Et puis le matin du 14 mars 2003. Mon père qui se lève avant l'aube, qui dépose un baiser sur mon front, qui murmure "Papa t'aime, ma chérie" d'une voix étrange, trop douce, trop triste. Moi qui fais semblant de dormir, mais qui me lève dès qu'il a le dos tourné, qui enfile mes chaussures et mon manteau, qui le suis en cachette dans les rues de Nice. L'immeuble de la société, le vingtième étage, la fenêtre ouverte. Et mon père qui saute, qui tombe, qui s'écrase sur le trottoir sous mes yeux. — J'avais onze ans, je murmure, les joues ruisselantes de larmes. Onze ans, Valerio. J'ai vu mon père mourir sous mes yeux, et je n'ai rien pu faire. Rien du tout. Juste le regarder tomber. Il ne dit rien, il me prend dans ses bras, il me serre contre lui de toutes ses forces. Ses mains tremblent, ses larmes coulent aussi, je les sens sur mes tempes, chaudes et salées. Il pleure pour moi, pour mon père, pour les crimes de sa famille, et cette
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