Chapitre 46 Isolde Je le regarde s'éloigner vers la porte de la chambre, sa silhouette grande et droite dans le petit matin gris qui filtre à travers les rideaux entrouverts, et quelque chose en moi se déchire — pas la douleur, non, celle-là est déjà trop familière pour me surprendre encore, mais une autre émotion, plus trouble, plus confuse, plus dangereuse. L'espoir, peut-être, ou la peur de l'espoir, cette fragile promesse de jours meilleurs qui m'a déjà trompée tant de fois et que je ne veux plus accueillir sans la tenir à distance, sans la regarder avec la méfiance qu'on accorde aux serpents déguisés en branches. — Attends, dis-je, ma voix plus ferme que je ne le pensais, et je le vois s'arrêter sur le seuil, sa main sur la poignée de la porte, ses doigts se crispant sur le mé
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