Chapitre 20IsoldeLa porte claqua derrière moi.Je restai adossée contre le bois, les jambes flageolantes, les mains moites, le cœur en cavale. La surface lisse de la porte était froide contre mes omoplates, même à travers le tissu de ma robe. Mes doigts tremblaient quand je les portai à mes lèvres ses lèvres avaient frôlé les miennes. Presque. Un presque qui me déchirait plus qu'un baiser.Je respirai, une fois, deux fois. L'air de la chambre était sec, climatisé, sans aucune odeur familière ni jasmin, ni lavande, ni cette fragrance boisée qu'il portait. Rien que le parfum neutre des hôtels de luxe, des draps lessivés à la javel, des moquettes shampouinées.Je traversai la chambre à pas lents. Mes jambes me portaient à peine. Le tapis épais étouffait mes pas, créant une illusion de flottement, comme si je n'étais plus tout à fait ancrée dans le réel. Mes doigts trouvèrent la fermeture de ma robe derrière mon cou, une petite glissière métallique qui résista une seconde avant de coul
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