Chapitre 81 Isabelle La villa, depuis que je suis rentrée de l'hôpital, a changé. Les murs, que je croyais si familiers, si rassurants, se sont couverts d'une patine grise, d'une tristesse qui n'est pas dans la pierre mais dans mon regard. Les tableaux, aux murs, ont perdu leurs couleurs, les paysages toscans, les portraits de famille, les natures mortes aux fruits éclatants, tout semble s'être terni, comme si la maison elle-même portait le deuil de l'enfant qui n'a pas vécu. Les tapis persans, sous mes pieds nus, ont perdu leur moelleux. Les coussins du canapé, trop mous, trop durs, ne me conviennent plus. Le jasmin, dont l'odeur embaumait le jardin au printemps, me semble fade, presque écœurant. Je ne dors plus dans la chambre conjugale. Je ne peux pas. Le lit est trop grand. Les draps, trop blancs. L'oreiller, là où je posais
Última atualização : 2026-06-04 Ler mais