Chapitre 108RahimLe conseil est terminé. Les émissaires sont partis. La salle du trône, pleine il y a encore quelques instants de murmures, de regards furtifs, de robes de soie bruissant sur le marbre, s'est vidée. Il ne reste que le silence. Un silence épais, lourd, qui semble s'être déposé sur les murs, sur les colonnes, sur les tapis rouges usés par les siècles. Les bougies, à moitié consumées, vacillent dans leurs chandeliers d'argent, leurs flammes dansant comme des âmes en peine, comme des souvenirs qui refusent de s'éteindre.Je suis resté assis sur le trône.Mes mains sont posées sur les accoudoirs de bois d'ébène. Les sculptures, des arabesques, des entrelacs, des feuilles d'acanthe, sont si fines que mes doigts, en les caressant, pourraient suivre chaque courbe, chaque spirale, chaque détour. Mais je ne les sens pas. Mes doigts ne sentent rien. Ils sont engourdis, comme le reste de mon corps, comme mon cœur, comme mon esprit.Le test.Le mot tourne dans ma tête comme une l
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