Je reste immobile devant le miroir, fascinée par cette étrangère qui me ressemble. Je lève la main, je touche mon visage, je suis le contour de mes lèvres, la courbe de mes pommettes, la ligne de mes sourcils. C'est moi. C'est vraiment moi. Cette femme que j'ai cru morte, cette femme que j'ai enterrée sous les décombres de mon mariage fictif, elle est encore là. Elle a survécu. Elle revient à la surface, lentement, péniblement, mais elle revient. — Bonjour, Elisa, je murmure à mon reflet. Ça fait longtemps. Et je souris. Un vrai sourire. Pas un sourire de façade, pas un sourire de politesse, pas un sourire de comédienne. Un sourire qui vient des tripes, qui monte du ventre, qui éclaire le visage tout entier. Un sourire de reconnaissance, de retrouvailles, de réconciliation. Je reste là, debout devant le miroir, à me sourire bêtement, les larmes aux yeux. Mais ce ne sont pas des larmes de tristesse. Ce sont des larmes de joie. De sou
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