Je ne réponds pas, je ne peux pas répondre, parce que cette idée m'est insupportable. Être aimée pour ce que je suis vraiment, sans masque, sans rôle, sans vengeance. Être aimée dans ma faiblesse et ma honte et mon désespoir. Être aimée par Valerio, l'homme dont la famille a détruit la mienne, l'homme que je devrais haïr, l'homme que j'aime malgré tout.— Repose-toi, dit Agathe en posant une couverture sur mes genoux. Tu as besoin de dormir, de manger, de reprendre des forces. Le reste, on verra plus tard.Je m'allonge sur le canapé, les genoux repliés contre la poitrine, la couverture remontée jusqu'au menton. Agathe s'assied par terre à côté de moi, elle allume une cigarette, elle souffle la fumée vers la fenêtre entrouverte, et elle me raconte des histoires de son enfance à Moscou, des histoires de neige et de babouchkas et de marchés de Noël. Je l'écoute sans vraiment l'entendre, bercée par sa voix rauque et chaude, et peu à peu mes paupières se ferment, m
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