تسجيل الدخولL'héritière aux yeux de glace À vingt-six ans, Isolde Vespera, héritière la plus influente d’Europe, réapparaît après un divorce aussi mystérieux que brutal avec le redoutable magnat Kaelor Draven. Alors que les médias l’accusent déjà d’enchaîner les conquêtes, un homme surgit devant les caméras et réduit le silence à néant. Kaelor, froid et inaccessible, refuse de laisser partir celle qu’il considère encore comme sa femme. Entre fortunes colossales, secrets de famille et désir inavoué, leur séparation pourrait bien devenir le début d’une guerre… ou d’une obsession impossible à arrêter.
عرض المزيدChapitre 1
Isolde
La limousine s'immobilise devant le palais Grimaldi avec la lenteur solennelle d'un vaisseau abordant un port hostile, et à travers les vitres fumées, je vois la houle des photographes qui se presse contre les barrières, une marée de visages avides et de flashes crépitant dans la nuit monégasque. Mon pouls bat à mes tempes, un tambour lent, régulier, que rien ne trahit. J'ai appris cela, au moins. J'ai appris à porter mon visage comme un masque de porcelaine, à respirer calmement quand tout en moi hurle, à sourire sans que la peur n'atteigne jamais mes yeux.
— Mademoiselle Vespera, nous sommes arrivés.
La voix du chauffeur est étouffée, lointaine. Je hoche la tête sans répondre, et mes doigts se referment sur ma pochette en satin noir, ce petit rectangle de tissu qui ne contient rien d'autre qu'un rouge à lèvres et un téléphone éteint. Je ne sais pas pourquoi je l'ai emporté. Peut-être pour avoir quelque chose à quoi m'agripper.
La portière s'ouvre. L'air nocturne s'engouffre dans l'habitacle, chargé de sel, de jasmin, de cette odeur si particulière de Monaco au printemps, ce parfum de richesse et de fleurs qui flotte au-dessus de la Méditerranée comme une promesse éternelle. Je pose un escarpin sur le tapis rouge, puis l'autre, et je me lève dans un bruissement de soie.
Ma robe est une cascade vert émeraude qui épouse mes courbes comme une seconde peau avant de s'évaser à partir des genoux en vagues liquides. Le décolleté plonge dans mon dos jusqu'à la naissance des reins, retenu par des chaînes d'or blanc si fines qu'elles semblent prêtes à se rompre au moindre souffle. Mes cheveux, un flot d'un noir bleuté, sont relevés en un chignon bas d'où s'échappent quelques mèches folles qui caressent mes tempes. Mes boucles d'oreilles, deux émeraudes de la taille d'un pouce, captent la lumière des projecteurs et la renvoient en éclats verts qui dansent sur ma gorge. Je sais ce que je dégage. J'ai passé des heures devant le miroir à construire cette armure, à polir chaque détail jusqu'à ce que la femme qui me regardait soit assez intimidante pour tenir le monde à distance.
Les flashes explosent.
— Isolde ! Isolde, par ici !
— Un sourire pour la couverture !
— Alors, ce nouvel amant, on en parle ?
La question fuse, aiguë comme une lame, et je la reçois sans broncher. Mes lèvres s'incurvent en un sourire qui n'a rien de chaleureux, un sourire de glace, un sourire que ma mère aurait reconnu pour l'avoir elle-même porté pendant quarante ans. Je ne réponds pas. Je ne ralentis pas. Je marche sur le tapis rouge avec la démarche fluide qu'on m'a enseignée, une jambe devant l'autre, les épaules basses, le menton haut. Les journalistes crient, se bousculent, tendent leurs micros comme des offrandes empoisonnées, et je passe parmi eux sans les voir, silhouette d'émeraude et d'ébène qui glisse vers les portes du palais.
— On dit que vous avez enchaîné les conquêtes depuis le divorce, lance une voix plus proche, plus stridente. Des vacances avec un acteur français, puis un banquier suisse, et maintenant un prince italien ? Vous confirmez ?
Je m'arrête. Juste une seconde. Mes yeux, d'un gris si pâle qu'on les dirait taillés dans la banquise, se posent sur la journaliste, une femme brune au carré trop net, au tailleur trop rouge, au sourire trop carnassier. Elle tient son micro comme on tient une arme, et dans son regard brille cette lueur que je connais trop bien, cette excitation malsaine de la traque.
— Je ne confirme rien, dis-je d'une voix égale, sans chaleur, sans agressivité, une voix qui tombe comme un couperet. Et je vous conseille, pour votre propre intérêt, de vérifier vos sources avant de colporter des ragots. La diffamation est un sport coûteux.
Le sourire de la journaliste se fige, ses doigts se crispent sur le micro, et je reprends ma marche sans lui laisser le temps de répliquer. Mon cœur bat toujours, ce rythme obstiné sous ma poitrine, mais mon visage ne trahit rien. Il ne trahit jamais rien. C'est ma plus grande force et ma pire malédiction, cette faculté à me pétrifier de l'intérieur, à ériger des murs de verre entre moi et le reste du monde.
Les portes du palais s'ouvrent devant moi, et je pénètre dans la salle de bal.
La lumière est un choc après l'obscurité du dehors, une débauche de cristal et d'or qui ruisselle des lustres monumentaux. Des centaines de bougies brûlent dans des candélabres d'argent, jetant des reflets mouvants sur les robes du soir et les smoking noirs. L'air est saturé de parfums mêlés, Shalimar et Cuir de Russie, tubéreuse et santal, et sous cette fragrance de luxe, la note plus discrète du champagne millésimé et des huîtres de Belon. Un orchestre joue quelque part, une valse de Strauss que je reconnais sans l'écouter vraiment, une musique qui flotte au-dessus des conversations comme un voile de soie.
Je prends une coupe sur le plateau d'un serveur, et je lève les yeux.
Il est là.
Kaelor Draven se tient sur la mezzanine, accoudé à la balustrade de marbre, un verre de whisky à la main. La lumière des lustres sculpte son visage, accentuant la dureté de sa mâchoire, l'arête impérieuse de son nez, la courbe arrogante de ses lèvres. Ses cheveux, d'un noir de jais, sont coiffés en arrière avec un soin méticuleux qui souligne l'angle de ses tempes. Il porte un smoking d'une coupe parfaite, si sombre qu'il absorbe la lumière, et ses yeux, ces yeux que je connais trop bien, sont fixés sur moi avec une intensité qui me cloue sur place.
Un an. Un an que je n'ai pas croisé ce regard. Un an que j'ai fui cette ombre, et il est là, immobile, inébranlable, comme s'il ne m'avait jamais laissée partir, comme s'il savait depuis le premier jour que je reviendrais, que je n'avais pas le choix, que nos vies étaient des planètes condamnées à tourner l'une autour de l'autre jusqu'à la collision finale.
Il ne sourit pas. Il ne salue pas. Il lève simplement son verre, un geste lent, presque imperceptible, un toast silencieux que je suis peut-être la seule à remarquer. Son visage est taillé dans la pierre, impassible, et pourtant je lis dans ses yeux quelque chose qui ressemble à de la patience, une patience de prédateur, une certitude minérale qui me glace plus sûrement que tous les flashes des photographes.
Je détourne la tête, mes doigts serrant le pied de ma coupe avec une force qui menace de briser le cristal. Le champagne pétille sur ma langue, frais, acide, et je l'avale d'un trait, cherchant dans sa morsure un courage que je ne trouve pas.
Il m'observe. Je le sais. Je sens son regard sur ma nuque comme une brûlure, et cette sensation réveille en moi des souvenirs que j'ai passé un an à étouffer, des nuits de soie et de feu, des matins de brouillard et de larmes, des mots que nous n'aurions jamais dû prononcer et des silences plus destructeurs encore. Il m'observe, et je fais semblant de ne pas le voir, de ne pas sentir le poids de son attention, de ne pas entendre le murmure de la foule qui déjà commente, spécule, tisse autour de nous une toile de ragots et de conjectures.
La valse s'achève, une autre lui succède, et je reste debout près d'une colonne de marbre, ma coupe vide à la main, les yeux fixés sur la piste de danse où des couples tournoient dans un ballet de couleurs et de bijoux. Je respire lentement, profondément, et je sens le masque de glace qui se reforme sur mon visage, millimètre par millimètre, jusqu'à ce que la femme que j'étais il y a un instant, cette femme vulnérable et tremblante, disparaisse derrière la façade de l'héritière Vespera.
Je ne danserai pas ce soir. Je ne pleurerai pas. Je ne lui donnerai pas la satisfaction de voir qu'il m'atteint encore. Je suis Isolde Vespera, et rien, pas même Kaelor Draven, ne brisera l'armure que j'ai mis une année entière à forger.
Du moins, c'est ce que je crois.
Chapitre 5IsoldeJe me dégage avec un mouvement sec, brutal, presque animal, et je fuis.Mes talons claquent sur le marbre du palais, ma robe émeraude tournoie autour de mes chevilles, et je traverse la salle de bal sans rien voir, sans rien entendre, le regard fixé sur les portes-fenêtres qui donnent sur les jardins. La foule s'écarte sur mon passage, des visages flous, des murmures étouffés, et je ne sais pas si l'on chuchote sur mon compte ou sur le sien, sur cette scène absurde, sur ce baisemain qui m'a marquée au fer rouge.L'air nocturne me gifle en pleine face. Je dévale les marches du perron, je m'engouffre dans les allées de gravier qui serpentent entre les cyprès et les parterres de roses, et je marche, je marche aussi vite que mes escarpins le permettent, sans but, sans direction, seulement cette urgence de mettre de la distance entre lui et moi, entre son corps et le mien, entre cette main qu'il a embrassée et le souvenir de ses lèvres.Les jardins du palais Grimaldi sont
Chapitre 4IsoldeLa salle de bal a retrouvé son bourdonnement mondain, ce ronronnement de conversations polies et de rires en cascade qui flotte sous les lustres comme une nappe de brume parfumée. Je me suis éloignée de la piste de danse, une coupe de champagne intacte à la main, le dos appuyé contre une colonne de marbre froid. Matteo s'est fondu dans la foule, rappelé par un associé de son père, et je suis seule, ou du moins je le croyais, jusqu'à ce que la meute des journalistes me retrouve.Ils arrivent en grappe, micros tendus comme des armes, yeux brillants de cette avidité particulière qu'ont les requins quand ils flairent le sang. La femme au tailleur rouge est en tête, son carré trop net luisant sous les candélabres, son sourire carnassier solidement vissé aux lèvres. Derrière elle, un photographe braque son objectif sur mon visage, et je sens le flash m'éclabousser avant même qu'il ne crépite.— Mademoiselle Vespera, une question pour nos lecteurs !Sa voix est un clairon t
Chapitre 3IsoldeL'orchestre attaque une valse de Strauss, et Matteo Barzini me tend la main avec une révérence exagérée qui fait tinter les breloques de son bracelet en cuir tressé. Ses yeux noisette pétillent d'une sincérité presque enfantine, et je me surprends à sourire, un vrai sourire cette fois, un sourire qui n'a rien de stratégique ni de calculé. Il est jeune, il est léger, il n'appartient pas au monde de Kaelor Draven, et cette simple pensée me donne envie de dire oui.— Une valse, mademoiselle Vespera. Juste une valse. Je vous promets de ne pas vous écraser les orteils.— Vous me rassurez, dis-je en posant ma main dans la sienne.Sa paume est tiède, rugueuse, une paume de marin qui contraste avec les mains douces et manucurées des hommes d'affaires que je fréquente d'habitude. Il m'entraîne sur la piste de danse avec un enthousiasme maladroit, et nous commençons à tourner parmi les couples, portés par la mélodie qui s'élève sous les lustres de cristal. Il danse bien, mieux
Chapitre 2IsoldeUn an plus tôt.La chambre d'hôpital sent l'antiseptique et les fleurs fanées, un bouquet de lys oublié sur le rebord de la fenêtre, dont les pétales translucides se recroquevillent en cornets brunis. La lumière est grise, une lumière de février qui filtre à travers les stores vénitiens et dessine des zébrures sur le linoléum. Quelque part dans le couloir, un chariot grince, une infirmière rit, une sonnerie retentit, et tous ces bruits me parviennent à travers une épaisseur de coton, étouffés, lointains, irréels.L'homme en face de moi pose un stylo sur la table.C'est un notaire, un petit homme chauve aux lunettes cerclées d'écaille, au costume trop large, aux doigts tachés d'encre. Il a étalé les documents devant lui avec une précision maniaque, des pages et des pages de papier épais, couvertes de caractères serrés, de clauses et de sous-clauses, de paraphes et de tampons. Il ne me regarde pas. Depuis une heure qu'il est là, il n'a pas croisé mon regard une seule f


















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