Cette nuit-là, ils ne mangèrent pas le risotto. Ils le réchauffèrent plus tard, bien plus tard, après avoir fait l’amour avec une douceur qui ressemblait à une prière. Et quand Gabriel s’endormit, apaisé, libéré du secret qu’il portait depuis l’adolescence, Élise resta éveillée quelques minutes de plus, à le regarder dormir, à caresser doucement son front, à sentir sous ses doigts les dernières traces de ses larmes séchées. Il lui avait confié son plus lourd fardeau, et elle l’avait porté avec lui. C’était cela, aimer. Porter les secrets de l’autre comme s’ils étaient les siens, sans fléchir, sans faiblir, sans jamais juger. Et ce soir-là, dans le silence de la chambre, elle se promit de porter tous ses secrets, tous ses fardeaux, toutes ses douleurs, aussi longtemps qu’il le faudrait. Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Jusqu’à ce qu’il soit libre.***La bibliothèque était arrivée en kit.Un samedi matin, dans un carton plat et lourd qu’ils avaient monté à deux dans l’escalier, en sou
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