume sombre avec une précision chirurgicale, ajustant ses boutons de manchette comme s'il ne venait pas de me briser un peu plus. Il ne se retourne pas lorsqu'il quitte la pièce, la porte se refermant derrière lui avec un clic sec, définitif, me laissant seule avec les débris de ma dignité. Je me laisse glis
Last Updated : 2026-04-04 Read more