Chapitre 86EliotLe bureau de Lucas, à la villa, est éclairé par une seule lampe posée sur son bureau en acajou. La lumière jaune, tamisée, dessine des ombres sur les livres reliés de cuir, sur les maquettes d'avions, sur les photos d'Isabelle encadrées. Dehors, la nuit est tombée, profonde, sans étoiles, un ciel de suie, comme souvent à Naples en hiver. La pluie, fine et glacée, tambourine contre les vitres.Lucas est assis derrière son bureau, une tasse de café à la main. Le café est froid, il n'y prête pas attention. Ses yeux gris-vert, cernés de fatigue, sont fixés sur l'écran de son ordinateur. Des courbes, des chiffres, des rapports. Il travaille encore. Il travaille toujours. Depuis qu'Isabelle est à la maison, il s'épuise à vouloir tout contrôler, tout anticiper, tout protéger.Je suis assis en face de lui, dans le fauteuil en cuir havane. Mes doigts pianotent sur l'accoudoir, nerveux. Je n'aime pas ce que j'ai à dire.— Lucas, il faut qu'on parle.— Je t'écoute.Il lève les
Última atualização : 2026-06-02 Ler mais